samedi 23 août 2014

Faisons le point sur quelques mensonges au sujet du vagin

Faisons le point sur quelques mensonges au sujet du vagin

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Avertissement: Ce billet de blog contient un langage parfois cru.
Ma foufoune est triste, ce matin, après la lecture de ce qui suit: "Ne préféreriez-vous pas être celle dont les parties intimes ont une odeur et un goût délicieux?", peut-on lire d'entrée de jeu dans ce billet de blogue tout aussi irritant qu'offensant. Et c'est reparti: on répète une fois de plus aux femmes que leurs vulves et leurs vagins ne sont pas assez biens dans leur état naturel, que les femmes doivent les frotter, les épiler et les farcir de toutes sortes d'aliments. Non. Non. Non.
Le billet de blog en question s'intitule "How to Make Your Vagina Smell and Taste Delicious" (Comment donner une odeur et un goût délicieux à votre vagin), et, de toute évidence, cet article est nécessaire parce que A) votre vagin ne sent et n'a pas un bon goût naturellement, et B) vous devez au monde entier de lui conférer cette odeur et ce goût exquis. Cette constante mise au pilori de la foufoune m'épuise. Elle donne l'impression aux femmes, même les femmes qui aiment les femmes, que quelque chose cloche, comme si elles n'étaient pas dignes, comme si leur sexualité dépendait de l'approbation des autres concernant leurs parties intimes qui ne sont pas à la hauteur. Argh.
"Lavez-la!", écrit cette blogueuse. "La première étape pour avoir des parties intimes délicieusement parfumées est, de toute évidence, un lavage en profondeur au moins deux fois par jour." Faux. Votre vulve et votre vagin n'ont pas besoin d'être lavés en profondeur deux fois par jour. Ils ne sont pas sales. Je répète: à moins d'avoir tout juste terminé un marathon et vous être ensuite prélassée au soleil ou vous être roulée dans la boue pendant des heures, vos parties intimes ne sont pas sales par nature. Le vagin crée de façon autonome un environnement parfaitement équilibré. Nul besoin d'intervenir.
C'est ce genre de phrases qui augmente encore plus l'humiliation que bien des femmes ressentent en ce qui concerne leurs vulves et leurs vagins et, malheureusement, bon nombre de couples lesbiens ressentent également ce genre d'humiliation malgré la présence de deux vulves et deux vagins. Votre foufoune est parfaite. Elle a une apparence parfaite. Elle a une odeur parfaite. Et elle peut vous faire ressentir des sensations parfaitement merveilleuses. À moins d'une infection -- bactérienne ou autre --, tout ce dont elle a vraiment besoin, c'est d'un peu d'eau chaude lorsque vous prenez une douche. Point barre.
Il est vrai, comme l'explique la blogueuse, que les foufounes aiment le grand air et qu'elles n'aiment pas recevoir des produits sous forme de spray. Cela dit, et je le répète, il est faux de croire que cette blogueuse ou qui que ce soit d'autre peut dicter vos choix en matière de sous-vêtements ou de lessive. J'ignore quel détergent cette blogueuse utilise, mais le mien ne m'a jamais conféré une odeur fraîche à ma foufoune (note: ne mettez jamais de l'assouplissant dans votre vagin). Mes strings en dentelle sont faits de coton ou possèdent une doublure de coton. J'en suis fort satisfaite.
"Épilez-vous! La sueur cause les odeurs et les poils pubiens retiennent la sueur. En vous épilant, la possibilité de sentir mauvais à cause de la sueur est considérablement réduite et, à mon avis, un vagin épilé est plus esthétiquement agréable à regarder." La seule chose que j'ai vraiment envie de répondre à cela est "Va te faire f*****!". Premièrement, on ne peut pas épiler un vagin, le vagin n'a aucune pilosité, c'est la partie intérieure de vos organes sexuels. Une vulve, elle, peut en effet être épilée, que ce soit à la cire, au rasoir ou autrement, mais elle peut parfaitement bien être laissée dans son adorable état naturel. Je m'épile parfois à la cire, parfois au rasoir. Parfois je laisse une bande de poils, parfois c'est un triangle, parfois rien du tout. C'est ma foufoune, et j'en fais ce qui me plaît.
Nous devons cesser de dire aux femmes quoi faire avec leurs foufounes. C'est votre foufoune. Je vous recommande de la traiter avec soin et respect. Je recommande de lui faire régulièrement plaisir. Je vous recommande de la partager quand vous le voulez, avec qui vous le voulez et de la façon dont vous le voulez. Mais, soyons honnêtes: ce ne sont là que des recommandations. C'est votre corps, c'est votre choix. Personne d'autre, encore moins une quelconque blogueuse, n'a le droit de vous dire comment vous devriez laver votre foufoune. On les em*****.
"Utilisez des lingettes pour bébé! L'utilisation des lingettes pour bébé après chaque visite aux toilettes permet de réduire les infections urinaires et vaginales, et elles sont conçues pour être douces pour votre peau. Gardez toujours quelques lingettes humides avec vous." Encore une fois, c'est totalement faux et inutile. Bon, d'accord, si votre popotin n'est pas tout à fait propre, allez-y, utilisez une lingette si vous le voulez. Et n'oubliez pas de toujours vous essuyer de l'avant vers l'arrière afin d'éviter le transfert de bactéries fécales vers votre foufoune. Mais vous n'avez pas besoin de lingettes pour ça, pas plus que la plomberie de votre demeure, par ailleurs.
