Téléphoner avec un portable. La question de l’impact sur la santé n’est pas définitivement tranchée. (DR)
Des mécanismes d’effets des champs électromagnétiques ont été mis au jour dans le cadre du Programme national de recherche PNR57. Mais il est encore trop tôt pour répondre de manière tranchée à la question de l’impact concret sur la santé
L’objectif était de «mieux évaluer les risques sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants» des portables, lignes à haute tension et autres appareils ménagers. Le Programme national de recherche PNR57 lancé en 2007 et dont les conclusions ont été présentées hier, l’a-t-il atteint? «Dans un certain sens, oui», hésite Alexander Borbély, président du Comité de direction. Non pas celui, tranché, qu’attend le public: cette initiative de recherche, dotée de 5 millions de francs et lancée par le Conseil fédéral, n’a pas permis de confirmer ou d’infirmer définitivement un lien de cause à effet entre une exposition aux champs électromagnétiques et des effets sur la santé. «Mais nous en savons plus sur certains mécanismes.»
Peter Achermann, à l’Université de Zurich, a ainsi pu entrer dans les détails d’observations vieilles de 12 ans: les sujets soumis à une conversation d’une demi-heure sur un portable voyaient, durant leur sommeil, les ondes produites par leur cerveau modifiées. «Or cela n’avait pas d’impact sur la structure et la durée des phases de sommeil, ni sur l’appréciation subjective de sa qualité», dit le chercheur, qui ajoute qu’un café ou un verre d’alcool modifie aussi ces ondes cérébrales. Plus précisément, les scientifiques ont montré que la fréquence porteuse des ondes téléphoniques ne suffisait pas à produire les changements observés, mais que c’est leur modulation par des impulsions additionnelles (qui portent le message) qui étaient en cause. «Au niveau fondamental, il est crucial de comprendre pourquoi les modulations sont si importantes dans ce phénomène, car les diverses technologies (GSM, UMTS, etc.) en utilisent des modes variés», dit Hugo Lehmann, qui mène des travaux sur le sujet chez Swisscom.
Toujours dans le cerveau, Martin Wolf, à l’Hôpital de Zurich, a découvert que l’exposition de la tête à des ondes de haute fréquence (celles de l’UMTS (3G), moins puissantes que le GSM) avait un effet sur la circulation sanguine cérébrale. Mais l’interprétation de ces données est ardue, à cause de «la grande variabilité des effets sur l’électroencéphalogramme en fonction des individus et du délai dans lequel ils se manifestent», nuance le rapport.
Autre avancée: le groupe balois de Primo Schär a reproduit une étude controversée selon laquelle la fragmentation de l’ADN dans les cellules des mammifères augmente après une exposition à des champs électromagnétiques. Résultat: oui, des cellules humaines en culture soumises à un rayonnement de basse fréquence (tel celui des lignes à haute tension) subissent des infimes cassures dans leur ADN. Mais cet effet n’est pas dû directement au rayonnement; il provient de perturbations indirectes liées aux processus habituels de multiplication ou de suicide de la cellule (apoptose).
A une autre échelle, l’équipe de Martin Röösli, à l’Institut tropical et de santé publique de Bâle, a demandé à 166 personnes de porter, une semaine durant, un exposimètre mesurant tous les rayonnements perçus au quotidien. La valeur moyenne d’exposition était de 0,21 volt/mètre (V/m), bien en dessous des 6 V/m pris comme limite pour des raisons sanitaires. Ces données ne disent toutefois rien sur les pics d’exposition subis par exemple avec un portable collé sur l’oreille dans un lieu où la réception est mauvaise.
Les chercheurs ont aussi soumis un questionnaire à 1375 personnes sur la façon dont elles utilisent la téléphonie sans fil. «Aucun rapport de cause à effet n’a été établi entre son usage et des troubles de la santé, y compris chez les gens se disant très électro-sensibles», dit Martin Röösli.
Enfin, Niels Kuster, de l’IT’IS Foundation, a simulé la dose de rayonnement électromagnétique à laquelle des enfants à naître sont exposés au troisième, au septième et au neuvième mois de grossesse: si la mère subit l’exposition maximale tolérée, celle du foetus est excessive. C’est le cas notamment au voisinage des cuisinières à induction mal utilisées. Selon Niels Kuster, une adaptation des standards d’émissions est, dans ce cas, nécessaire. «Nous sommes en discussions avec le Secrétariat d’Etat à l’économie, la Suva et les industriels», précise Mirjana Moser, de l’Office fédéral de la santé publique, en croyant réalisable une adaptation de ce matériel électroménager.
Pour l’instant, il s’agit de la seule mesure induite par ce PNR57. «Même au regard des travaux de recherche internationaux, il n’y a pas de raisons de renforcer les valeurs limites pour le rayonnement non ionisant à haute fréquence», dit Jürg Baumann, de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Un avis qu’ont souvent critiqué diverses organisations, telle l’Association Romande Alerte aux ondes électromagnétiques. Invité à commenter ces résultats (pour la plupart déjà publiés dans des revues scientifiques), Daniel Favre, son représentant, s’y refuse pour l’heure, expliquant n’avoir pas reçu un résumé en temps utile.
«De toute manière, s’il y a un effet grave, on aurait déjà dû le voir», analyse Pierre Zweiacker. Le physicien de l’EPF de Lausanne ne «croit pas qu’une étude épidémiologique à long terme soit possible, tant les paramètres et les biais possibles sont nombreux.» Mieux vaut angler les recherches, comme dans le PNR57, «même si je doute qu’on puisse un jour trancher définitivement».
Tant du côté de l’OFSP que de l’OFEV, on souligne l’excellence de tous ces travaux, qui se sont d’ailleurs calqués sur des questions spécifiques de l’Organisation mondiale de la santé. «Mais leur poursuite n’est pas envisageable, faute de moyens financiers suffisants», regrette Mirjana Moser. Qui voit tout de même une possibilité dans un partenariat avec les opérateurs de téléphonie. Une telle entité existe déjà. La Fondation Communication Mobile reçoit des fonds publics et privés, puis «les attribue aux scientifiques de manière indépendante», assure Jürg Baumann. Même si les structures de ce genre, aussi en place en Allemagne et en France, sont dénoncées par les opposants à la téléphonie mobile, une étude de l’Université de Berne a montré en 2007 que ces financements mixtes étaient optimaux, les administrations et les firmes surveillant mutuellement leur travail. «Nous soutenons ces démarches», abonde Hugo Lehmann.
Le PNR57 aura peut-être un héritage: ses recherches devraient servir à mettre sur pied un système de surveillance de routine des ondes électromagnétiques, comme l’a décidé le Conseil national. Une nouvelle qui réjouit Niels Kuster: «Cela pourra nous aider à aborder d’autres questions encore trop éludées jusque-là, comme l’existence d’un lien entre rayonnement électromagnétique et maladies neurodégénératives, ou comme les impacts chez les enfants et adolescents, gros consommateurs de téléphonie.» Le chercheur rejoint ainsi les préoccupations du groupe des Médecins en faveur de l’environnement, selon qui les enfants ne devraient utiliser le portable qu’en cas d’urgence car ils y seront déjà plus longtemps exposés que les générations précédentes.
Le téléphone portable n’accroît pas le risque de cancer santé 15:00
ATS
L’usage
sur la durée d’un téléphone portable n’augmente pas le risque de
cancer du cerveau, selon une vaste étude conduite sur 18 ans au
Danemark. Cette enquête vient contredire les résultats d’une autre
étude, publiée à la fin mai
Fin mai, le Centre international
de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS), avait estimé que l’usage des téléphones
portables était «peut-être cancérogène pour l’homme». Les experts
réunis par le Circ avaient analysé toutes les études sur le sujet, dont
certaines montraient un risque accru de gliome, un cancer du cerveau.
L’étude
danoise, conduite sur 358 403 abonnés à un service de téléphone
portable, ne va pas dans ce sens. Elle fait apparaître une absence de
lien, même chez les personnes abonnées depuis plus de treize ans, et
pour tout type de cancer du cerveau.
L’équipe, conduite par
Patrizia Frei, de la Société danoise du cancer, a prolongé jusqu’en
2007 une enquête qui s’arrêtait en 2002 et avait déjà fait apparaître
une absence d’accroissement du risque de cancer. Les nouvelles données
fournissent un échantillon beaucoup plus large d’utilisateurs longue
durée. Différence «non significative»
Chez les 358 403 personnes
dont l’état de santé a été suivi, il y a eu 10 729 tumeurs du système
nerveux central – 5111 chez des hommes et 5618 chez des femmes –, mais à
peu près autant chez les abonnés que chez les autres.
Dans le
détail, les taux de gliome et de méningiome étaient similaires chez les
abonnés au téléphone portable et chez les autres, avec des variations
«non significatives», quel que soit le nombre d’années d’abonnement.
Pour certains types de tumeurs, il y avait d’autant moins de risques
qu’on l’avait utilisé plus d’années.
L’étude, publiée vendredi en
ligne par le «British Medical Journal» – ne tient compte que des
personnes abonnées individuellement, sans tenir compte de celles ne
disposant que d’un téléphone portable professionnel, classées comme
non-utilisatrices du portable. Par ailleurs la durée quotidienne
d’utilisation du téléphone n’est pas connue, les abonnés n’ayant pas
été interrogés.
Les chercheurs n’excluent pas à cet égard qu’une
augmentation du risque apparaisse chez les très gros utilisateurs, pour
une utilisation de plus de quinze ans, ce qui pourrait être l’objet
d’études ultérieures.
Il y avait en 2010 plus de cinq milliards
d’utilisateurs du téléphone portable dans le monde, à qui les autorités
sanitaires suggèrent régulièrement d’utiliser les SMS et les kits
mains libres pour réduire l’exposition.
8 conseils pour se protéger de l'accident cardiovasculaire
L. D.
Publié le
- Mis à jour le
Sciences - Santé
Devant le cancer, les maladies cardiovasculaires sont la
première cause de mortalité chez la femme occidental. À l'occasion de la
semaine du coeur, il est bon de rappeler les signes précurseurs et
quelques conseils de prévention. 1. Arrêtez de fumer. Le tabac est un facteur de risque pour le rétrécissement de vos artères, aussi bien au niveau du cœur que du cerveau. 2. Mangez sainement . Mangez varié, moins de graisses, moins de graisses saturées, plus de fibres et 400 g de fruits et légumes par jour. 3. Surveillez votre poids. Evaluez votre surpoids
d’une manière adéquate : mesurez votre IMC (indice de masse corporelle).
Il se calcule en divisant le poids (en kg), par la taille au carré.
