mercredi 24 septembre 2014

QUELLE MEDECINE DEMAIN?

Cuvée 2013 de l’internat : les futurs médecins optent pour les spécialités rémunératrices ou confortables

 Fin septembre s’est achevée la procédure de choix des étudiants en médecine ayant passé avec succès les épreuves classantes nationales (ECN), l’ex-concours de l’internat. Les 8 001 étudiants officiellement déclarés reçus, début juillet, ont donc dû choisir parmi les 7 820 postes d’internes (moins que de candidats mais la différence s’explique en partie par la filière de médecine militaire, comptabilisée à part) en hôpital proposés par le ministère de la santé, les mieux classés ayant priorité pour exercer le choix de leur spécialité et de leur ville. Depuis 2011, cette procédure pilotée par le Centre national de gestion (CNG) est entièrement automatisée et s’effectue à distance, depuis un ordinateur. Le traditionnel amphi de garnison qui réunissait, autrefois, tous les reçus est désormais virtuel : 7 562 postes ont été pourvus, soit presque 97%.
Trio gagnant : Ophtalmo, dermato, radiologie
Le palmarès des spécialités choisies recoupe à peu près la hiérarchie des rémunérations des futurs médecins Arrivent ainsi en tête l’ophtalmologie, pour laquelle il fallait être classé avant le 2148ème rang pour avoir une chance de décrocher un poste, la dermatologie (dernier classé, le 2893ème) puis la radiologie (2998ème), la cardiologie (3040ème) et la gastro-entérologie (3273ème) ou l’anesthésie (3730ème).
Lorsqu’on examine les revenus des médecins libéraux, selon les statistiques de la Dress (chiffres 2011), ce sont les radiologues les mieux payés (217 910 euros annuels), puis les anesthésistes (190 200), les ophtalmologues (145 870), les chirurgiens (132 490 euros) et les cardiologues (120 830). Les dermatologues pointent à l’avant dernière place quant aux rémunérations, avec 64 270 euros, le confort d’une vie professionnelle avec peu d’urgences expliquant sans doute l’attrait de cette discipline auprès des futurs médecins.
En queue : psychiatrie,médecine générale et médecine du travail
Chaque année, le classement et les choix des étudiants réservent quelques surprises. Une étudiante très bien placée, en 490ème position, et qui avait donc le choix le plus large, a préféré la peu prisée médecine générale, qui reste pourtant le dernier choix.
Le peloton de queue regroupe médecine de travail, santé publique, psychiatrie et médecine générale où 168 postes sur les 3 799 offerts n’ont pas été pourvus. Le revenu moyen annuel d'un généraliste exercant en libéral ressort à 71 320 euros . La psychiatrie est la moins bien rémunérée, à 63 030 euros par an. Enfin, la médecine du travail, spécialité offrant pourtant confort de vie et rémunération, est délaissée, toute comme la médecine de santé publique. « C’est dommage car la santé publique, que j’ai moi même choisie, est très intéressante, mais les étudiants ne connaissent pas ces métiers, leurs études ne les mettant pas en contact avec eux », regrette Michel Benzaqui, interne en médecine et vice-président de l’université Paris Diderot, où il représente les étudiants.
 Les contrats de service public n'attirent toujours pas
A noter : sur les 83 postes offerts dans le cadre des Contrats d’engagements de services publics (CESP), 26, soit un petit tiers, n’ont pas trouvé preneurs. Ces contrats assurent aux étudiants un salaire de 1 200 euros bruts, par mois, pendant toute leur formation en contrepartie d’un engagement, une fois devenus médecins, à exercer dans les zones déficitaires durant le même nombre d’années qu’a duré cette aide. La ministre de la santé, Marisol Touraine, espère conclure 1 500 de ces contrats d’ici 2017, mais cette mesure incitative suffira-t-elle à combler les déserts médicaux ?