"Mangez-la!" Oui, en effet, je recommande de manger de la foufoune, mais malheureusement, ce n'est pas ce que cette blogueuse voulait dire. "Saviez-vous qu'on a démontré que les sécrétions des végétariennes ont meilleur goût que celles des carnivores?!" J'aimerais bien lire cette étude, ne serait-ce que pour savoir si c'est une étude validée par des pairs. Quelqu'un peut m'éclairer? Quelqu'un?Certains disent que manger de l'ananas et d'autres fruits sucrés peut donner un goût sucré à votre foufoune, tandis que d'autres aliments aux goûts plus âpres auraient l'effet contraire. Toutefois, et vous me pardonnerez ma franchise, ma conjointe doit me dire un million de fois par jour à quel point elle aime l'odeur et le goût de ma foufoune, et je lui dis la même chose, et pourtant, nous sommes deux carnivores invétérées. Alors cette histoire de végétariennes, je dis que c'est n'importe quoi.
"Guérissez-la! Les infections causent des odeurs franchement nauséabondes. Vous devez traiter cette infection avant de pouvoir espérer avoir une odeur et un goût agréable "à cet endroit". Des crèmes telles que Vagisil sont en vente libre (aux États-Unis, NDLR) dans les pharmacies et peuvent aider à réduire les odeurs et les démangeaisons." Ce passage du billet est particulièrement confus. Premièrement, Vagisil ne sert pas à traiter les infections. Si vous avez des démangeaisons ou des pertes blanchâtres, consultez votre médecin. C'est peut-être une infection, et vous pourriez avoir besoin de médicaments. Si l'odeur est nauséabonde ou rappelle le poisson pas frais, ça pourrait également être une infection bactérienne et, une fois de plus, vous devriez consulter votre médecin. Aussi simple que ça.
"Faites trempette! Un remède de grand-mère bien connu pour avoir un vagin en santé est de tremper un tampon propre dans du yaourt nature et sans sucre et de l'insérer dans votre vagin pendant une heure. Les bactéries saines que contient le yaourt combattront les bactéries malsaines et aideront à éliminer l'odeur de poisson. N'oubliez pas de nettoyer votre vagin en profondeur après avoir retiré le tampon." Non, non et non. C'est que, voyez-vous, le yaourt est un aliment, ce qui signifie qu'il n'est pas conçu pour être inséré ou laissé dans votre vagin. Même si vous utilisez un concombre comme sextoy, c'est toujours mieux de le couvrir d'un condom. Le simple fait que le yaourt contienne des cultures actives ne signifie pas que vous devriez lui faire faire un séjour dans votre vagin. Certaines femmes affirment que cela leur procure un certain soulagement lorsqu'on l'utilise sur la vulve, mais les chances qu'il "guérisse" une infection à levure sont infinitésimales.
Il existe des remèdes conçus spécifiquement pour cela et dont on a démontré qu'ils étaient sans danger pour votre vagin. Vous voulez qu'on parle de déséquilibre? Voici le fin mot de l'affaire: ma soeur qui est docteur m'a répondu ceci lorsque j'ai discuté de cette pratique avec elle: "Ne laisse rien traîner dans ton vagin qui n'a pas été spécifiquement conçu pour ça. En plus, comment faire pour l'enlever, ensuite?" Les douches vaginales sont terriblement néfastes et à moins d'en faire une, il restera sans aucun doute un résidu de yaourt là-dedans.
"Essayez ces astuces pour améliorer votre "hospitalité" =)" Dégoûtant. Mon vagin n'est pas un hôtel, et le vôtre non plus. Ce site Web est basé à Singapour, alors peut-être y a-t-il des différences culturelles et linguistiques que je ne saisis pas tout au long de ce texte, mais peu importe la culture, être fière de sa foufoune devrait être universel. C'est sans parler de l'apparent plagiat - ou de l'emprunt excessif, à tout le moins - dont fait preuve ce texte: de grands pans de ce billet proviennent verbatim d'un article publié sur le site Jezebel environ un an auparavant.
Au final, voici le truc: les foufounes ne sont pas censées avoir le goût de cupcake et sentir la rose. Elles sont censées sentir et avoir le goût de la foufoune: sucré, âcre, épicé, délicieux et parfois, avant, pendant et après les règles, elles peuvent avoir un petit goût métallique. Alors, à moins d'avoir une problème médical, il n'y a absolument rien de mal à avoir une foufoune qui sent, a le goût et l'apparence d'une... foufoune! Cette humiliation et cette haine de la foufoune doivent cesser. Les hommes le font, mais les femmes le font aussi, et c'est encore plus troublant lorsque ce sont des lesbiennes qui s'adonnent à cette humiliation de la foufoune. Nous devrions nous soutenir et nous aimer entre nous, pas nous rabaisser de la sorte.
Croyez-moi, votre foufoune est parfaite. Arrêtez de vous faire du souci à son sujet. Si vous voulez vous faire du souci au sujet des foufounes du monde, souciez-vous plutôt de l'excision et des autres mutilations génitales, des sièges de toilette insalubres, de l'eau courante souillée, de la pénurie de produits hygiéniques dans certaines parties du monde qui forcent les jeunes filles à manquer l'école chaque mois, de l'iniquité salariale ou encore de la discrimination faite envers les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Votre foufoune va parfaitement bien. Donnez-lui du plaisir, rincez et répétez. Voilà tout ce que vous devez savoir.