Exemple : je mesure 1,70 m et pèse 65 kg. IMC = 65/(1,7)² = 22,5. Normal
: > 20 et < 25 ; surcharge pondérale : > 25 et < 30 ;
obésité : > 30. Mesurez votre tour de taille. Parlez-en à votre
médecin si votre tour de taille est égal ou supérieur à : 80 cm pour la
femme. 4. Surveillez votre pression artérielle. En cas
d’antécédents personnels et aussi pendant la grossesse. Mais aussi à
chaque visite chez votre médecin et régulièrement à partir de 55 ans. 5. Soyez physiquement actif. 30 minutes de marche par jour protègent déjà votre cœur et vos artères. 6. Ménagez votre stress ! Trouvez un équilibre entre périodes actives et moments de détente et de relaxation. Privilégiez un sommeil de qualité. 7. Antécédents. Tenez compte des antécédents
familiaux de maladies cardiovasculaires : si un proche a présenté un
infarctus ou un AVC ou en est décédé, considérez que vous avez a priori
un facteur de risque. 8. Symptômes. Ne sous-estimez pas les symptômes
d’une crise cardiaque ou d’une attaque cérébrale. Apprenez à les
reconnaître. (Voir l’infographie) Morbidité et mortalité dues aux maladies cardiovasculaires et le Sida - Thérèse N’dri Yoman exhorte au changement de comportement… Publié le mardi 4 octobre 2011 | Le Mandat
Madame le MINISTRE DE LA SANTE en présence des responsables de l'ACPCI et du SYNAMEPCI
Photo: DR K Kouakou
A l’instar des autres pays du monde entier, la Côte d’Ivoire a célébré, le samedi 1er octobre dernier, la Journée mondiale du cœur sur le thème ‘’un domicile, un cœur’’. Et c’est le terrain d’entraînement de l’Asec Mimosas, Sol Béni, qui a servi de théâtre à cette importante cérémonie au cours de laquelle, le Prof. Thérèse N’Dri Yoman, la ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, a profité pour tirer sur la sonnette d’alarme. Elle en a profité pour exhorter les populations à « pratiquer des gestes simples qui sauvent ». Elle a demandé aux uns et autres, « de bannir le tabagisme, d’opter pour une alimentation saine, d’être actifs, et de se renseigner sur leur tension artérielle, leur glycémie, leur cholestérol et leur indice de masse corporelle ». Au cours de cette journée organisée en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et en partenariat avec la Fondation de la maladie du cœur, présidée par Mme Gouédan Fatou Diarra, le Prof. N’dri Yoman a demandé à chaque habitant d`être l`avocat de son domicile pour la santé du cœur, de faire observer les règles simples de vie et de prévention primaire des maladies du cœur, dans l’optique d’évaluer les risques cardiovasculaires puis de développer des actions spécifiques et des comportements adaptés dans des domiciles pour améliorer la santé cardiaque. Notons que la Fondation de la maladie du cœur de Mme Gouédan Fatou Diarra qui est à l’origine de cette deuxième édition de la journée de l’activité physique organisée en marge de la Journée internationale du cœur, s’est donnée pour mission, de réduire de façon significative, selon la première responsable de la santé, « la morbidité et la mortalité dues aux maladies cardiovasculaires à travers des actions de proximité ayant pour cible toutes les couches sociales ».
… et lance l’offensive contre le Vih ce matin
Après la poliomyélite, dont le lancement de la campagne nationale de vaccination a été lancé le vendredi 30 septembre dernier, à Grand-Bassam, le Prof. N’Dri Yoman, ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, attaque, ce matin le Vih-Sida. Et c’est à l’espace Mathieu-Ray, près de l’église catholique Saint Etienne dans la commune de Koumassi, en présence de Mme Dominique Ouattara, Première Dame de la Côte d’Ivoire, que se déroulera le lancement officiel de la semaine de lutte contre cette pandémie du siècle. Le Sida, il faut le dire, constitue aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, la première cause de mortalité chez les hommes adultes et la deuxième chez les femmes. Ce qui est le plus alarmant, c’est le nombre de personnes qui vont être atteintes de cette maladie dans les 10 et 15 prochaines années. En 1993, le Programme national de lutte contre le Sida a estimé que 9,8% de la population âgée de plus de 15 ans était séropositive, ce qui signifie que plus de 600 000 adultes seraient susceptibles d’avoir contracté le virus. Les jeunes d’âge scolaire sont également menacés par la pandémie. Une étude faite en 1993, au sein des collégiens de trois zones urbaines du pays, a donné des chiffres alarmants : 6,5% d’entre eux étaient séropositifs. Aujourd’hui, le taux de prévalence de la population générale oscille entre 10% et 12%, faisant de la Côte d’Ivoire, le pays le plus touché de la sous-région, et l’un des pays les plus touchés en Afrique au Sud du Sahara. Les ravages que le Vih cause sur la population active étant énormes, le gouvernement a donc décidé de passer à la vitesse supérieure. D’où la cérémonie de ce matin.
JULES CESAR
1 Belge sur 10 souffre de diabète
BELGA
Mis en ligne le 12/11/2011
Il s'agit principalement de diabètes de type 2.
Un million de Belges souffrent de diabète ou risquent de souffrir de
cette maladie s'ils ne changent pas leur mode de vie, indique samedi
l'association flamande du diabète (VDV) dans Het Nieuwsblad.
L'association se base sur des chiffres du SPF Santé publique.
Le SPF a lancé il y a un an et demi un projet dans douze hôpitaux:
toutes les personnes admises dans un de ces hôpitaux font
automatiquement l'objet d'un dépistage du diabète. Près de 15% d'entre
elles semblent souffrir de diabète ou pourraient devenir diabétiques à
court terme.
Il s'agit principalement de diabètes de type 2, appelé également
diabète gras ou de la maturité, qui peut causer des problèmes
cardiovasculaires, ainsi que des troubles oculaires et des lésions aux
reins. "Le risque est accru pour les personnes sédentaires, en surpoids
et plus âgées", explique Stijn Deceuckelier de la VDV.
"Il s'agit justement des trois facteurs qui ont tendance à se
généraliser: la population ne cesse de vieillir, nous bougeons moins et
le nombre de personnes en surpoids est en constante évolution",
conclut-il.
Les Français et l'orthographe, c'est toute une histoire. Quand il s'agit de
leur plume, les Hexagonaux font les coqs. En effet, selon un sondage de
l’institut Mediaprism pour l'association les Timbrés de l’orthographe
publié au mois de novembre, 80% des Français s'estiment "bons en
orthographe". Selon cette même enquête publiée dans Le Parisien, plus
d’un quart d'entre eux (26%) affirment même qu’ils ne font "presque pas" de fautes.
Pourtant, sur le terrain, le constat est tout autre. Ainsi, dans la dernière note
en date à ce sujet (avril 2012), le ministère de l'Education nationale
indique que le nombre de fautes par dictée de niveau CE2 est passé de
10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Concrètement, le niveau en orthographe des
Français est en chute libre depuis 20 ans. C'est pourquoi Atlantico a
décidé de revenir sur les 15 fautes d'orthographe les plus courantes et
les explications qui vont avec pour éviter de les reproduire dans le futur.
Tout d'abord, il est à noter que le sondage de l’institut Mediaprism pour
l'association les Timbrés de l’orthographe ciblait les "cinq bêtes
noires" des Français. Mettre au pluriel un nom composé, comme
"chasse-neige", serait la difficulté majeure pour 56% des personnes
interrogées. Arrivent ensuite la différence entre futur et conditionnel
(34%), le pluriel des nombres (27%), les consonnes doubles (24%) et les
participes passés (23%). Une fois cela posé, voici quelques astuces
(piochées sur les sites Références, Abord, Orthographe et L'Etudiant)
pour s'améliorer.
1. "a" ou "à" ?
Confondre
le "a" du verbe et le "à" de la préposition est l'une des erreurs les
plus courantes. Pour reconnaître lorsque vous avez affaire au verbe,
passez à l'imparfait lors de la relecture. La différence entre verbe et
préposition deviendra évidente.
Exemple
: "Il a parlé à tort et à travers". En utilisant l’imparfait : "il
avait parlé avait tort et avait travers", on se rend bien compte où il
faut placer les accents.
2. "é" ou "er" ?
Pour
savoir si le verbe doit être conjugué ou écrit à l’infinitif, il faut
le remplacer par un autre verbe, comme faire ou vendre.
Exemple : "j'ai jeté l'éponge" remplacé par "j’ai vendu l’éponge" (et non pas "j’ai vendre l’éponge", donc "é").
3. "ai" ou "ais" ?
Parfois,
il est difficile de distinguer le futur "ai" du conditionnel "ais".
Pour reconnaître le temps, remplacez par la première personne du pluriel
(ou la troisième du singulier), la différence sera alors bien plus
évidente.
Exemple
: "je devrais ou je devrai (aller chez ma mère) ? A la première
personne du pluriel cela donnerait : "nous devrions (aller chez ma mère)
donc on écrira je devraiS (et non pas : nous devrons – futur –, je
devrai).
4. Les noms à double consonne
Une
petite astuce mnémotechnique existe : apercevoir (je n’aperçois qu’un
"p" à apercevoir) ; chuter (on ne chute qu’une fois, un "t") ; nourrir
(on se nourrit plusieurs fois par jour, deux "r") ; mourir (on ne meurt
qu’une fois, un "r"), etc…
5. Les adverbes en "-ment" prennent un ou deux "m" ?
Fréquemment,
remarquablement, abondamment... Vous ne savez jamais avec certitude
dans quel cas la consonne redouble? Une règle simple existe pourtant :
si la syllabe "-ment" est précédée du son "a" écrit avec un "e" ou un
"a", l’adverbe prend deux "m", comme par exemple "évidemment" ou
"élégamment". Si la syllabe ‘-ment’ est précédée d’un son ‘e’, comme
dans ‘notablement’, il ne faut qu’un seul ‘m’.
6. Différence entre "convainquant" et "convaincant"
La
règle orthographique est la suivante : "convainquant" est le participe
présent du verbe convaincre - dès lors il est invariable - alors que
"convaincant" est un adjectif. Pour savoir dans quel on est face au
participe présent et non à l'adverbe, voici l'astuce à retenir : si l'on
peut mettre la phrase au féminin (en prononçant "convaincante"), il
faut utiliser "convaincant" avec un "c".
Exemple : "Cet homme est convaincant" ; "Convainquant l'Assemblée, le Premier ministre se fit ovationner".
7. Cent ou cents ? Mille ou milles ?
En
réalité, la règle à ce sujet est simple : les nombres sont invariables
sauf "vingt" et "cent". Ceux-ci prennent un "s" lorsqu'ils sont
multipliés et qu'ils ne sont pas suivis d’un autre chiffre.
Exemple
: 80 s'écrit donc "quatre-vingts" alors que 83 s'écrit
"quatre-vingt-trois" ; 160 donne "cent soixante" et 400’ s'écrit "quatre
cents".
Exception : "million" comme "milliard" prennent des "s" car ils ne sont pas considérés comme un nombre mais comme un nom.