Isabelle Rey-Lefebvre
http://enseignementsup.blog.lemonde.fr/2013/09/28/cuvee-2013-de-linternat-les-futurs-medecins-optent-pour-les-specialites-remuneratrices-ou-confortables/ 

Médecine jeudi 19 septembre 2013

«A l’hôpital, tout accroc devrait être signalé»

Olivier Guillod: «La plupart des catastrophes sont liées à une accumulation de petits grains de sable.» (Pablo Fernandez)
Olivier Guillod: «La plupart des catastrophes sont liées à une accumulation de petits grains de sable.» (Pablo Fernandez)
Les erreurs médicales causent chaque année de 1500 à 2000 décès dans les hôpitaux suisses. Un chercheur de l’Université de Neuchâtel leur consacre une étude
Olivier Guillod est un pionnier. Il y a 20 ans, au retour d’un séjour aux Etats-Unis, il a créé l’Institut de droit de la santé de l’Université de Neuchâtel, qui est désormais une référence reconnue, unique en Suisse par la multiplicité de ses champs de recherche. A 57 ans, le professeur neuchâtelois a lancé une étude sur les erreurs médicales dans les hôpitaux. Le projet vient de recevoir un subside de 177 000 francs du Fonds national suisse. Les résultats sont attendus pour l’été 2015.
Le Temps: Dans la présentation de votre étude, vous indiquez que 1500 à 2000 personnes meurent chaque année dans les hôpitaux suisses en raison d’erreurs médicales. Ce nombre est-il en augmentation?
Olivier Guillod: Il est impossible de le dire. En Suisse, nous n’avons pas de données fiables en la matière. Ces estimations découlent d’extrapolations réalisées sur la base d’expériences menées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Il vaudrait la peine d’avoir de meilleures données. Pour cela, il faudrait mettre en place un projet ambitieux, avec une collaboration entre médecins, sociologues, économistes et juristes.
– Quelle différence y a-t-il entre une erreur et une faute médicale?
– Pour qu’il y ait faute, il faut qu’un médecin n’ait pas pris les précautions nécessaires. Il doit alors réparer le dommage, aussi bien en matière pénale que civile. La plupart des catastrophes ne sont pas liées à une faute, mais à une accumulation de ce que j’appelle des petits grains de sable: un soignant oublie de prendre une précaution, un autre omet de vérifier et le troisième fait confiance au second parce qu’il n’a pas le temps… Résultat, le patient décède ou est gravement atteint. Quand il y a une telle erreur, les médecins ne savent pas s’ils sont juridiquement responsables. Du coup, ils ont tendance à ne rien dire. On ne sait donc pas ce qui se passe dans les hôpitaux. Les comportements erronés, qui n’ont le plus souvent pas de conséquences, peuvent se reproduire et avoir des effets dramatiques.
– De nombreux médecins ont l’impression de ne pas avoir le droit à l’erreur et de faire l’objet de procédures pénales beaucoup plus souvent qu’il y a vingt ans. Existe-t-il des chiffres qui accréditent ce sentiment?