lundi 2 juin 2014

DETERMINANTS MEDICAUX DE LA SANTE


médecine vendredi 21 mars 2014

Un remède naturel anti-cholestérol interdit

La levure de riz rouge contient une substance naturelle, la lovastatine, qui permet d’abaisser le taux de cholestérol dans le sang. (Keystone)
La levure de riz rouge contient une substance naturelle, la lovastatine, qui permet d’abaisser le taux de cholestérol dans le sang. (Keystone)
La levure de riz rouge, substance issue de la pharmacopée chinoise et utilisée en prévention des accidents cardio-vasculaires, ne sera plus commercialisée en Suisse. Ni médicament ni complément alimentaire, elle se situe dans une zone grise de la réglementation
Ce qui est bon pour la santé des Européens ne l’est pas forcément pour celle des Suisses. Ainsi en ont jugé les autorités helvétiques au sujet de la levure de riz rouge. Celle-ci vient en effet d’être interdite à la vente dans l’ensemble du pays, alors qu’on peut la trouver dans les supermarchés à l’étranger. Elle est d’ailleurs largement utilisée dans le monde entier en prévention des accidents cardio-vasculaires, car elle contient une substance naturelle, la lovastatine, qui permet d’abaisser le taux de cholestérol dans le sang.
Mais, le 24 février, l’Institut suisse des produits thérapeutiques (Swiss­medic) a décidé qu’il ne serait plus possible d’en acheter en Suisse; les pharmaciens n’ont même plus le droit d’en préparer eux-mêmes – ce qu’ils pouvaient faire jusqu’ici en important l’ingrédient de base. Cette décision en laisse coi plus d’un. «C’est surprenant et illogique, déclare ainsi Pierre-Yves Rodondi, médecin au Groupe de recherche et d’enseignement sur les médecines complémentaires au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). La levure de riz rouge justifie une surveillance accrue, mais elle n’est à mon avis pas toxique au point qu’il faille l’interdire totalement. Et, si les études ne sont pas suffisamment nombreuses pour qu’on puisse la recommander officiellement, elle représentait pour beaucoup de patients intolérants aux statines de synthèse une alternative intéressante.» En 2012, l’Au­torité européenne de sécurité des médicaments (EFSA) a estimé qu’elle «pouvait prétendre diminuer le taux de cholestérol». Selon l’Agence française
de sécurité des
médicaments (Anses), cet effet serait même «significatif».
«D’autre part, cela n’a pas de sens, à l’ère d’Internet, d’interdire en Suisse un produit qu’on peut librement commander en ligne, relève Pierre-Yves Rodondi. Cette décision pose une question de sécurité pour les patients, puisqu’ils risquent de s’approvisionner à l’étranger.» Enfin, si la levure de riz rouge était vraiment toxique, il faudrait également en interdire l’importation aux privés, d’après David Willemin, directeur de Bionaturis à Delémont, l’un des principaux vendeurs en Suisse romande. Or ce n’est pas le cas, comme en témoigne le site européen Sante-shop, interrogé: «De nombreux clients suisses nous en ont déjà acheté sans aucune plainte de problème avec la douane.»
«Je trouve curieux que Swissmedic prenne soudainement cette initiative, à rebours du reste de l’Europe, affirme Mikael Rabaeus, cardiologue à la Clinique La Prairie à Clarens/Montreux. C’est vrai qu’on ne sait pas tout sur ce produit, qui n’est ni vraiment un complément alimentaire ni vraiment un médicament, mais il y en a un tas d’autres sur le marché dont on ne sait pas beaucoup plus, notamment les antioxydants et les complexes vitaminés. Et ils sont parfaitement autorisés sans que personne ne trouve rien à redire.»