8. Différence entre "censé" et "sensé" / "Davantage" ou "d’avantage"
La
règle à retenir est la suivante : "sensé" signifie "qui a du sens" ou
"qui a du bon sens" alors que "censé" signifie "supposé". Petite astuce
pour ces homonymes : lorsqu'on peut remplacer "censé" par "supposé", il
faut écrire "censé", avec un "c". "Davantage" est synonyme de "plus"
tandis que "d’avantage" signifie "gain" ou "privilège".
Exemple : "Je suis censé rendre mon appartement" ; "Un individu sensé ne me menacerait pas de la sorte".
9. "Dis" ou "dit"?
Ecrit-on
"j’ai dit" ou "j’ai dis" ? Pour répondre à cette question, l'astuce la
plus simple est de féminiser la phrase. Ainsi, cela permet de détecter
la terminaison du participe passé et donc d'éviter toute erreur. Cette
règle s'applique aussi pour la terminaison du participe passé issu des
verbes du troisième groupe, à savoir les verbes en ‘-aître’, ‘-oître’,
‘-dre’, ‘-re’, ‘-oir’ et certaines verbes en ‘-ir’.
Exemple:
"j'ai retranscrit l'allocution présidentielle". Pour ne pas faire de
fautes, tournez la phrase en "l'allocution présidentielle a été
retranscrite". La prononciation de la terminaison au féminin vous
permettra de savoir qu’il faut un ‘t’ à la fin.
10. "or" ou "hors" ?
Pour
cela, la règle est de savoir que "or" est une conjonction de
coordination et "hors" est une préposition signifiant "à l'extérieur
de". Ainsi, quand on peut remplacer "hors" par "en-dehors de", c'est
qu'on a bien écrit.
Exemple : "Il est hors du jardin", "Or, à ce moment-là, il jouait".
11. L’accord du participe passé
La
règle de base apprise dans tous les cours élémentaires est la suivante :
le participe passé conjugué avec l'auxiliaire ‘être’ s'accorde en genre
et en nombre avec le sujet du verbe, comme dans le cas de "elles sont
parties à l'étranger". Avec l'auxiliaire "avoir", le participe passé
s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct (COD),
si celui-ci est placé avant. S'il est placé après, alors le participe
passé reste invariable.
Par
exemple on écrit "j'ai mangé des fraises" et "les fraises que j'ai
mangées". Il existe évidemment des exceptions et c'est pour cela que les
Français pèchent tant sur cette règle.
12. La règle du participe passé "fait"
Dans ce cas, la règle est la suivante : lorsque le participe passé "fait" est suivi d'un infinitif, il est toujours invariable.
Exemple : "Mes joueurs, je les ai fait se reposer".
13. La règle du participe passé suivi d'un infinitif
Lorsqu'un
participe passé, employé avec avoir, est suivi d'un infinitif, il ne
s'accorde pas avec le COD même s'il est placé avant.
Exemple : "La pièce que j'ai vu jouer était très bien".
Exception
: si le COD est l'auteur de l'action de l'infinitif, le participe passé
s'accorde. Exemple : "Les enfants que j'ai vus s'amuser dans la rue
sont ceux de mon boulanger".
14. Autres exceptions du participe passé
Bien
d'autres règles existent mais s'il faut en retenir une c'est celle-ci :
le participe passé ne s'accorde pas avec le complément placé avant si
celui-ci indique un prix, une valeur, une durée ou un poids.
Exemple : "Les deux heures que vous avez passé à travailler vous ont permis d'approfondir le sujet".
15. Règle d'orthographe des adjectifs de couleur
Pourquoi
écrit-on "robes bleues" mais "jupes marron" ? La règle est la suivante :
en règle générale, l'adjectif de couleur s'accorde. En revanche, si un
nom est utilisé pour désigner une couleur, comme marron, par exemple, il
est invariable. Il existe cinq exceptions notables : rose, mauve,
pourpre, écarlate et fauve. On écrit donc des "jupes marron" et des
"jupes roses ou mauves".
Exemples : "Il a mis ses jolies chaussures marron" mais "Elle a de beaux yeux émeraude".
A
noter enfin que les adjectifs de couleur composés restent aussi
invariables: "des briques rouges" mais des "briques rouge vif", des
"pommes vertes", mais "des tissus vert pomme", etc.
Belgique
Les Cliniques universitaires Saint-Luc et l'Hôpital Erasme
ont obtenu en septembre dernier un label octroyé par l'Association for
the Accreditation of Human Research Protection Program (AAHRPP) et
attestant de la qualité de leurs programmes de recherche clinique et de
la garantie du plus haut niveau de protection des participants aux
études cliniques. Les deux hôpitaux bruxellois sont les deux premiers en
Europe à obtenir ce label. L'UZ Brussel, qui s'est également lancé dans
le processus, devrait aussi l'obtenir prochainement.
Cette reconnaissance "couronne un travail de plus de trois
ans financé par Innoviris, l'Institut bruxellois pour la recherche et
l'innovation, au sein des trois hôpitaux académiques bruxellois, sous le
couvert du projet ClinicoBRU", apprend-on dans un communiqué commun des
trois hôpitaux et d'Innoviris.
"ClinicoBRU" est un projet interuniversitaire associant la
VUB, l'UCL et l'ULB au travers de leurs hôpitaux académiques et destiné à
professionnaliser leur activité de recherche clinique par
l'accréditation. Il vise aussi à faciliter l'accès des patients aux
études cliniques.
"La Belgique est historiquement très active dans la recherche
clinique. Elle se classe dans le top 10 mondial des pays qui soumettent
le plus de demandes de mises sur le marché aux agences réglementaires.
Elle se classe dans le top cinq mondial en termes de densité d'essais
clinique (nombre de sites d'investigation clinique par million
d'habitants). La recherche clinique moderne fait face à de nombreux
défis au rang desquels la personnalisation de la médecine et la
participation des patients et des volontaires occupent une place
majeure", poursuit le communiqué.
Pour obtenir une accréditation AAHRPP, les hôpitaux doivent à la fois
démontrer qu'ils ont mis en place des protections à tous les niveaux de
leurs opérations de recherche et qu'ils adhèrent aux plus hauts
standards de la recherche.
Les organismes accrédités par l'AAHRPP incluent des hôpitaux, des
universités, des comités d'éthique, des structures de recherche, des
sponsors pharmaceutiques et des agences publiques et réglementaires. A
l'heure actuelle, l'AAHRPP a accrédité plus de 215 organisations dans le
monde dont plus de 60% des universités américaines actives dans la
recherche clinique et plus de 65% des écoles de médecine américaines.
Des partisans de l’Obamacare devant la Cour suprême à Washington. (Reuters)
Selon les juges, la loi respecte la Constitution américaine. C’est
une grande victoire pour le président Barack Obama et une défaite pour
les républicains
L’Obamacare était entre la vie et la mort. Jeudi, dans
une décision très attendue, la Cour suprême des Etats-Unis a validé la
loi instituant la réforme du système de santé américain, adoptée par le
Congrès sous contrôle démocrate en 2010. L’arrêt King vs Burwell, lu par
le président de la cour John Roberts, a été approuvé par six juges
contre trois.
L’Affordable Care Act était attaquée par
quatre plaignants qui estimaient que la loi ne prévoyait pas l’octroi de
subventions fédérales pour acquérir une couverture médicale dans un
Etat qui ne s’était pas doté lui-même d’une bourse aux assurances
maladie. La décision de la cour a été reçue avec un grand soulagement
par des millions de citoyens qui viennent d’acquérir une couverture
médicale grâce à l’Obamacare. Si la Cour avait jugé inconstitutionnelle
une partie de la loi incriminée, 6,4 millions d’Américains auraient
perdu leurs subventions fédérales et auraient sans doute été incapables
de conserver leur assurance maladie.
Pour Barack Obama,
qui a fait de la réforme de la santé l’une des priorités absolues de sa
présidence, c’est une victoire majeure. Réagissant à la décision de la
Cour suprême, il n’a pas boudé son plaisir devant les journalistes
réunis dans le jardin de la Maison-Blanche. «Aujourd’hui, après plus de
50 votes au Congrès pour abroger ou affaiblir la loi, après une élection
présidentielle (2012) disputée en partie autour du maintien ou de
l’abrogation de cette loi, après de multiples procédures devant la Cour
suprême, la loi va rester», s’est félicité le démocrate.
L’Affordable
Care Act, entrée en vigueur le 1er janvier 2014, impose aux Américains,
à l’image de la LAMal en Suisse, de contracter une assurance maladie (individual mandate),
faute de quoi ils se voient infliger une amende de 695 dollars. Elle
interdit aux assurances maladie de refuser un patient qui aurait déjà
des problèmes de santé. Elle permet aux enfants de bénéficier de la
couverture de leurs parents jusqu’à l’âge de 26 ans.
L’Obamacare
prévoit aussi d’élargir la couverture médicale à travers Medicaid,
l’assurance maladie pour les plus pauvres. Mais en 2012, la Cour suprême
a limité l’impact de la loi en précisant que Washington ne pouvait
imposer aux Etats une telle mesure et que ces derniers devaient être
libres, par respect du fédéralisme, de l’appliquer ou non. Bien que
l’extension de Medicaid soit entièrement couverte par les deniers
fédéraux, nombre de gouverneurs républicains ont refusé d’accroître la
couverture santé par le biais de Medicaid, privant des millions
d’Américains démunis d’une assurance maladie.
La décision
positive de la Cour suprême pourrait avoir deux conséquences. Si
l’Obamacare incite les Etats à mettre en place leur propre bourse aux
assurances maladie, ils ne sont pourtant que 13 à l’avoir fait. Ils
pourraient désormais changer d’avis et préférer la bourse fédérale par
le biais du site internet HealthCare.gov. Un site dont le lancement, le
1er octobre 2013, fut un désastre qui a failli coûter très cher à
l’administration démocrate tant le fiasco a menacé la mise en œuvre de
la réforme. Aujourd’hui toutefois, 16 millions d’Américains sans
couverture médicale jusqu’ici en ont acquis une grâce à l’Obamacare,
soit un tiers du nombre de non-assurés aux Etats-Unis (48 millions).
Dans
son allocution, Barack Obama n’a pas manqué de souligner que la loi a
contribué à maintenir «la plus faible croissance des coûts de la santé
en cinquante ans» dans un pays qui consacre 18% de son PIB dans ce
secteur. Le président démocrate, relevant que l’Affordable Care Act fait
maintenant partie intégrante de la vie des Américains, invite
démocrates et républicains à travailler ensemble pour améliorer une loi
qui n’est pas parfaite, pour développer la médecine préventive et
améliorer la qualité des soins. Il appelle aussi les Etats qui ont
refusé d’étendre la couverture de Medicaid de revoir leur jugement.