– J’ai entendu cela aussi, mais sans pouvoir le documenter pour le moment. Dans le cadre de notre étude, j’espère obtenir des données sur une éventuelle augmentation des procédures civiles et pénales. Aujourd’hui, en cas d’erreur médicale, certains avocats commencent par déposer une plainte pénale. Leur objectif est d’obtenir un dédommagement au civil, mais ils commencent par le pénal. Ensuite, le procureur va mener l’instruction, demander des expertises à la charge de l’Etat. L’avocat utilise ensuite le dossier pénal pour obtenir une indemnité devant la juridiction civile. C’est de la pure tactique juridique.
– La justice est-elle toujours à même de déterminer la responsabilité pénale des médecins au vu de la complexité de la chaîne de soins?
– C’est un problème qui se pose aussi bien au pénal qu’au civil. Aux Etats-Unis, des études rétrospectives menées par des équipes d’experts ont montré que les tribunaux sont assez mauvais pour dire si un médecin a vraiment commis une faute. Le système actuel repose sur une fiction: les tribunaux ne sont souvent pas capables de dire s’il y a eu faute ou non. Ils basent leurs décisions sur des expertises. Des expertises souvent contradictoires… Le processus d’établissement de la faute est très difficile. A mon avis, quand un patient est victime d’un accident à l’hôpital, il faudrait pouvoir le dédommager via un fonds d’indemnisation, sans se préoccuper de savoir qui a commis une faute. Une fois l’indemnisation réalisée, on peut se poser la question de savoir s’il y a eu des manquements dans le suivi du cas. Et prendre des sanctions disciplinaires s’il le faut. A l’étranger, des modèles existent déjà où l’indemnisation du patient est déconnectée de la recherche d’un fautif. En Belgique, par exemple, un patient qui contracte une infection nosocomiale est indemnisé. En Suisse, ce n’est pas le cas, alors que cela concerne de manière incompressible de 5% à 7% des patients hospitalisés.
– Vous l’avez dit, les médecins n’aiment pas parler de leurs éventuelles erreurs. Comment améliorer la transparence dans les hôpitaux?
– Dans la culture médicale traditionnelle, un bon médecin est un médecin qui ne se trompe pas. S’il se trompe, il est mauvais. Cela induit des comportements d’opacité. Pour l’éviter, une des réponses serait de mettre en place des incitations pour que tous les incidents indésirables qui se produisent dans un hôpital soient listés. Cela permet de prendre des mesures de correction, comme cela se fait dans l’aviation. Le canton du Valais l’a fait dans sa loi. Les professionnels de la santé doivent déclarer tous les accrocs de la vie hospitalière. Il y a ensuite une analyse et un retour pour améliorer la pratique. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, une politique de transparence avec des propositions systématiques d’indemnisation coûte moins cher que la négation ou la dissimulation des problèmes. Quand un médecin reconnaît une erreur, les patients sont satisfaits. Ils souhaitent parfois juste recevoir des excuses.
– Faut-il intégrer la culture de l’erreur dans la formation des médecins?
– Absolument, ils doivent comprendre que se tromper ne signifie pas être mauvais. Ils doivent aussi apprendre à mieux communiquer. Il y a de grosses lacunes dans ce domaine, que ce soit pour annoncer de mauvaises nouvelles ou pour admettre avoir commis une erreur. Des études américaines montrent que c’est un moment crucial. Il faut absolument le faire dans les heures qui suivent.
– La situation évolue-t-elle?
– Oui, cela commence. Des formations se mettent en place. La Fondation pour la sécurité des patients donne depuis quelques années des cours de formation continue sur ces thématiques. Cela devrait être intégré dans le cursus universitaire. Mais je ne me fais pas d’illusions. On parle de culture professionnelle: le changement ne se fera pas en une année ou deux. Il faudra une génération pour que les réflexes se modifient
.http://letemps.ch/Page/Uuid/ba41b658-2095-11e3-9c11-29388bb52e49|2#.Ujr82X8_LKE