Contacté, Swissmedic motive sa décision par le fait qu’il existe une incertitude quant au dosage des produits vendus sous le nom de levure de riz rouge, en raison d’une absence de standardisation des processus de fabrication. Ainsi, sur dix échantillons analysés en 2012 par l’association française Que Choisir, huit étaient insuffisamment concentrés pour être réellement actifs, et deux l’étaient trop. Depuis 2009, 25 cas d’effets indésirables potentiellement liés à la consommation de levure de riz rouge – essentiellement des maux de tête et des douleurs stomacales – ont officiellement été enregistrés en France. Dans un avis daté du 14 février, l’Anses écrit que «la consommation de levure de riz rouge présente un risque sanitaire pour certains consommateurs» et doit par conséquent être accompagnée d’un suivi médical. Cependant, l’agence française ne recommande pas d’interdire le produit. Aux Etats-Unis, c’est ce que la Food and Drugs Administration (FDA) a fait, pour des raisons de sécurité justement, en 1998. Malgré cela, on continue depuis d’en trouver – et d’en consommer – sur le continent.
Pour Swissmedic, il existe donc de «sérieux doutes» en termes de sécurité. Les raisons de sa décision semblent cependant surtout d’ordre administratif, selon Pierre-Yves Rodondi. En effet, la levure de riz rouge ne rentre dans aucune case: «Elle ne répond pas à la définition d’une denrée ou d’un complément alimentaire, ni d’une épice», reconnaît-on chez Swissmedic. Dès lors, il s’agit d’un médicament; et un médicament doit bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché. Or la levure de riz rouge n’en a pas. Et pour cause: cette procédure coûte cher – on parle de plusieurs centaines de milliers de francs. Cela fait beaucoup pour un remède chinois ancestral qui n’est même pas protégé par un brevet. Quelle entreprise voudrait investir autant pour finalement faciliter la tâche à ses concurrents en leur permettant de profiter d’une procédure d’enregistrement simplifiée?
A Nyon, le directeur des laboratoires Bioligo, Frédéric Deville, est bien placé pour en parler. En avril 2013, son fameux «sirop du Père Michel», utilisé par petits et grands depuis un quart de siècle à l’approche de l’hiver, a été interdit de distribution par le chimiste cantonal. Motif: la propolis, une résine végétale qui constitue l’un des principaux ingrédients de ce breuvage roboratif, se trouve dans le même no man’s land que la levure de riz rouge. «Faire enregistrer mon sirop en tant que médicament coûterait trop cher», plaide l’entrepreneur vaudois.
«La tendance enregistrée au cours des dernières années veut que l’on commercialise toujours plus d’aliments spéciaux, comme des compléments alimentaires ou des aliments fonctionnels», souligne-t-on chez Swissmedic. Les autorités et les tribunaux sont donc «régulièrement confrontés à des questions de délimitation». Les produits qui se situent dans une zone grise ne posent pas seulement des problèmes de classification, ils entraînent aussi des conséquences en termes de procédure d’autorisation, de contrôle et de sanctions. Et Swissmedic de constater «qu’en dépit des réglementations existantes et de l’harmonisation des définitions, certains peuvent être considérés comme denrée alimentaire dans un Etat et comme médicament dans un autre».
David Willemin cite l’exemple du charbon actif, autorisé à la vente dans les supermarchés ou les kiosques à l’étranger, mais réservé à la distribution dans les pharmacies en Suisse. Ou celui de la griffe du diable, cette plante utilisée sous forme de pommade par les randonneurs pour soulager leurs articulations endolories: c’est un médicament en Suisse, mais pas en France. Quant à Frédéric Deville, il affirme que les implications financières de ce «reclassement» l’ont poussé à renoncer à faire enregistrer 14 préparations d’huiles essentielles. Déterminé à se battre, il a lancé l’année passée une pétition pour lever l’interdiction de commercialisation de son sirop à base de propolis. Plus de 5000 personnes l’ont signée.
http://letemps.ch/Page/Uuid/eeccf9f4-b056-11e3-8fc9-d34b872d9eb8|1
 Dans un marché mondialisé, les pénuries de médicaments s'intensifient