Du
côté des républicains qui, au Congrès, ont tenté à plus de cinquante
reprises d’abroger l’Obamacare, la décision de la Cour suprême est mal
vécue. S’ils sont convaincus que le combat contre une «loi désastreuse»
n’est pas terminé bien qu’il dure depuis plus de cinq ans, ils devront
réévaluer leur stratégie dans l’optique de la présidentielle de novembre
2016. Si la Cour suprême leur avait donné raison, ils avaient promis
qu’ils n’allaient pas tenter de préciser la loi en modifiant quatre mots
problématiques dans le texte…
Il faut remonter à 2000 pour trouver un arrêt aussi
lourd de conséquences. Il y a quinze ans, la Cour suprême des Etats-Unis
avait attribué sur le tapis vert la victoire de la présidentielle au
républicain George W. Bush au détriment du démocrate Al Gore. Elle
devrait annoncer à partir d’aujourd’hui et avant la fin juin une
décision très attendue au sujet de l’Affordable Care Act (ACA) ou
Obamacare dans le cadre de l’affaire King vs Burwell. Elle
doit dire si le gouvernement fédéral a le droit de verser des
subventions aux Américains qui contractent une couverture médicale dans
un Etat qui n’a pas mis lui-même en place une bourse aux assurances
maladie, comme il en a la possibilité, et qui comptent sur la bourse
fédérale pour le faire. Les plaignants estiment que la loi ACA ne
précise pas cette possibilité et que les subventions fédérales sont
inconstitutionnelles.
Derrière la relative technicité de
la question se cachent des enjeux considérables. Si la Cour suprême
interdit à l’Etat fédéral de verser ces subventions, ce sont
6,4 millions d’assurés qui perdront d’emblée leur couverture médicale,
1,3 million pour la seule Floride. La réforme de la santé de Barack
Obama serait à l’article de la mort en raison d’effets en cascade. Elle
le serait d’autant plus que l’administration démocrate avance qu’elle
n’a pas de plan B et qu’au Congrès les républicains, majoritaires,
n’entendent pas régler le problème en précisant l’intention du
législateur. En 2010, aucun d’entre eux ne vota en faveur de
l’Obamacare. En cinq ans, les républicains ont tenté à plus de cinquante
reprises, dans une logique qui ressemble à de la guérilla
parlementaire, d’abroger l’Affordable Care Act. Or à l’origine, l’individual mandate,
l’obligation de contracter une assurance maladie, est une idée
conservatrice née sous les lambris de la Heritage Foundation, un
laboratoire d’idées conservateur de Washington.
Pour le
démocrate Barack Obama, c’est sa marque dans l’Histoire qui se joue.
Aucun président depuis la Seconde Guerre mondiale n’avait réussi à
réformer en substance le système de santé américain qui souffre de
plusieurs problèmes majeurs: il est extrêmement onéreux (18% du PIB),
produit une médecine de qualité très divergente et a exclu jusqu’à la
mise en œuvre de l’Obamacare plus de 48 millions d’Américains d’une
couverture médicale. Plusieurs présidents avant Barack Obama s’y étaient
essayés avant lui, dont Bill Clinton qui avait confié la réforme à la
First Lady Hillary Clinton. Mais la réforme qu’elle présenta, dans un
document de milliers de pages, fut un cuisant échec.
Pour
Barack Obama, une couverture médicale «n’est pas un privilège, c’est un
droit». En 2009 et 2010, en pleine crise économique et financière, ses
conseillers à la Maison-Blanche lui déconseillaient d’engager le combat
de la réforme de la santé. Il ne les écouta pas, se remémorant que sa
mère, malade d’un cancer, n’avait pas pu se permettre des traitements
adéquats. Conscient du fait qu’une décision défavorable de la Cour
suprême ternirait fortement son bilan, il est intervenu avec vigueur le
9 juin dernier devant la Catholic Health Association pour faire du
maintien de l’ACA une question morale. L’Obamacare, a-t-il déclaré,
«fait désormais partie intégrante de la manière dont nous sommes
solidaires des autres», avant d’ajouter que des figures importantes de
la politique américaine, «de Teddy Roosevelt à Teddy Kennedy», s’étaient
battues pour accroître l’accès des Américains à une couverture
médicale.
Pour les républicains, si la Cour suprême
décide d’interdire les subventions fédérales, ce serait en quelque sorte
une victoire. Mais elle pourrait être à la Pyrrhus. Si des millions
d’Américains perdent leur couverture médicale, les républicains, qui
n’ont pour l’heure aucune alternative à proposer, pourraient subir les
foudres de l’opinion publique. Or, parmi les 34 Etats qui ont une bourse
fédérale d’assurances médicales (13 Etats ont mis en place leur propre
bourse) et qui seraient affectés par une décision négative de la Cour
suprême, 26 ont des gouverneurs républicains. Vingt-deux sièges détenus
par des républicains au Sénat à Washington seront en compétition
précisément dans ces Etats. Selon la Kaiser Family Foundation, les
hôpitaux, les pharmacies et les fabricants de médicaments en feraient
les frais, perdant des milliards de revenus. Pour les hôpitaux, la
pilule sera dure à avaler. Ils ont accepté de participer à l’Obamacare
et de réduire de 269 milliards de dollars leurs revenus issus de
Medicaid (assurance maladie pour les plus pauvres) et Medicare (pour les
plus de 65 ans) parce qu’ils allaient bénéficier de l’afflux d’un plus
grand nombre d’assurés. Enfin, l’architecture de l’Obamacare
s’effondrerait si les subventions étaient supprimées, car ce sont elles
qui permettent aux assureurs maladie de répartir les risques entre les
personnes saines et les patients en moins bonne santé.
Adoptée
en 2010, la réforme de la santé n’offre pas encore un accès universel à
une couverture médicale, mais elle a déjà bien amélioré la situation.
Selon une étude de Gallup, 11,7 millions de personnes ont contracté une
assurance maladie entre novembre 2014 et février 2015. Le taux
d’Américains sans couverture médicale a chuté de 18% en 2013 à 11,9% à
la fin mars 2015. C’est le taux le plus bas depuis au moins quinze ans.
Ce sont avant tout les bas revenus (moins de 36 000 dollars par an,
+8,7% d’assurés), les Hispaniques (+8,3) et les Afro-Américains (7,3%)
ainsi que les jeunes (26-34 ans, +7,4%) qui ont le plus bénéficié de
l’Obamacare. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/93a47e84-1843-11e5-96f4-d5eb39d18cde/LObamacare_entre_la_vie_et_la_mort
«La suppression de l’Obamacare provoquerait un grand chaos»
Le Temps: Qu’attendez-vous de la
décision de la Cour suprême sur la question des subventions accordées
par l’Etat fédéral pour acquérir une assurance maladie? Henry Aaron:
Elle aura un impact énorme qui ira bien au-delà de l’Affordable
Care Act (Obamacare). Une question fondamentale sous-tend un tel arrêt:
le fédéralisme aux Etats-Unis. Dans une décision de 2012, la Cour
suprême a déjà précisé que Washington ne peut pas exiger des Etats
qu’ils étendent la couverture de Medicaid, l’assurance maladie pour les
plus démunis. Les Etats ne peuvent pas être un simple instrument du
gouvernement fédéral. – Est-ce dire que par respect du fédéralisme, les juges vont sabrer l’Obamacare?
– La suppression des subventions fédérales pourrait
créer un chaos monumental dans le système de santé de chaque Etat. Face à
une telle perspective, les juges pourraient décider d’agir dans le sens
de l’administration pour une raison simple. Alors qu’une décision
négative serait censée renforcer le fédéralisme, elle pourrait
paradoxalement l’affaiblir. Car, confrontés au chaos, les Etats touchés
devraient compter sur le gouvernement fédéral pour sortir de l’impasse.
Jusqu’ici, Washington ne s’est fixé presque aucune limite pour imposer
ses vues aux Etats. Lors du premier choc pétrolier en 1973, l’Etat
fédéral avait menacé les Etats de ne pas leur donner de fonds fédéraux
pour leurs routes s’ils n’y limitaient pas la vitesse à 55 miles à
l’heure. Là, si la Cour suprême décide de renforcer le fédéralisme en
jugeant inconstitutionnelles les subventions fédérales, les implications
iront bien au-delà de la réforme de la santé. – Quelles seraient-elles?
– Les premières conséquences seraient d’ordre
budgétaire. Les républicains du Congrès ont prévu des coupes
substantielles dans le budget fédéral, notamment pour empêcher la mise
en œuvre de l’Affordable Care Act. Leur proposition est très
controversée et le président y opposera certainement son veto. Mais le
Congrès devra tout de même agir pour limiter les conséquences fâcheuses
de la décision de la Cour suprême. Or si cette question budgétaire
s’immisce dans le débat sur la santé, on va tout droit vers un chaos
absolu, vers une nouvelle paralysie de l’administration (government shutdown). – L’Obamacare pourrait-elle totalement disparaître?
– Quelles que soient les circonstances, il n’y aura pas de retour au statu quo ante.
Après une guérilla sans relâche, les opposants à l’Obamacare devront se
rendre à l’évidence et admettre que la seule manière de faire de la
vraie politique consistera non pas à abroger l’Obamacare comme ils ont
tenté de le faire à 58 reprises, mais à amender la loi pour l’améliorer.
A partir de 2017, les Etats auront la possibilité de choisir leur
propre chemin pour atteindre les objectifs fixés par l’Obamacare. Mais
même s’ils vont chercher à interpréter de manière très lâche cette
option, les républicains pourraient juger pertinents les objectifs fixés
par la réforme, mais chercher à les atteindre sans parler d’Obamacare…
Ils pourraient dire aux Etats: faites comme bon vous semble. S’opposer
frontalement à l’Affordable Care Act serait en revanche très risqué. Les
républicains pourraient se mettre à dos non seulement une partie de la
population, mais aussi les professions médicales, hôpitaux et assurances
maladie qui soutiennent l’Obamacare. –
L’administration Obama ne cesse de marteler que la réforme a permis de
baisser les coûts astronomiques de la santé (18% du PIB). Est-ce le cas?
– Les avis divergent. Les coûts de la santé ont commencé
à baisser avant la crise et la baisse s’est accentuée en raison de la
récession. Mais l’Affordable Care Act a accentué la tendance. Si la
baisse perdure, elle aura d’énormes conséquences. La pression budgétaire
liée à sa mise en œuvre s’estompera fortement. – En cas de maintien de l’Affordable Care Act, la réforme sera-t-elle vouée à durer?
– Oui, elle entrera dans l’histoire comme l’un des grands succès de la présidence Obama. – L’Obamacare équivaut-il à une révolution aux Etats-Unis?
– Non, ce n’est pas une révolution. Cela a été davantage
une évolution pragmatique qui s’est appuyée sur l’existant. Medicaid
existait déjà, la loi n’a fait qu’étendre sa couverture. Les Etats
étaient déjà compétents en matière de santé. Washington n’a fait que
fixer quelques règles aux Etats. Les jeunes pouvaient bénéficier de
l’assurance médicale de leurs parents jusqu’à 21 ans. C’est désormais
26 ans. La loi impose enfin des changements à Medicare. La seule
révolution que je vois, c’est d’avoir fixé pour objectif une couverture
médicale universelle. On n’y est pas tout à fait. Mais les progrès sont
visibles. – La réforme n’est pas parfaite. Quels seraient deux défauts majeurs de la loi?