Douleurs rebelles: un mécanisme élucidé

Coupe d’un ganglion du nerf rachidien d’une souris. Les cellules nerveuses spécialisées dans la perception de la douleur apparaissent colorées en rouge grâce à l’emploi d’un marqueur fluorescent. (Cédric Laedermann)
Coupe d’un ganglion du nerf rachidien d’une souris. Les cellules nerveuses spécialisées dans la perception de la douleur apparaissent colorées en rouge grâce à l’emploi d’un marqueur fluorescent. (Cédric Laedermann)
Une étude suisse révèle un des processus en cause dans les douleurs neuropathiques, un type de douleur fréquent mais difficile à soulager
Sensations de brûlure intense, picotements, coups de poignard, décharges électriques… voilà comment les personnes qui souffrent de douleurs dites «neuropathiques» décrivent leurs symptômes. Ces douleurs courantes dans la population peuvent avoir de multiples causes. Mais elles demeurent mal comprises et difficiles à soulager. Une étude réalisée par une équipe suisse et publiée dans le Journal of Clinical Investigation (JCI) vient d’identifier un des mécanismes à l’origine de ces douleurs chez la souris. Au-delà de la connaissance fondamentale des processus douloureux, ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.
En Suisse, 20% de la population souffrent de douleurs chroniques, c’est-à-dire qui persistent au-delà de trois mois. Chez un tiers de ces personnes, les douleurs sont dites neuropathiques: elles résultent d’une lésion ou d’une maladie du système nerveux, qui provoque un dysfonctionnement de la perception de la douleur. Le cerveau reçoit alors régulièrement un signal d’alarme qui n’a pourtant pas lieu d’être.
Un grand nombre de pathologies ou de traumatismes entraîne des douleurs neuropathiques. Celles-ci surviennent notamment après des fractures ou amputations, lorsque des nerfs ont été sectionnés. Ou à l’issue d’interventions chirurgicales, qui peuvent causer des lésions nerveuses. Ces douleurs se produisent aussi chez des personnes souffrant d’une hernie discale, de sclérose en plaques, de diabète ou de zona. Une attaque cérébrale ou une chimiothérapie, enfin, peuvent les causer.
Les traitements actuels sont peu efficaces contre ce type de douleurs. Celles-ci ne répondent pas aux antalgiques classiques comme le paracétamol, et peu aux opiacés tels que la morphine. «Les médicaments les plus efficaces sont les antidépresseurs, car ils ont une action sur les voies de la douleur», explique Isabelle Décosterd, directrice du Centre d’antalgie du CHUV et de l’Université de Lausanne et coauteur de l’étude. Les différents traitements disponibles ne permettent d’atténuer les symptômes que chez moins de la moitié des patients. «Nous sommes assez désarmés face à ces douleurs.»
De nombreux laboratoires tentent d’élucider leurs mécanismes d’apparition, dans l’optique de développer de nouvelles thérapies. «On sait que deux phénomènes cohabitent dans les douleurs neuropathiques, dit Didier Bouhassira, neurologue au Centre d’évaluation et de traitement de la douleur à l’Hôpital Ambroise Paré, à Paris. D’une part, il y a une hyperexcitabilité des neurones chargés de percevoir la douleur, et d’autre part une sensibilisation de la moelle épinière et du cerveau, qui intègrent les messages nerveux.»
Le travail de recherche codirigé par Isabelle Décosterd et Hugues Abriel de l’Université de Berne, s’est penché spécifiquement sur le phénomène d’hyperexcitabilité des neurones. Tout est parti de l’étude de petits canaux présents dans la membrane des neurones sensoriels et perméables aux ions sodium, les canaux sodiques. Quand ils s’ouvrent pour laisser passer les ions, un courant électrique se propage dans le neurone, donnant lieu à un signal de douleur. La sensibilité à la douleur est liée au nombre de ces canaux à la surface des cellules nerveuses.
C’est ce que montre l’étude de certaines maladies rares: «Dans une pathologie génétique qui se caractérise par un dysfonctionnement de certains canaux à sodium, les patients ne ressentent aucune douleur. Une autre maladie, dans laquelle ces canaux sont hyperactifs, occasionne une hypersensibilité à la douleur», relate Isabelle Décosterd. D’où l’intérêt des chercheurs à comprendre pourquoi ces canaux sont plus abondants chez les personnes souffrant de douleurs neuropathiques.
Dans leur étude, menée chez des souris qui avaient subi des lésions nerveuses, les chercheurs suisses ont identifié une molécule, nommée «ubiquitine ligase Nedd4-2», qui détermine le nombre de canaux sodiques à la surface des neurones sensoriels. Ils ont montré que les souris génétiquement modifiées pour ne pas fabriquer cette molécule présentaient un nombre très important de canaux à sodium. Des enregistrements de l’activité électrique de leurs neurones ont aussi révélé qu’ils généraient plus de courants que ceux des s
«Nos résultats suggèrent que Nedd4-2 agit normalement comme un frein qui limite le nombre de canaux sodiques à la surface des neurones, et réduit donc leur sensibilité», précise Cédric Laedermann, dont le travail de thèse a abouti à cette publication. Les scientifiques ont ensuite découvert qu’il était possible de rétablir la quantité de Nedd4-2 chez les souris qui en manquaient grâce à une thérapie génique. Les rongeurs ont alors vu le nombre de canaux sodiques se réduire dans leurs neurones. Les manifestations douloureuses ont aussi été atténuées.
Les auteurs de l’étude se félicitent d’avoir élucidé un des mécanismes intimes des douleurs neuropathiques, mais ils restent prudents quant à la portée thérapeutique de leur découverte. «La thérapie génique, qui nécessite l’utilisation d’un vecteur viral pour insérer un gène dans l’organisme du patient, est déjà utilisée contre les douleurs chroniques sous forme d’essais, mais davantage de recherches sont nécessaires avant de l’envisager comme traitement de routine», estime Isabelle Décosterd.
«On pourrait aussi imaginer utiliser un traitement plus conventionnel, dans lequel un médicament agirait directement sur le mécanisme de Nedd4-2 qui dysfonctionne chez les patients», suggère Didier Bouhassira. Le neurologue fait remarquer que les mécanismes en jeu dans la douleur pourraient être différents chez les souris et les êtres humains. Mais aussi que la molécule Nedd4-2 pourrait n’être impliquée que dans un certain type de douleurs neuropathiques, celles-ci formant un groupe très hétérogène.
ouris «normales». Sans surprise, ces souris génétiquement modifiées étaient hypersensibles à la douleur.
 http://letemps.ch/Page/Uuid/5592aa20-d787-11e2-9351-70a034f44d26/Douleurs_rebelles_un_m%C3%A9canisme_%C3%A9lucid%C3%A9#.UcCkydi0tuc