LEMONDE.FR | 29.08.11 | 20h30   •  Mis à jour le 29.08.11 | 20h38

Anti-rétroviraux, anti-épileptiques, paracétamol, thiopental, propofol... Les ruptures de stock de médicaments sont de plus en plus fréquentes, à l'hôpital comme en pharmacie.
Anti-rétroviraux, anti-épileptiques, paracétamol, thiopental, propofol... Les ruptures de stock de médicaments sont de plus en plus fréquentes, à l'hôpital comme en pharmacie.AFP/JEAN-PIERRE MULLER
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le thiopental était utilisé en tant qu'hypnotique pour certaines anesthésies et le traitement des traumatismes crâniens graves. Récemment, le laboratoire américain qui approvisionnait les hôpitaux français a cessé de commercialiser ce produit, irremplaçable pour certaines indications, du moins à même niveau de qualité et de sécurité. La situation était devenue si inquiétante que les anesthésistes ont donné l'alerte, mi-août. Cette fois, la pénurie totale a été évitée grâce à l'importation en urgence du médicament depuis l'Allemagne.
L'histoire est emblématique d'un manque de médicaments en constante aggravation en France, et plus largement dans nombre de pays occidentaux. "Les alertes de ruptures de stock sont de plus en plus fréquentes," note Laurent Jouffroy, président de la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR). Celui-ci évoque aussi le cas du propofol, produit qui a "révolutionné l'anesthésie générale", et celui du paracétamol intraveineux, médicament le plus prescrit au monde.
Ces pénuries régulières ne touchent pas seulement cette spécialité. "Dans les pharmacies, on déplore de plus en plus de produits manquants dans nos commandes, des anti-rétroviraux aux médicaments moins essentiels", explique Isabelle Adenot, présidente du conseil national de l'Ordre des pharmaciens. Celle-ci évoque l'expaspération de professionnels de la santé, en contact direct avec les patients, pour lesquels il est donc crucial, mais difficile, de trouver des solutions.
FLUX TENDUS ET FAIBLE RENTABILITÉ
Jusqu'ici, des remèdes transitoires et une certaine dose de débrouillardise (appeler la pharmacie d'à côté, retarder le traitement, appeler les laboratoires, etc.) ont eu raison de ces cas de pénuries, à court terme. Mais la situation reste précaire, inconfortable, si ce n'est potentiellement dangereuse. Les causes en sont multiples, mais chacun y voit l'effet des chamboulements que connaît, depuis une dizaine d'années, le marché mondialisé du médicament.
  • Dans une industrie qui fonctionne aujourd'hui à flux tendu, où les stocks sont tout juste ajustés à la demande, chaque soubresaut a ses conséquences. Avec la généralisation des contrôles sanitaires, une préparation de substance active ou une notice non conformes entraînent le rappel d'un lot, et le manque se fait alors ressentir. A l'inverse, il suffit d'une hausse soudaine de la demande pour que l'offre ne suive pas, souligne Laurent Jouffroy.
  • Comme dans le cas du thiopental, certains laboratoires décident de se retirer de la production d'un médicament. Avec, derrière, la question de l'intérêt économique, comme le suggère la SFAR dans un communiqué : "Le dénominateur commun de ces ruptures de stocks semble être le faible prix des produits concernés, voire peut-être, une très faible rentabilité de leur production et de leur commercialisation." On comprend dès lors pourquoi ce sont souvent les médicaments les plus anciens, qui ont pourtant fait la preuve de leur fiabilité, qui sont les plus négligés : passés dans le domaine public et concurrencés par les génériques, "ils sont jusqu'à dix fois moins chers", explique Laurent Jouffroy. Enfin, ces médicaments anciens et peu coûteux peuvent être victimes d'un désir de "rotation des produits", dans l'industrie pharmaceutique comme ailleurs, précise Martine Bungener, économiste de la santé au CNRS (Cermes3). Le principe : on complexifie un produit en mélangeant des principes actifs - on "recycle de l'ancien", traduit la chercheuse -, et on le vend plus cher, alors que le service rendu est loin d'être toujous amélioré.
  • Enfin, la concurrence entre les marchés des différents pays entre en jeu. De ce point de vue, la France est plutôt mal placée : les médicaments s'y vendent à bas prix. De plus, la négociation y est nationale et peu flexible, avec un système de prix administrés publiquement, selon Martine Bungener. Dans ce contexte, avec une pression forte de la demande sur les marchés, certains distributeurs ont pu être tentés de "diriger les stocks français vers d'autres pays", généralement européens, explique Dominique Maraninchi, président de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). C'est notamment le cas de sous-groupes, les "short-liners", qui distribuent seulement quelques médicaments et font varier les ventes selon les opportunités. Une pratique illégale, assure le président de l'Afssaps, qui évoque des sanctions.
Derrière cette nouvelle carte de la distribution des médicaments dans le monde, où les pays développés ne sont plus forcément les premiers servis, c'est toute l'économie de la santé qui connaît d'importants bouleversements, analyse Martine Bungener. Avec en première ligne, les pays émergents : d'un côté, ces derniers demandent de plus en plus d'avoir accès à la santé, faisant concurrence aux marchés occidentaux. De l'autre, c'est en Inde, en Chine ou au Brésil que se délocalisent les sites de production des principes actifs et des médicaments, génériques ou non. Ces produits, moins chers, sont alors accessibles à une plus large population.
Pendant ce temps, les usines de médicaments ferment dans les pays développés, qui perdent la main sur certains de ces produits. Enfin, dans ces pays où "les dépenses de santé se sont envolées sans qu'on soit pour autant mieux soignés", la pression pour faire des économies pèse aussi sur les négociations des prix des médicaments, explique Mme Bungener. En somme, "il n'y a pas de véritable pénurie de médicaments, mais des problématiques de coûts de production, de distribution, d'adéquation de l'offre aux vrais besoins...", conclut l'économiste.
JEUDI, UNE RÉUNION POUR TROUVER DES SOLUTIONS
Jeudi 1er septembre, l'Afssaps recevra la SFAR pour dessiner des solutions face à ces inquiétantes pénuries. Les pistes de réflexion sont ouvertes. Pour le président de l'association des anesthésistes, les pays industrialisés devraient se réengager dans la production des médicaments laissés pour compte. Une autre idée serait de rendre ces produits plus rentables : soit en augmentant leur coût, soit en diminuant les frais d'importation ou d'autorisation de mise sur le marché.
De son côté, le président de l'Afssaps a plusieurs propositions dans son sac : multiplier les médicaments et leurs sites de production pour éviter d'être dépendant à une seule firme ; obliger les industriels à prévenir plus de six mois - l'actuel délai - avant l'arrêt de la commercialisation d'un médicament, afin d'avoir le temps de trouver des alternatives ; ouvrir davantage un marché européen, ce qui permet d'importer facilement les produits manquants.
L'Afssaps a aussi le pouvoir d'intercéder auprès des firmes, pour les inciter à maintenir la production d'un médicament auquel le marché est très attaché. Et ce d'autant plus si une société savante comme la Sfar lui fait remonter clairement cette demande, explique M. Maraninchi. Enfin, il s'agirait de renforcer une responsabilité des firmes de l'industrie pharmaceutique déjà réglementée dans les dossiers d'Autorisation de mise sur le marché : le devoir d'assurer la continuité du service de distribution d'un médicament.
Angela Bolis
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/08/29/medicaments-les-raisons-d-une-penurie_1565056_3224.html 