– L’administration a commis une erreur en liant
l’Obamacare au système fiscal. Ce dernier est tributaire d’un calendrier
annuel précis qui ne correspond pas aux exigences de la loi. De plus,
les subventions octroyées ne sont parfois pas suffisantes. L’Obamacare
contient un défaut que les spécialistes appellent le family glitch. Cet effet pervers de la réforme rend inabordable l’accès à une assurance maladie pour tous les membres d’une même famille
.
Manuel Valls a reçu, jeudi 19 mars, les médecins mécontents du projet
de loi sur la santé défendu par Marisol Touraine. Le premier ministre
leur a proposé un « point d'étape après la première lecture à l'Assemblée nationale »,
car un article du texte en particulier continue d'inquiéter les
professionnels de santé, qui ont manifesté le 15 mars : le tiers payant
généralisé. La mesure a été votée dans la nuit du 18 au 19 mars en commission des affaires sociales.
La ministre de la santé souhaite appliquer le tiers payant généralisé –
qui existe déjà dans les pharmacies, les laboratoires de biologie et
chez les infirmiers libéraux – à l'ensemble des patients d'ici à 2017.
1. Le tiers payant, c'est quoi ?
Les consultations chez le médecin sont payées par le patient.
L'Assurance-maladie et sa mutuelle complémentaire – s'il en possède une –
lui remboursent ensuite la totalité ou une partie des frais qu'il a
avancés.
Le tiers payant est un système permettant de ne pas avancer ces
frais. Soit le patient bénéficie du tiers payant partiel et il ne paye
que la partie des honoraires qui n'est pas remboursée par
l'Assurance-maladie : c'est ce qu'on appelle le ticket modérateur. Soit
il dispose du tiers payant total et il n'a alors aucun frais à avancer ;
c'est alors la Sécurité sociale qui paye directement le professionnel
de santé.
2. Qui en bénéficie ?
Actuellement, le tiers payant s'applique principalement aux personnes
bénéficiant de la couverture maladie universelle complémentaire, de
l'aide médicale de l'Etat ou encore de l'aide pour une complémentaire
santé. Les mineurs de plus de 15 ans qui consultent un médecin pour
obtenir une contraception sont également concernés.
3. Que prévoit le projet de loi santé ?
La généralisation du tiers payant est une des mesures phares du
projet de loi sur la santé défendu par Marisol Touraine. La ministre de
la santé souhaite que les patients n'aient plus à avancer les frais de
consultation chez le médecin d'ici à la fin de l'année 2017.
L'Assurance-maladie et les complémentaires de santé paieront directement
les honoraires aux médecins. L'amendement voté cette nuit en commission des affaires sociales
détaille la mise en place du tiers payant généralisé. C'est à la Caisse
nationale d'assurance-maladie que reviendra la « mission générale de
pilotage ». Ce sera à elle d'organiser le déploiement et l'application
du tiers payant, en lien avec les mutuelles. L'article prévoit qu'une
pénalité soit versée au professionnel de santé si le paiement excède un
certain délai.
Les franchises et les forfaits seront payés directement par l'assuré
via prélèvement bancaire par l'organisme d'assurance-maladie.
Les médecins sont inquiets de la mise en œuvre technique du tiers
payant généralisé. Beaucoup craignent les lourdeurs administratives et
une augmentation de la paperasse. Il existe au total une centaine de
caisses d'assurance-maladie et de complémentaires. Une multiplicité
d'interlocuteurs qui risque, selon eux, de ralentir les délais de
paiement. De là découle une autre crainte, celle que les mutuelles
puissent influencer leurs prescriptions.
Les libéraux critiquent en particulier le caractère obligatoire de la
mesure, défendant un tiers payant social, spécifiquement accordé aux
patients qui en ont le plus besoin. Marisol Touraine n'a pas encore
précisé si les médecins qui refusent d'appliquer le tiers payant
généralisé seront sanctionnés.
La loi santé, qui regroupe d'autres mesures comme la mise en vente
des paquets de tabacs neutres, doit être débattue dans l'Hémicycle le 31
mars.
Alice Fabre Journaliste au Monde
En
savoir plus sur
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/19/qu-est-ce-que-le-tiers-payant-generalise_4597338_4355770.html#psLuvx3rOM0C7eC1.99
Touraine : « Le tiers payant sera étendu à tous les Français de manière progressive »
Avant l’examen du projet de loi santé
en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le
17 mars, la ministre de la santé, Marisol Touraine, annonce, lundi
9 mars, ses arbitrages après la remise des conclusions de quatre groupes
de travail. Tout en procédant en deux temps, elle maintient la
généralisation du tiers payant d’ici à 2017, mesure vivement contestée par les médecins. Mme
Touraine s’engage notamment à ce que l’Assurance-maladie acquitte des
pénalités aux médecins si elle met plus de sept jours à les payer.
Quels sont vos arbitrages finaux, notamment sur la mise en place du tiers payant, la mesure la plus contestée par les médecins ?
Marisol Touraine :
Le tiers payant sera bien étendu à tous les Français. Il le sera de
manière progressive, et avec des garanties de paiement aux
professionnels. Sur le terrain, beaucoup de médecins m’ont dit qu’ils
pouvaient avoir du mal à se faire payer lorsqu’ils le pratiquent. Ce
n’est pas acceptable. J’inscrirai dans la loi une garantie de paiement
aux professionnels de sept jours maximum pour les feuilles de soins
électroniques. Si ce délai n’est pas respecté, l’Assurance-maladie
paiera des pénalités de retard au médecin. Les complémentaires prendront
de leur côté des engagements sur les délais de remboursement aux
médecins.
Nous allons procéder par étapes. Au 1er juillet
2016, les médecins disposeront du système technique qui leur permettra
de proposer le tiers payant à tous les patients pris en charge à 100 %
par l’Assurance-maladie – femmes enceintes, personnes en maladie de
longue durée ou en maladie professionnelle –, soit 15 millions de
personnes qui sont celles qui ont le plus souvent et le plus besoin de
voir un médecin. Cela représente la moitié des consultations. Pendant
six mois, les praticiens pourront tester et s’approprier le système
technique. Et, au 31 décembre, cela deviendra un droit pour tous les
patients pris en charge à 100 %.
Et pour le reste des patients, l’objectif de 2017 est-il maintenu ?
Oui,
car le tiers payant n’est pas seulement une mesure sociale. J’ai
demandé à l’Assurance-maladie et aux complémentaires santé de proposer
d’ici à quelques mois un système coordonné qui sera mis à disposition
des médecins le 1er janvier 2017. De la même manière, les
médecins disposeront de temps pour s’approprier le dispositif et, avant
la fin de l’année 2017, le tiers payant deviendra un droit pour tous les
Français.
Les médecins qui refuseraient de le pratiquer seront-ils sanctionnés ?
Je
ne fais pas le pari du refus et de l’échec. Dès lors qu’il est simple
et sans délai de paiement, je suis convaincue que le tiers payant
s’imposera rapidement comme une évidence.
Autre point de crispation des médecins, les pharmaciens seront-ils autorisés à vacciner les patients ?
Ma
préoccupation, c’est que les Français se vaccinent davantage. Il y a
sur ce point une défiance qui monte et un défaut de vaccination parfois
préoccupant. Cet hiver, seulement 43 % des plus de 65 ans se sont
vaccinés contre la grippe. Pour répondre à cela, les autres pays ont
diversifié les modes de vaccination. Comme il y a chez nous des
inquiétudes, nous proposerons des expérimentations. Ma volonté n’est pas
de détricoter le métier de médecin.
On vous a beaucoup reproché de privilégier
l’hôpital public au détriment des cliniques, notamment par le biais du
label service public hospitalier, qui pourrait les exclure de certaines
activités. Allez-vous l’amender ?
La grande inquiétude des
cliniques, c’est que la non-appartenance à ce service public hospitalier
leur ferme des portes. Il sera donc inscrit dans la loi que comme
aujourd’hui, cela ne conditionnera pas le droit à avoir tel ou tel
matériel. Mais le service public hospitalier n’est pas seulement un
slogan, ce sont aussi des obligations, dont celle, réaffirmée dans la
loi, de ne pas pratiquer de dépassements d’honoraires. Ce sont aussi des
spécificités, comme l’accueil de tous les patients ou la permanence des
soins, et cela mérite d’être reconnu. Lire l’intégralité de l’entretien en édition abonnés : Marisol Touraine : « Le tiers payant s’imposera »
En
savoir plus sur
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/09/touraine-le-tiers-payant-sera-etendu-a-tous-les-francais-de-maniere-progressive_4589843_3224.html#KXB51o6GQxxjk2AS.99
24/11/2014 11:52:12 / bonus.ch - News / Assurance
Assurance-maladie : le modèle "médecin de famille" permet de faire des économies
Le modèle alternatif "médecin de
famille" est un bon moyen pour faire baisser ses primes. Profitez de
comparer et de vous renseigner sur bonus.ch. Vous avez jusqu'au 30
novembre pour résilier votre contrat d'assurance actuel et réaliser des
économies en 2015.
En
effet la contrainte de ce modèle est perçue comme faible par une bonne
partie des Suisses. Pour les assurés qui se rendent déjà chez un médecin
de famille avant d'entreprendre d'autres démarches, ce modèle permet de
réaliser des économies substantielles, jusqu'à 20%, sur leur prime,
sans rien changer à leurs habitudes.
Ceci vaut pour tous les modèles de type alternatif. À condition
d'accepter les contraintes liées à ces prestations (consulter un médecin
faisant parti d'une liste agréée ou d'un cabinet de groupe, appeler un
centre téléphonique, par exemple), vous aurez la possibilité de réaliser
de belles économies. Ci-dessous une comparaison des primes de type
"traditionnel" et "alternatif" pour un adulte de 32 ans ayant opté pour
une franchise à CHF 500.- :
Ce sont donc plus de CHF 2000.- par an de différence. Une alternative
intéressante ! Soyez cependant certain que les conditions impliquées par
les modèles alternatifs ne seront pas trop contraignantes pour vous et
que vous pourrez les suivre.
Le modèle "médecin de famille"
contribue ainsi à freiner les frais de la santé générés par des
consultations injustifiées de spécialistes, sans effets négatifs sur la
perception de la qualité des soins par les assurés. Ceux qui ont déjà un
médecin de famille reconnu par la caisse-maladie l'ont bien compris et
choisissent de plus en plus ce type d'assurance.
Au ministre Gaétan Barrette,
En tant que médecins omnipraticiens, nous sommes inquiets depuis
l’annonce de votre projet de loi 20. Pour justifier celui-ci, vous
manipulez les statistiques en ignorant les congés de maternité, les
préretraites, l'enseignement et le travail administratif dans le calcul
du nombre de jours travaillés par les omnipraticiens. C’est faire preuve
de démagogie afin de manipuler l’opinion publique. Vous ne semblez pas
réaliser les conséquences à long terme qu’auront vos solutions magiques.