Traitement au cannabis : « Revivre normalement, sans douleurs et sans être stone »

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

samedi 23 août 2014

Faisons le point sur quelques mensonges au sujet du vagin

Faisons le point sur quelques mensonges au sujet du vagin

Publication: Mis à jour:
Print Article

Avertissement: Ce billet de blog contient un langage parfois cru.
Ma foufoune est triste, ce matin, après la lecture de ce qui suit: "Ne préféreriez-vous pas être celle dont les parties intimes ont une odeur et un goût délicieux?", peut-on lire d'entrée de jeu dans ce billet de blogue tout aussi irritant qu'offensant. Et c'est reparti: on répète une fois de plus aux femmes que leurs vulves et leurs vagins ne sont pas assez biens dans leur état naturel, que les femmes doivent les frotter, les épiler et les farcir de toutes sortes d'aliments. Non. Non. Non.
Le billet de blog en question s'intitule "How to Make Your Vagina Smell and Taste Delicious" (Comment donner une odeur et un goût délicieux à votre vagin), et, de toute évidence, cet article est nécessaire parce que A) votre vagin ne sent et n'a pas un bon goût naturellement, et B) vous devez au monde entier de lui conférer cette odeur et ce goût exquis. Cette constante mise au pilori de la foufoune m'épuise. Elle donne l'impression aux femmes, même les femmes qui aiment les femmes, que quelque chose cloche, comme si elles n'étaient pas dignes, comme si leur sexualité dépendait de l'approbation des autres concernant leurs parties intimes qui ne sont pas à la hauteur. Argh.
"Lavez-la!", écrit cette blogueuse. "La première étape pour avoir des parties intimes délicieusement parfumées est, de toute évidence, un lavage en profondeur au moins deux fois par jour." Faux. Votre vulve et votre vagin n'ont pas besoin d'être lavés en profondeur deux fois par jour. Ils ne sont pas sales. Je répète: à moins d'avoir tout juste terminé un marathon et vous être ensuite prélassée au soleil ou vous être roulée dans la boue pendant des heures, vos parties intimes ne sont pas sales par nature. Le vagin crée de façon autonome un environnement parfaitement équilibré. Nul besoin d'intervenir.
C'est ce genre de phrases qui augmente encore plus l'humiliation que bien des femmes ressentent en ce qui concerne leurs vulves et leurs vagins et, malheureusement, bon nombre de couples lesbiens ressentent également ce genre d'humiliation malgré la présence de deux vulves et deux vagins. Votre foufoune est parfaite. Elle a une apparence parfaite. Elle a une odeur parfaite. Et elle peut vous faire ressentir des sensations parfaitement merveilleuses. À moins d'une infection -- bactérienne ou autre --, tout ce dont elle a vraiment besoin, c'est d'un peu d'eau chaude lorsque vous prenez une douche. Point barre.
Il est vrai, comme l'explique la blogueuse, que les foufounes aiment le grand air et qu'elles n'aiment pas recevoir des produits sous forme de spray. Cela dit, et je le répète, il est faux de croire que cette blogueuse ou qui que ce soit d'autre peut dicter vos choix en matière de sous-vêtements ou de lessive. J'ignore quel détergent cette blogueuse utilise, mais le mien ne m'a jamais conféré une odeur fraîche à ma foufoune (note: ne mettez jamais de l'assouplissant dans votre vagin). Mes strings en dentelle sont faits de coton ou possèdent une doublure de coton. J'en suis fort satisfaite.