Santé : l'anxiété peut avoir de graves conséquences, regardez plutôt

C'est bien évident, personne n'aime être stressé ou anxieux, mais lorsque l’anxiété devient chronique, son impact varie de simple souci à véritable risque pour votre santé. Que votre épisode anxieux soit un événement isolé dû à un stress élevé ou que vous fassiez partie des victimes d'un trouble anxieux chronique, votre réaction physique à cette émotion peut avoir beaucoup plus d'impact que vous ne le croyez. Voici les impacts que l'anxiété peut avoir sur votre santé, que ce soit lors d'un bref épisode ou d'une longue bataille à finir.

La réaction initiale de votre corps à l'anxiété pourrait inclure...
Problèmes de gorge. Cette voix grinçante et enrouée qui semble avoir pris le contrôle de vos cordes vocales est une réaction immédiate à une situation de stress. Lorsque des sentiments anxieux s'installent, votre corps redistribue ses fluides à des endroits plus essentiels, ce qui provoque un spasme des muscles de la gorge, ce qui entraîne un resserrement qui rend la déglutition difficile.
Des réactions hépatiques. Lorsque le corps subit l'assaut du stress et de l'anxiété, le système surrénal produit une quantité importante de cortisol, l'hormone du stress. La présence en trop grande quantité de cette hormone provoque une plus grande production de glucose par le foie dans le but de fournir de l'énergie en vue du réflexe dit "combat-fuite". Chez la plupart des gens, cet excès de glucose peut être réabsorbé par le corps sans trop de souci, mais pour les gens prédisposés au diabète, cet excès de glucose pourrait entraîner des effets néfastes sur leur santé.
Réactions cutanées. Ces sueurs froides ou ces joues rougies sont un signe immédiat que votre corps réagit à un stress, et cela est causé par des changements dans votre flux sanguin. Lorsque nous sommes anxieux et que notre corps se met en mode "combat-fuite", celui-ci redirige une plus grande quantité de sang vers les muscles, un réflexe très utile lorsqu'il est nécessaire. Toutefois, si cette réaction dure trop longtemps ou qu'elle se produit trop souvent, elle peut entraîner diverses réactions cutanées, dont notamment un vieillissement prématuré, une sudation inhabituelle, et même une augmentation des histamines, ce qui peut provoquer des enflures. Selon le University of Maryland Medical Center, des épisodes sévères de stress ou d'anxiété peuvent même provoquer des crises d'eczéma.
Une rate active. L'anxiété n'affecte pas que les organes les plus évidents comme notre cerveau ou notre coeur. Elle affecte également les organes qui ont une fonction interne comme la rate. Afin de fournir plus d'oxygène au corps, la rate sécrète une plus grande quantité de globules rouges et blancs. Dans ce processus de réaction, votre flux sanguin augmente de 300 à 400% en réponse au réflexe "combat-fuite".
Muscles tendus. Lorsque l'anxiété s'empare de vous, le corps se crispe de façon naturelle, ce qui peut taxer les groupes de muscles les plus importants. Le stress ou l'anxiété chronique peuvent exacerber cette tension, ce qui entraîne des maux de tête, des épaules raidies, des douleurs au cou et parfois même des migraines. Les gens constamment stressés sont d'ailleurs plus à risque de souffrir de troubles musculosquelettiques chroniques.
Après un certain temps, l'anxiété chronique peut avoir un impact sur...
Votre coeur. Les personnes souffrant de stress ou d'anxiété chronique sont plus à risque pour des problèmes cardiovasculaires à cause de leur rythme cardiaque constamment élevé, de leur hypertension artérielle et de leur surexposition au cortisol. Selon l'American Psychological Association, une exposition prolongée au stress peut également provoquer de l'hypertension, des arythmies et un risque plus élevé d'infarctus ou d'accident vasculaire cérébral.
Vos poumons. Des études ont démontré qu'il y a un lien entre les troubles anxieux et l'asthme. En effet, les asthmatiques sont plus susceptibles aux crises de panique. Selon une autre étude menée à l'Université de São Paulo, il y aurait également un lien entre l'anxiété, l'asthme et l'équilibre.
Votre cerveau. La réaction à l'anxiété la plus marquée est notre réaction psychologique. Les stress et l'anxiété chronique affectent des zones de notre cerveau qui sont responsables de notre mémoire à court et à long terme, en plus d'être impliqués dans certaines réactions chimiques de notre corps, ce qui peut entraîner certains dérèglements hormonaux. De plus, le stress chronique stimule constamment le système nerveux, ce qui, à son tour, peut avoir un impact sur d'autres systèmes de notre organisme en déclenchant des réactions physiques inutilement, ce qui provoque de la fatigue, notamment. Les personnes qui souffrent d'anxiété ont très souvent de la difficulté à s'endormir, principalement parce qu'elles ressassent sans cesse leurs inquiétudes. Selon des données de la Anxiety and Depression Association of America, 54% des gens affirment que le stress et l'anxiété ont un impact sur la capacité à trouver le sommeil, et de ce nombre, 50% des hommes et 40% des femmes affirment que cela a un impact sur leur niveau de concentration le lendemain.
Votre système immunitaire. L'exposition au stress peut avoir un effet néfaste sur votre système immunitaire, celui-ci se trouvant affaibli, voire supprimé, par la présence du réflexe "combat-fuite". Des études ont également démontré que lorsque vous êtes stressé, vous êtes plus susceptible d'attraper un rhume en plus d'être plus vulnérable aux infections et aux inflammations.
Votre estomac. Lorsque votre corps réagit au stress, il ne régule pas adéquatement les fonctions digestives. Un stress chronique ou aigu peut également avoir des effets à long terme sur vos intestins et sur les substances nutritives qu'ils absorbent, ce qui peut causer un reflux gastrique, des ballonnements, la diarrhée et parfois même la perte complète du contrôle intestinal. Un stress ou une anxiété à long terme peut également avoir un impact sur votre métabolisme, ce qui peut causer l'embonpoint, voire l'obésité. Une étude a démontré que la sécrétion constante de cortisol pouvait entraîner une perte de sensibilité à l'insuline, tandis qu'une autre étude a quant à elle établi un lien, chez les adultes, entre l'anxiété et la présence d'ulcères diagnostiqués par un médecin.
Voici 5 conseils de respiration pour briser l'angoisse au travail:

lundi 19 mai 2014

MEDECINE DE FAMILLE , BASE DE LA MEDECINE

Voir son médecin le jour même, sur rendez-vous | ICI.Radio-Canada.ca

Plébiscite pour la médecine de base

 scrutin fédéral dimanche 18 mai 2014
(Christian Beutler/Keystone)
(Christian Beutler/Keystone)
L’article constitutionnel obtient près de 90% des voix. «Un résultat incroyable», selon François Héritier, vice-présidence de l’association Médecin de famille Suisse
C’était l’objet le moins visible de ce dimanche de votation. L’article constitutionnel sur la médecine de base a été plébiscité par les Suisses, avec près de 90% de oui selon des résultats intermédiaires, dont 94% de soutien à Neuchâtel et 92% à Genève. C’est beaucoup mieux que les sondages, avec 71% d’avis favorables début mai. «Je suis assis par ce résultat, tous les indécis ont rejoint le camp du oui», se réjouit François Héritier, vice-présidence de l’association Médecin de famille Suisse (MFS).
Pour le médecin jurassien, le soutien massif au contre-projet lancé contre l’initiative populaire «Oui à la médecine de famille» donne «une grande responsabilité aux médecins. Il s’agira à l’avenir de répondre à l’attente exprimée ce dimanche par l’ensemble des Suisses.»
François Héritier souligne que le résultat va aider le ministre de la Santé Alain Berset à mener à bien les négociations menées depuis deux ans dans le cadre de son «Masterplan» pour la médecine de famille. Il pense notamment au soutien aux places d’assistanat, à l’académisation de la médecine générale et à l’impact positif sur la revalorisation financière de la médecine de famille.
Alain Berset va signer ces prochaines semaines une ordonnance qui améliore de 200 millions la situation financière des généralistes. Pour respecter la neutralité des coûts, les prestations techniques de certains spécialistes seront réduites de 9%. La mesure devrait entrer en vigueur en octobre prochain. Selon François Héritier, le résultat de ce 18 mai constitue «un allié de poids» pour la médecine de base dans le cadre de la refonte totale de Tarmed promise pour 2016.
Ce résultat soviétique n’a suscité que peu de réactions. La faitières des hôpitaux H+ s’est «réjouie» du large soutien apporté par le peuple à la médecine de base. Tout en exigeant que «tous les fournisseurs de prestations soient traités strictement sur pied d’égalité dans les secteurs ambulatoire et stationnaire» lors de la mise en œuvre du projet.http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b86a771a-de96-11e3-bf49-e55884b592d3/Pl%C3%A9biscite_pour_la_m%C3%A9decine_de_base