Vous oubliez que votre objectif, comme ministre, est de vous assurer du
bon fonctionnement du système de santé.
Produit sans consultation, le projet de loi 20 entraînerait une
diminution des services de qualité à la population. Cette loi
déshumanise la médecine en faisant des patients des numéros. Elle
encourage une médecine à la chaîne, où les patients vulnérables et
complexes seront les plus atteints. Les médecins seront forcés de
quitter les centres hospitaliers, laissant les urgences et les étages
dans quelles conditions? Le départ des omnipraticiens des hôpitaux
augmentera la charge de travail des spécialistes, qui sont déjà
sollicités par la loi 20 qui leur demande aussi d'augmenter leur débit.
Comment seront-ils capables de tout absorber?
Voici des solutions qui pourraient améliorer l'accès à des soins de
première ligne de qualité et améliorer son efficacité : favoriser le
travail interdisciplinaire entre autres en augmentant le nombre
d'infirmières praticiennes; améliorer le ratio infirmière/médecin dans
les cliniques de première ligne; développer des plateaux techniques pour
faciliter la prise en charge; implanter un système informatique
universel efficace; repenser voire abolir les activités médicales
particulières (AMP); et viser une approche centrée sur le patient pour
reconnaître la complexité des patients.
La concentration de pouvoir entre les mains du ministre est inédite
et son aspect punitif va à l'encontre des valeurs québécoises. Nous
reconnaissons qu'il y a un problème actuellement dans l'accessibilité
aux soins de première ligne et la solution devrait se trouver ensemble
plutôt que de se la faire imposer. Une telle Loi rendrait la profession
de médecine de famille moins attrayante, découragerait les étudiants à
faire ce choix de carrière et limiterait encore plus l'accès aux soins.
Il n'est pas normal que déjà à l'heure actuelle, seulement 35% à 40% des
étudiants en médecine du Québec se dirigent vers la résidence en
médecine familiale. Il faut se questionner sur ces chiffres et repenser
un climat de travail qui favoriserait l'attrait de la profession.
Le soulèvement des médecins est clair. Le décompte des apparitions
publiques se multiplie, comme le démontrent les lettres ouvertes aux
médias, à votre intention et aux députés qui affluent de tous les coins
du Québec. Cette indignation est également démontrée par le Regroupement
des médecins québécois contre le projet de loi 20 qui a rassemblé plus
de 2000 membres en quelques jours. Ce groupe accueille tous les médecins
qui protestent contre votre projet de loi et cherchent des solutions.
Plusieurs questionnements y sont relevés. Comment allez-vous intégrer
la pratique des médecins de famille qui ont développé des expertises
pointues dans certains domaines, mais qui ne répondent pas à vos quotas?
Comment espérez-vous augmenter l'attrait pour la médecine familiale
dans un contexte aussi coercitif? Comment allez-vous gérer le fait que
les médecins vont devoir laisser leurs responsabilités cliniques dans
les hôpitaux? Comment allez-vous assurer une prise en charge adéquate
pour les patients vulnérables dans une approche qui privilégie la
quantité sur la qualité?
Bref, plusieurs questions restent sans réponse. Ce projet semble
avoir été écrit sans aucune consultation et fait de manière à dénigrer
notre profession. Nous vous invitons à retirer le Projet de loi 20 et à
entreprendre un dialogue avec les différentes parties prenantes
(Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Fédération des
médecins spécialistes du Québec et représentants aux patients) pour
développer des objectifs communs dans le but d'offrir de meilleurs
services et une meilleure accessibilité en première ligne.
Bien à vous,
Coauteur http://www.lanouvelle.net/Opinion/2014-12-13/article-3975857/Pour-une-reorganisation-efficace-en-sante/1
Vers le pire ou vers le meilleur?
Le phénomène s’est accentué depuis 2009. (Pixsil)
Un Suisse sur sept délaisse des soins pour des raisons économiques. Si le système est performant, il grève le patient
«Avez-vous renoncé à des soins médicaux pour des raisons
économiques au cours des douze derniers mois?» Aussi étonnant que cela
puisse paraître dans un pays où l’assurance maladie est obligatoire et
universelle, 11 à 14% des personnes interrogées répondent oui. C’est le
résultat troublant auquel arrive une série d’études menées en Suisse
romande depuis le début des années 2010, synthétisées dans un article à
paraître dans la Revue médicale suisse et placées au cœur d’une journée de formation continue organisée, le 11 septembre, par la Policlinique médicale universitaire de Lausanne (PMU).
Le
profil de ces «renonciateurs aux soins» surprend. «On imaginerait que
le phénomène touche une frange particulièrement marginalisée de la
population, une minorité migrante, liée à l’asile politique ou à la
clandestinité», relève Patrick Bodenmann, médecin cadre de la PMU,
institution qui forme les médecins de famille. Eh bien, non… «Notre étude
a été conduite en 2011 auprès de 2030 patients répartis dans 47
cabinets de médecins de famille en Suisse romande. La totalité de ces
patients étaient assurés auprès d’une caisse maladie et 80% d’entre eux
étaient Suisses. On n’est pas tombés sur des sans-papiers.»
Etonnant?
«La Suisse a un excellent niveau de santé. En termes d’espérance de
vie, nous sommes en première position parmi les pays de l’OCDE depuis
que nous avons dépassé le Japon. Nous occupons le troisième rang dans le
classement des dépenses de santé après les Etats-Unis et la Norvège.
Mais nous sommes également en tête de liste en ce qui concerne le
financement par ce qu’on appelle le reste à charge», signale Idris
Guessous, médecin responsable de l’Unité d’épidémiologie populationnelle
au Département de médecine communautaire, de premier recours et des
urgences des Hôpitaux universitaires de Genève. «Reste à charge», de
quoi s’agit-il? «De la part des soins qui est financée directement de
notre poche (l’out of pocket, comme disent les
Anglo-Saxons), en dehors des impôts, des primes et des remboursements.
En Suisse, un tiers des coûts de la santé est ainsi pris en charge
directement par le consommateur.»
Franchises, quotes-parts (le 10% à la charge du patient),
frais non remboursés car exclus du catalogue des prestations des caisses
maladie: ce cocktail de dépenses compose le reste à charge. Cette part
des coûts de la santé qui grève directement les budgets personnels
semble être au cœur du problème. On constate d’ailleurs, sans surprise
cette fois, que la probabilité du renoncement aux soins pour des raisons
économiques dépend du revenu. «Le pourcentage de renoncement monte à
30% parmi les personnes vivant dans un ménage dont le revenu mensuel est
inférieur à 3000 francs», reprend Idris Guessous. Ce résultat est issu
d’une série d’études menées auprès d’un échantillon représentatif de la population genevoise dans le cadre du projet Bus Santé. Une comparaison temporelle
montre que la situation s’est aggravée depuis que la Suisse «est entrée
officiellement en récession, en 2009: une partie croissante de la
population semble alors avoir lâché prise en matière de soins».
A
quels soins renonce-t-on? Les frais non remboursés viennent en tête,
comme on s’y attend: 74% des personnes concernées renoncent à des soins
dentaires. Mais – plus étonnant – 37% d’entre elles renoncent à une
consultation de médecin et 15% omettent, pour éviter une dépense,
d’aller chercher un médicament qui leur a été prescrit. L’impact
clinique de ces omissions? «Les patients sont-ils hospitalisés plus
souvent, le diabète est-il moins bien contrôlé, la pression artérielle
est-elle moins bien traitée? Ces questions font l’objet d’une étude en
cours», annonce Idris Guessous.
Comment la Suisse
ressort-elle d’une comparaison avec les autres pays développés sur le
plan du renoncement aux soins? Ni mieux, ni pire… «C’est ce qui nous
interpelle. Car on parle d’un pays doté d’un système de santé
ultra-performant, souvent mis en exergue au niveau international – en
particulier par les Américains, qui sont en train de mettre en place le
plan Obamacare», relève Patrick Bodenmann.
Que faire? On
peut envisager d’intervenir sur le système «assécurologique», comme on
dit (les caisses maladie, leur financement et leurs prestations), ou au
niveau du médecin de famille. «C’est légitime et même bénéfique que le
système comporte des outils qui évitent la surconsommation, avance Idris
Guessous. Mais renoncer à des soins pour des raisons économiques pose
un vrai problème. Cela signifie qu’on ne régule pas l’accès aux soins
par des arguments d’utilité médicale, mais par le niveau
socio-économique du patient. Ce qui est d’autant moins acceptable que
tout le monde contribue de la même façon, en payant des primes qui ne
sont pas proportionnelles au revenu… Indexer la prime et/ou la
quote-part sur le revenu ne me semblerait pas illégitime.»Et du côté des cabinets? «On peut anticiper, voir si le médecin de
famille est en mesure d’évaluer la réalité sociale du patient,
travailler en réseau et en interdisciplinarité – en particulier avec nos
collègues assistants sociaux, suggère Patrick Bodenmann. Le médecin
fait déjà beaucoup – mais il peut faire un petit bout de plus que ce
qu’il croit. C’est vers cela qu’on aimerait amener le lecteur.» http://www.letemps.ch/Page/Uuid/32e6880e-3850-11e4-8c03-d377f99f2a56|2 SAnté
lundi 26
mai 2014
L’Alliance GAVI travaille à ce que le monde entier ait accès aux vaccins
Seth Berkley, directeur de l’Alliance GAVI. (Eddy Mottaz)
Depuis l’an 2000, l’Alliance GAVI, basée à Genève, veut accélérer
les progrès dans le domaine de la vaccination. Son objectif: sauver cinq
à six millions de vies supplémentaires. Son directeur, le médecin
américain Seth Berkley, explique comment son institution veut utiliser
les 7,5 milliards de dollars nécessaires, et pour lesquels une campagne
de levée de fonds a été lancée le 20 mai à Bruxelles
Vacciner 300 millions d’enfants supplémentaires contre
des maladies mortelles et sauver cinq à six millions de vies entre 2016
et 2020: c’est l’ambition de l’Alliance GAVI.
Ce partenariat public-privé, créé en 2000, veut accélérer les progrès
dans le domaine de la vaccination. Il a lancé le 20 mai sa campagne de
levée de fonds. En 2013, l’OMS estimait que GAVI avait, depuis sa
création, permis d’éviter à six millions d’enfants une mort prématurée.