"Épilez-vous! La sueur cause les odeurs et les poils pubiens retiennent la sueur. En vous épilant, la possibilité de sentir mauvais à cause de la sueur est considérablement réduite et, à mon avis, un vagin épilé est plus esthétiquement agréable à regarder." La seule chose que j'ai vraiment envie de répondre à cela est "Va te faire f*****!". Premièrement, on ne peut pas épiler un vagin, le vagin n'a aucune pilosité, c'est la partie intérieure de vos organes sexuels. Une vulve, elle, peut en effet être épilée, que ce soit à la cire, au rasoir ou autrement, mais elle peut parfaitement bien être laissée dans son adorable état naturel. Je m'épile parfois à la cire, parfois au rasoir. Parfois je laisse une bande de poils, parfois c'est un triangle, parfois rien du tout. C'est ma foufoune, et j'en fais ce qui me plaît.
Nous devons cesser de dire aux femmes quoi faire avec leurs foufounes. C'est votre foufoune. Je vous recommande de la traiter avec soin et respect. Je recommande de lui faire régulièrement plaisir. Je vous recommande de la partager quand vous le voulez, avec qui vous le voulez et de la façon dont vous le voulez. Mais, soyons honnêtes: ce ne sont là que des recommandations. C'est votre corps, c'est votre choix. Personne d'autre, encore moins une quelconque blogueuse, n'a le droit de vous dire comment vous devriez laver votre foufoune. On les em*****.
"Utilisez des lingettes pour bébé! L'utilisation des lingettes pour bébé après chaque visite aux toilettes permet de réduire les infections urinaires et vaginales, et elles sont conçues pour être douces pour votre peau. Gardez toujours quelques lingettes humides avec vous." Encore une fois, c'est totalement faux et inutile. Bon, d'accord, si votre popotin n'est pas tout à fait propre, allez-y, utilisez une lingette si vous le voulez. Et n'oubliez pas de toujours vous essuyer de l'avant vers l'arrière afin d'éviter le transfert de bactéries fécales vers votre foufoune. Mais vous n'avez pas besoin de lingettes pour ça, pas plus que la plomberie de votre demeure, par ailleurs.
"Mangez-la!" Oui, en effet, je recommande de manger de la foufoune, mais malheureusement, ce n'est pas ce que cette blogueuse voulait dire. "Saviez-vous qu'on a démontré que les sécrétions des végétariennes ont meilleur goût que celles des carnivores?!" J'aimerais bien lire cette étude, ne serait-ce que pour savoir si c'est une étude validée par des pairs. Quelqu'un peut m'éclairer? Quelqu'un?Certains disent que manger de l'ananas et d'autres fruits sucrés peut donner un goût sucré à votre foufoune, tandis que d'autres aliments aux goûts plus âpres auraient l'effet contraire. Toutefois, et vous me pardonnerez ma franchise, ma conjointe doit me dire un million de fois par jour à quel point elle aime l'odeur et le goût de ma foufoune, et je lui dis la même chose, et pourtant, nous sommes deux carnivores invétérées. Alors cette histoire de végétariennes, je dis que c'est n'importe quoi.
"Guérissez-la! Les infections causent des odeurs franchement nauséabondes. Vous devez traiter cette infection avant de pouvoir espérer avoir une odeur et un goût agréable "à cet endroit". Des crèmes telles que Vagisil sont en vente libre (aux États-Unis, NDLR) dans les pharmacies et peuvent aider à réduire les odeurs et les démangeaisons." Ce passage du billet est particulièrement confus. Premièrement, Vagisil ne sert pas à traiter les infections. Si vous avez des démangeaisons ou des pertes blanchâtres, consultez votre médecin. C'est peut-être une infection, et vous pourriez avoir besoin de médicaments. Si l'odeur est nauséabonde ou rappelle le poisson pas frais, ça pourrait également être une infection bactérienne et, une fois de plus, vous devriez consulter votre médecin. Aussi simple que ça.