Son directeur depuis août 2011 est Seth Berkley. Cet Américain de 58 ans, épidémiologiste de formation, a été nommé en 2005 par Time parmi les «100 personnalités les plus influentes de la planète», et la revue Fortune l’a choisi en 2010 comme l’un des «Visionnaires» de son Forum global. Le Temps: Comment fonctionne l’Alliance GAVI? Seth Berkley:
A l’époque, les pays en développement devaient attendre 10 à
20 ans pour bénéficier des vaccins nouvellement développés, alors que ce
sont souvent eux qui en ont le plus besoin. GAVI a été créée pour
changer cela. Notre rôle est d’abord d’analyser l’efficacité, les coûts,
l’utilité d’un vaccin. Nous aidons ensuite les pays qui demandent à en
bénéficier à mettre en place les infrastructures pour le distribuer
(chaîne du froid, formation du personnel de santé, monitoring, etc.).
Enfin, nous les aidons à se procurer les doses, à travers une autre
agence, souvent l’Unicef. Un aspect crucial est que tous les pays
intéressés doivent participer financièrement à l’acquisition de ces
vaccins. Les plus pauvres le font d’abord modestement (20 centimes de
dollar par dose). Puis, au fur et à mesure qu’un pays prospère, il paie
davantage pour, enfin, s’approprier les programmes de vaccination.
L’idée majeure est de faire comprendre la valeur des vaccins. D’ici à
2020, il est prévu que 22 pays ne soient plus éligibles au soutien de
GAVI, et financent eux-mêmes les vaccins. Cela ouvrira une nouvelle ère
de pérennisation de la vaccination. – Un exemple de succès?
– La Chine connaissait jadis entre 260 000 et 275 000
cas de cancer du foie par an, dus à des infections par hépatite B. Nous
avons travaillé dans l’ouest du pays pour atteindre un haut taux
d’immunisation et bloquer la transmission de la mère à l’enfant. De 10%
d’enfants infectés, nous sommes passés à 1%, voire moins; cette
affection est en train d’y disparaître. Et, plus important, le
gouvernement assure maintenant seul la diffusion du vaccin dans tout le
pays. De manière générale, la vaccination contre l’hépatite B, appliquée
dans les 73 pays que GAVI soutient, à l’exception pour l’instant du
Soudan du Sud, démontre l’efficacité de notre modèle, puisque davantage
de pays à bas PIB y ont accès que de nations à hauts revenus. Ceci aussi
grâce aux bas prix que nous obtenons. – Comment?
– GAVI a mis en place un système de projection des
besoins de vaccins: il permet aux firmes pharmaceutiques de bien mieux
planifier la production. Et vu que nous gérons l’achat de vaccins pour
60% des enfants du monde, nous pouvons négocier les prix. Ce d’autant
que ces sociétés sont représentées dans notre conseil d’administration –
à l’époque, elles s’observaient en chiens de faïence avec le secteur
public. Enfin, elles participent aussi à développer les vaccins. Ainsi,
un vaccin spécial contre la méningite a été mis au point spécialement pour l’Afrique. Et il résiste pendant quatre jours sans chaîne du froid. Il a déjà été injecté à plus de 150 millions de personnes - Malgré les campagnes de vaccination, il reste difficile d’éradiquer une
maladie. Cela se vérifie avec la polio qui, bien que sur le point
d’être éradiquée, resurgit…
– C’est vrai, éradiquer une maladie reste difficile. Dans le cas de la polio, deux facteurs ont joué. Le
premier est lié à la vaccination de routine, qui se fait en principe
chez tous les bébés, et qui doit assurer un haut niveau de protection
dans la population. Dans ce cas, on peut alors mener des actions
d’immunisation régionales ciblées. Or de plus en plus, ce sont les
campagnes ponctuelles qui prévalent alors que le taux de couverture de
la vaccination de base est très faible – dans certains Etats du Nigeria,
il est de 2%.
Deuxièmement, les stratégies d’éradication finale
doivent être mises en place, ce qui est complexe: il faut utiliser le
vaccin anti-polio administré par injection, qui annihile le vecteur
infectieux, plutôt que celui par voie orale, qui protège contre la
maladie mais n’empêche pas sa transmission dans les zones à bas taux de
couverture vaccinale. GAVI a prévu de venir soutenir l’effort mondial
d’éradication en accélérant l’introduction du vaccin par injection dans
les pays pauvres durant les deux ans à venir. – L’une de vos priorités est celle de la vaccination contre le virus HPV, induisant le cancer du col de l’utérus. Ce vaccin ayant suscité la polémique dans les pays riches, une telle démarche est-elle facile à mener dans les ceux en voie de développement?
– Il n’y a pas de débat autour de la nécessité: si, dans les
pays riches, les femmes ont divers moyens de lutte (frottis de
dépistage, intervention chirurgicale, traitement oncologique), pour
celles des pays en voie de développement, une infection au HPV conduit
souvent à une mort lente et douloureuse. Le vaccin constituant le seul
palliatif, notre travail de conviction est moindre. Par contre, ce
vaccin n’étant pas administré à des enfants (un acte traditionnellement bien accepté
) mais à des jeunes filles, nous devons montrer qu’organiser sa
distribution et toucher les bonnes personnes est faisable. Nous le
ferons avec des projets de démonstration régionaux, à partir desquels
nous apprendrons à procéder au mieux, et qui seront ensuite étendus.
D’ici à 2020, nous espérons immuniser 30 millions de filles dans 40
pays.
De manière générale, les campagnes massives, malgré
les polémiques occidentales entourant parfois les vaccins, sont bien
acceptées, car dans la population des pays en développement, l’accès aux
vaccins est le signe d’une médecine moderne et d’un système de santé
efficace. Cela dit, nous sommes confrontés à des questions qui
n’apparaissaient pas avant, tant circulent sur Internet des informations
erronées; mais concernant les maladies principales, les médecins et
ministères de santé apportent des données correctes.
Enfin, le vrai défi est toujours d’atteindre les zones les plus reculées, donc d’optimiser les systèmes de distribution. –
Lors de votre appel à vos partenaires (Banque mondiale, Fondation
Gates, etc.) et aux gouvernements, vous demandiez 7,5 milliards de
dollars d’investissements additionnels pour la période 2016-2020. Quel
fut l’accueil?
– Il est clair que l’on vit une période de crise
économiquement difficile. Mais les gouvernements savent que GAVI est
l’une des institutions les plus efficientes (97% de l’argent accordé va
aux programmes) et que c’est de l’argent bien dépensé. Je suis plein
d’espoir – lors de notre dernière levée de fonds, nous avions reçu plus
que demandé – mais aussi d’humilité. Nous encourageons aussi les pays en
voie de développement à augmenter sur la durée leurs budgets pour les
vaccinations de routine systématique, de manière à les pérenniser, même
après qu’ils ne sont plus soutenus par GAVI. Car même si leur situation
se dégrade par la suite, nous serons à nouveau là pour les aider. Or,
sur ce point aussi, nous sommes optimistes: lors d’une conférence à
Abuja, les pays d’Afrique se sont engagés à participer à hauteur de
700 millions de dollars durant les cinq prochaines années. – Et la Suisse, contribue-t-elle?
– Indirectement pour l’instant en hébergeant GAVI, par
le biais d’exemptions fiscales. Le fait que GAVI se trouve à Genève,
l’une des deux capitales des relations internationales, est par ailleurs
crucial: cela nous permet de travailler en grande proximité avec nos
partenaires (OMS, Unicef, etc.), de profiter d’un personnel et d’experts
internationaux très qualifiés, et de pouvoir discuter avec les nombreux
politiciens qui viennent rendre visite aux organisations
internationales sises ici. Il y a dans cette ville une excellente
convergence de gens et d’idées.
Les aides géographiques de l’UE
Thierry Barbé, Coordinateur géographique pour l’Afrique de l’Ouest, Office de coopération EuropeAid
Quels sont les thèmes prioritaires dans les programmes de financement de l’UE en faveur de l\'Afrique de l\'Ouest?
Grosso modo, les aides géographiques d’EuropeAid – qui proviennent du
Fonds Européen de Développement (FED) destinés aux pays Afrique Caraïbe
Pacifique (ACP) - peuvent être divisées en trois parties. D’abord, les
aides budgétaires qui représentent des injections financières directes
dans les budgets nationaux des pays bénéficiaires débloquées par la
Commission européenne afin d\'améliorer les facteurs généraux auxquels
un pays donné fait face : secteurs sociaux, lutte contre la corruption
etc. Ces aides s’élèvent à un tiers du budget total des aides
géographiques de la Commission dans cette région.
Un autre tiers est réservé au développement de l’infrastructure dans les
pays concernés : construction des routes, des hôpitaux, des
infrastructures d\'accès à l\'eau potable et à d\'assainissement,
développement des transports, développement des infrastructures de
l\'énergie, notamment électriques, …A titre d’exemple un peut citer ici
la mise en œuvre de système de transport reliant les ports maritimes aux
grandes villes des pays enclavés comme le Burkina Faso, le Niger, le
Mali etc.
Enfin, le dernier tiers des aides est débloqué sous forme
d’assistance financière fournie dans de nombreux domaines répondant aux
questions de gouvernance tels que la santé, l’éducation, l’agriculture,
le développement rural, les élections, la gestion financière ou encore
la justice, les statistiques, les activités des acteurs
non-gouvernementaux et le commerce.
Ces thèmes sont définis en fonction des priorités, des demandes locales
dans les pays bénéficiaires. Considérant que l’intégration économique
est un des principaux fondements de son intervention dans le cadre du
développement, la Commission européenne souhaite encourager, à travers
ses aides, l’intégration régionale des pays dans lesquels elle
intervient.
Y a-t-l une corrélation entre les aides géographiques et les aides
débloquées dans le cadre des programmes thématiques de l’UE ?
L’interaction des deux volets des aides de l’UE que vous avez
mentionnés est définie entre autre par le Code de Conduite des pays de
l\'Union européenne et de la Commission européenne pour la Division du
Travail qui prescrit une logique de complémentarité lors de la
programmation et de la mise en œuvre des interventions de l’UE quelle
que soit leur origine(aide géographique ou thématique). Nous visons
ainsi cette complémentarité et essayons de faire en sorte que nos
activités ne rentrent pas en contradiction avec les programmes
indicatifs adoptés et avec les interventions des autres Etats membres de
l\'Union. Il est à noter que la plupart des aides géographiques
débloquées en Afrique de l’Ouest sont financées par le FED, un des
instruments financiers de l’UE en matière de développement. De façon
générale, les programmes des aides géographiques sont élaborés en
étroite relation avec les pays bénéficiaires, en tenant compte de leurs
besoins, de leurs demandes, des nécessités réelles dans ces pays, ce qui
les rend cohérents et plus conséquents. Etant plus globaux, les
programmes thématiques sont, quant à eux, préparés le plus souvent au
sein de la Commission européenne, et s’appuient moins sur les
spécificités des pays auxquels ils s’adressent.
Les acteurs européens (entreprises, acteurs non-étatiques,
associations…) peuvent-ils intervenir dans le cadre de vos activités en
Afrique de l’Ouest ?
Tout à fait ! Non seulement ils peuvent participer aux projets, leur
implication est fortement encouragée et bienvenue. Cela va dans le sens
des dispositions de l’Accord de Cotonou qui stipule que les produits et
les services provenant des pays signataires, c\'est à dire européens et
en provenance des pays ACP sont éligibles à un financement du FED sur un
pied d’égalité. Aujourd’hui, nous nous efforçons de faire en sorte que
le nombre des intervenants européens (et non seulement européens mais du
monde entier aussi) augmente. Nous ressentons surtout un manque
d’acteurs spécialisés et compétents présents dans la construction et le
BTP dans l’Afrique de l’Ouest. S’agissant des subventions, ce sont
surtout les organismes non-étatiques et non-commerciaux qui peuvent
bénéficier de soutien financier dans le cadre des aides géographiques
mais aussi dans le cadre des programmes thématiques.
Si vous deviez donner un conseil à un organisme souhaitant candidater
pour les activités que vous avez évoquées, quel serait-il ?
Suivre l’information, se tenir au courant des appels à projets qui sont
lancés par EuropeAid, c’est essentiel pour réussir à se rendre visible
et à obtenir un marché. Il est également important de connaître les
grands programmes (nationaux, régionaux et thématiques) qui régissent
les interventions et les aides de l’UE dans une région ou un pays donné.
Comme j’ai déjà dit, nous encourageons l’implication des entreprises ou
d’acteurs non-étatiques dans nos activités et les y incitons. http://fr.welcomeurope.com/interview-europe/aides-geographiques-ue-152+52.html#afficherTexte
Depuis 2008, l’Agence Française de Développement finance un
projet de veille sanitaire dans l’Océan Indien unique en son genre. Il
vise en effet à mettre en réseau les services publics de surveillance
des maladies et à développer une veille sanitaire active.
Un séminaire sur la régulation des
dépenses pharmaceutiques organisé par l’AFD, a réuni à Bogota les 23 et
24 janvier derniers une cinquantaine de techniciens colombiens, autour
de 4 experts français du médicament, dans le cadre de la coopération
franco-colombienne en matière de sécurité sociale en santé.
Janvier 2014 | Jean-Paul SEILLER, Dominique LECHEVIN, Alain GRANEL, Fabrice ALCANDRE, consultants, C2G
Coordination: Paul-Jean REMY et Bertrand SAVOYE, Division Evaluation et Capitalisation, AFD
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est un
établissement régional bien établi, dont la réputation est positive,
aussi bien auprès de ses Etats membres qu’auprès de ses partenaires
financiers ou de ses emprunteurs. L'AFD l’a accompagnée de façon
régulière et significative tout au long de son histoire. C’est dans ce
contexte que l’Agence a commandé une mission d’évaluation, à la fois sur
le fonctionnement pratique de sa coopération à travers les lignes de
crédits octroyées et sur les formes qu’elle pourrait prendre à l’avenir,
pour accompagner la Banque dans son développement.
Alors que l'AFD a financé le secteur de la santé en Outre-mer à
hauteur de 40 millions d’euros par an depuis 1999, l'exercice 2013 a
affiché un montant record de 129 millions d’euros d'autorisation de
financement et a confirmé le renforcement du rôle d’appui-conseil de
l’AFD.
Organisées conjointement par l’AFD et la Fédération Hospitalière
de France (FHF), les rencontres de la coopération hospitalière
Mali-France se sont déroulées du 14 au 16 janvier 2014 au Centre
International de Conférence de Bamako.
Dans la Région des Grands Lacs en Côte d’Ivoire, le CIDR
développe, avec l’appui de l’AFD, un dispositif innovant visant à
promouvoir un partenariat avec des entreprises privées et un réseau
régional de mutuelles de santé. Il s’inscrit dans le contexte de la mise
en place prochaine de la Couverture maladie universelle (CMU) décidée
par le gouvernement ivoirien.
Infographie : Les résultats de l’action de l’AFD en 2012
Conformément à la décision du gouvernement « d’améliorer
l'efficacité, la redevabilité et la transparence de notre politique »,
et de produire tous les deux ans un rapport public sur les évaluations
des résultats des interventions au titre de l’aide publique au
développement française, cette infographie présente les résultats de
développement effectifs obtenus lors de l’année 2012 grâce aux projets
et programmes financés par l’AFD dans les Etats étrangers.
Pour en savoir plus: lire l'entretien
avec Anne Paugam, directrice générale de l'AFD, « Ce sont bien les
impacts de développement au bénéfice des populations que nous visons ».
► Lutter contre la pauvreté et les inégalités [+]
► Promouvoir une croissance verte et solidaire [+]
► Relever les défis communs du Nord et du Sud [+]
Santé
mercredi 09
avril 2014
Comment les hôpitaux ont perdu la guerre des tarifs
Le Tribunal administratif fédéral va prochainement éclaircir les
conditions de fixation des tarifs de référence pour l’avenir. Les enjeux
financiers sont énormes. Sous pression, les HUG ont accepté un tarif de
base bien au-dessous de leurs prétentions initiales. Le CHUV avait déjà
fait le pas. Les deux hôpitaux envisagent des collaborations élargies
Le brouillard est en train de se lever dans la mise en œuvre
du nouveau financement des hôpitaux entré en vigueur en 2012. Après le
CHUV lausannois et l’Hôpital universitaire de Bâle, les Hôpitaux
universitaires genevois (HUG) ont annoncé le 19 mars qu’ils avaient
trouvé un arrangement avec les principaux assureurs maladie. Au terme
d’une âpre négociation, ils se sont mis d’accord sur un tarif de base
(«baserate») échelonné qui détermine le prix des hospitalisations de
soins aigus: 10 800 francs pour 2012, 10 600 francs pour 2013,
10 500 francs pour 2014 et 10 400 francs pour 2015.
Cet épilogue
aurait paru improbable il y a deux ans. Avec la convention signée par
les HUG, trois hôpitaux universitaires sur cinq – Berne et Zurich n’ont
pas trouvé d’accord tarifaire – s’accommodent d’un tarif nettement
inférieur à leurs prétentions initiales. Courant 2012, les cinq
établissements avaient exigé d’une seule voix un tarif de base
de 11 400 francs pour ne pas être étranglés financièrement. Une exigence
liée à la prise en charge des cas hautement spécialisés et complexes
qui, soulignent-ils, entraînent des coûts 20% plus élevés que dans les
hôpitaux régionaux. Ils demandent donc «une différenciation renforcée»
du tarif de base entre les différents hôpitaux. Tarifsuisse,
qui regroupe la majorité des assureurs, avait refusé d’entrer en
matière. «Un montant de 11 400 francs ne respecte pas les critères
d’efficacité et d’économicité fixés par la LAMal», indique Daniel
Wiedmer, responsable communication et politique de Tarifsuisse. Le
surveillant des prix, Stefan Meierhans, partage cette analyse. Invité à
donner un avis consultatif sur la question, il considère qu’un tarif de
base de 9674 francs est «suffisant» pour les hôpitaux universitaires.
L’introduction
de la notion d’économicité des prestations était une des principales
volontés du parlement quand il a adopté en 2007 le système des forfaits
par cas. Désormais, il ne s’agit plus de rembourser les coûts effectifs
des hôpitaux mais le «juste prix» des prestations fournies. Une
obligation notamment définie par l’article 32 de la LAMal, qui exige que
les prestations soient «efficaces, appropriées et économiques».
ÉconomieSuivi des Contrats de Désendettement
et de Développement (C2D) pour la Côte d’Ivoire - la Plateforme Dette et
Développement française (PFDD) se retire provisoirement.
Jeudi 10 juillet se tient au Cameroun le premier Comité d’organisation
stratégique (COS) de l’année 2014, dont l’objectif est d’assurer le
suivi des Contrats de Désendettement et de Développement [1]. A cette
occasion, la Plateforme Dette et Développement a alerté les pouvoirs
publics français sur les graves dysfonctionnements, tant au Cameroun
qu’en Côte d’Ivoire, des instances de ce processus de désendettement,
initié en 2006 et censé pleinement impliquer les sociétés civiles de
façon à garantir un contrôle citoyen sur les fonds reversés par l’État
français.
L’engagement de pleine association des sociétés civiles à l’élaboration
et au suivi des Contrats de Désendettement et de Développement (C2D) est
la raison pour laquelle la Plateforme Dette et Développement française
(PFDD) a accepté de s’engager dans ce processus aux côtés de ses
partenaires africains, alors même qu’elle considère que ce mécanisme,
qui consacre le droit de regard de la France sur les fonds restitués, ne
peut s’apparenter à une véritable annulation de la dette. Aujourd’hui,
cet engagement n’a pas été tenu, au Cameroun comme en Côte d’Ivoire,
remettant en cause le principe même des C2D.
Au Cameroun, et ce malgré près de sept années d’interpellation des
Plateformes camerounaise comme française, les conditions d’une véritable
participation des représentants de la société civile ne sont pas
réunies : les invitations aux sessions du Comité d’orientation
stratégique (COS) ne parviennent aux intéressés que quelques jours avant
la date prévue de la réunion, sans être accompagnées d’aucun document,
ce qui empêche une préparation constructive et concertée par les
collectifs français et camerounais. Le représentant camerounais n’est
invité que de manière aléatoire aux réunions du Comité Technique
Bilatéral (CTB), instance chargée du suivi technique et administratif du
C2D, dans lesquels il n’a qu’un statut d’observateur. De plus, le
financement des activités du suivi indépendant, réalisé par la
plateforme dette camerounaise et en principe financé sur des fonds du
C2D, accuse de graves retards.
En Côte d’Ivoire, la volonté de tenir la société civile en marge de ce
processus, dont les montants sont considérables, est encore plus
manifeste. En témoigne le refus du gouvernement ivoirien d’inviter aux
instances de décision et d’orientation les représentants de la
Convention de la Société Civile ivoirienne (CSCI), la plus grande
coalition d’acteurs de la société civile en Côte d’Ivoire. L’argument
utilisé du doute quant à la légalité des instances de coordination de la
CSCI ne tient pas, comme l’a d’ailleurs confirmé un récent arrêt de la
chambre administrative de la Cour Suprême de Côte d’Ivoire [2]. Cela
amène la PFDD française à se retirer provisoirement du processus et à
conditionner sa réintégration à l'association pleine et entière de la
CSCI dans le pilotage du C2D.
Sans la participation de la société civile, l’un des engagements pris
par les autorités françaises lors de la signature de ce contrat entre la
France et la Côte d’Ivoire n’est pas honoré. Cela devrait conduire de
fait à une suspension temporaire du C2D ivoirien le temps que soit
régularisée cette situation.
La PFDD a donc interpellé les pouvoirs publics français pour qu’ils
cessent de cautionner la mise à l’écart des représentants des sociétés
civiles du Sud et qu’ils exigent que l’engagement de leur pleine
association soit respecté : c’est une condition intangible pour que les
C2D puissent contribuer à l’intérêt des populations et au renforcement
de la démocratie, et non à des manœuvres politiques partisanes ou à des
investissements productifs peu utiles en termes de développement.