"Faites trempette! Un remède de grand-mère bien connu pour avoir un vagin en santé est de tremper un tampon propre dans du yaourt nature et sans sucre et de l'insérer dans votre vagin pendant une heure. Les bactéries saines que contient le yaourt combattront les bactéries malsaines et aideront à éliminer l'odeur de poisson. N'oubliez pas de nettoyer votre vagin en profondeur après avoir retiré le tampon." Non, non et non. C'est que, voyez-vous, le yaourt est un aliment, ce qui signifie qu'il n'est pas conçu pour être inséré ou laissé dans votre vagin. Même si vous utilisez un concombre comme sextoy, c'est toujours mieux de le couvrir d'un condom. Le simple fait que le yaourt contienne des cultures actives ne signifie pas que vous devriez lui faire faire un séjour dans votre vagin. Certaines femmes affirment que cela leur procure un certain soulagement lorsqu'on l'utilise sur la vulve, mais les chances qu'il "guérisse" une infection à levure sont infinitésimales.
Il existe des remèdes conçus spécifiquement pour cela et dont on a démontré qu'ils étaient sans danger pour votre vagin. Vous voulez qu'on parle de déséquilibre? Voici le fin mot de l'affaire: ma soeur qui est docteur m'a répondu ceci lorsque j'ai discuté de cette pratique avec elle: "Ne laisse rien traîner dans ton vagin qui n'a pas été spécifiquement conçu pour ça. En plus, comment faire pour l'enlever, ensuite?" Les douches vaginales sont terriblement néfastes et à moins d'en faire une, il restera sans aucun doute un résidu de yaourt là-dedans.
"Essayez ces astuces pour améliorer votre "hospitalité" =)" Dégoûtant. Mon vagin n'est pas un hôtel, et le vôtre non plus. Ce site Web est basé à Singapour, alors peut-être y a-t-il des différences culturelles et linguistiques que je ne saisis pas tout au long de ce texte, mais peu importe la culture, être fière de sa foufoune devrait être universel. C'est sans parler de l'apparent plagiat - ou de l'emprunt excessif, à tout le moins - dont fait preuve ce texte: de grands pans de ce billet proviennent verbatim d'un article publié sur le site Jezebel environ un an auparavant.
Au final, voici le truc: les foufounes ne sont pas censées avoir le goût de cupcake et sentir la rose. Elles sont censées sentir et avoir le goût de la foufoune: sucré, âcre, épicé, délicieux et parfois, avant, pendant et après les règles, elles peuvent avoir un petit goût métallique. Alors, à moins d'avoir une problème médical, il n'y a absolument rien de mal à avoir une foufoune qui sent, a le goût et l'apparence d'une... foufoune! Cette humiliation et cette haine de la foufoune doivent cesser. Les hommes le font, mais les femmes le font aussi, et c'est encore plus troublant lorsque ce sont des lesbiennes qui s'adonnent à cette humiliation de la foufoune. Nous devrions nous soutenir et nous aimer entre nous, pas nous rabaisser de la sorte.
Croyez-moi, votre foufoune est parfaite. Arrêtez de vous faire du souci à son sujet. Si vous voulez vous faire du souci au sujet des foufounes du monde, souciez-vous plutôt de l'excision et des autres mutilations génitales, des sièges de toilette insalubres, de l'eau courante souillée, de la pénurie de produits hygiéniques dans certaines parties du monde qui forcent les jeunes filles à manquer l'école chaque mois, de l'iniquité salariale ou encore de la discrimination faite envers les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Votre foufoune va parfaitement bien. Donnez-lui du plaisir, rincez et répétez. Voilà tout ce que vous devez savoir.