Un médecin de famille a le droit d'accepter un très gros cadeau


Un médecin a le droit de recevoir de très gros cadeaux de ses patients. Le Tribunal fédéral (TF) a débouté le curateur d'une riche Lucernoise, qui voulait annuler la vente d'une maison à un prix de faveur.
Une année avant d'être placée sous tutelle, cette propriétaire avait vendu sa maison à un prix très inférieur à celui du marché. Le bénéficiaire de cette donation n'était autre que son médecin de famille, qu'elle connaissait de longue date.
En vain, le tuteur de cette dame, nommé en 2009, avait ensuite tenté d'annuler la donation-mixte, qui selon lui était illicite et contraire aux bonnes moeurs. D'autant que le praticien prescrivait depuis des années de hautes doses de Rohypnol à sa patiente, ce qui, selon le tuteur, avait eu pour effet d'altérer ses facultés de décision.
Signes habituels de gratitude
Le tuteur critiquait aussi une violation des règles professionnelles. Selon le Code de déontologie de la FMH, un médecin ne devrait pas accepter de cadeaux dépassant les signes habituels de gratitude s'ils peuvent l'influencer dans ses décisions médicales.
Débouté par la justice lucernoise, le représentant légal de la patiente n'a pas eu plus de chances devant le TF. Les juges fédéraux ne voient aucune raison d'annuler le contrat de donation-mixte malgré le rapport particulier qui liait la propriétaire au bénéficiaire.
Ils partagent également l'avis du TC lucernois selon lequel rien n'atteste, en l'espèce, que la donation aurait pu influencer le médecin dans ses décisions. D'autant que ni la patiente ni son représentant légal n'ont dénoncé le praticien devant les instances de la FMH.http://www.romandie.com/news/Un-medecin-de-famille-a-le-droit-daccepter-un-tres-gros-cadeau/476133.ro

Les médecins doivent en faire plus, selon une étude

Agence QMI  Louis Gagné 27/05/2014 11h28 

  
 
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QUÉBEC - Les médecins de famille du Québec ont des semaines de travail plus courtes et prennent en charge moins de patients que leurs confrères canadiens, une situation qui explique en partie les difficultés d'accès aux soins de première ligne.
Dans une étude publiée mardi par l'Institut C.D. Howe, l'ancien ministre libéral des Affaires sociales, Claude E. Forget, s'interroge sur les raisons pour lesquelles le Québec fait figure de cancre en matière d'accès aux soins de santé primaires, et ce, malgré l'implantation des Groupes de médecine de famille (GMF).
En 2012, fait remarquer l'auteur, le Québec comptait 115 médecins de famille par 100 000 habitants, par rapport à 100 pour l'Ontario et 109 pour l'ensemble du Canada. Pourtant, 15% des patients québécois interrogés n'ont pas de médecins de famille, comparativement à 4% des Ontariens.
Selon M. Forget, cette situation découle en partie de la semaine de travail plus courte des médecins québécois, qui consacrent en moyenne 34,9 heures par semaine aux soins primaires, contre 43 pour leurs collègues ontariens.
«Ce nombre d'heures relativement faible que consacrent les médecins à leurs patients dans leur cabinet a un lien direct avec le nombre moins élevé de patients dont ils s'occupent», souligne l'ancien ministre. En effet, on compte en moyenne 1081 patients inscrits par médecin au Québec, contre 1539 en Ontario et 1468 à l'échelle canadienne.
Pour expliquer ce phénomène, M. Forget cite une étude voulant que les médecins québécois aient un objectif de revenus relativement «modeste» par rapport à leurs confrères des autres provinces.
«Lorsque les tarifs sont augmentés, ils réussissent, en fournissant moins d'heures, à atteindre leur objectif de revenus et graduellement, ils se sont habitués à travailler moins, à avoir un style de vie qui leur plaît davantage, a expliqué M. Forget. Donc même s'ils sont plus nombreux, le fait qu'ils travaillent moins d'heures fait qu'ils sont moins disponibles.»
À cela s'ajoute le temps passé par les omnipraticiens dans les hôpitaux (plus de 40 % des heures travaillées), que plusieurs préfèrent aux cliniques et aux cabinets privés.
«Ça les rend plus rares pour le parent dont l'enfant a beaucoup de fièvre, puis qui est incapable de voir son médecin, parce qu'il n'est pas disponible ou parce qu'il n'en a pas, alors ils aboutissent à l'urgence puis ils attendent des heures», fait valoir Claude Forget.
Pour remédier à la situation, il propose notamment de remplacer le mode de paiement à l'acte par un plus grand nombre de paiements par patients (capitation).
«Si les médecins de famille étaient payés par patient, avec des montants forfaitaires prédéterminés pour chaque patient dont ils s'occupent, écrit M. Forget, ils seraient encouragés à inscrire un plus grand nombre de patients et à prodiguer davantage de soins préventifs.»
Ce mode de rémunération, poursuit l'ancien ministre, correspondrait mieux à la nouvelle réalité des soins de première ligne, qui sont maintenant prodigués par une équipe multidisciplinaire et non plus seulement par les médecins.
M. Forget suggère également de rendre les niveaux de rémunération des médecins qui travaillent dans le milieu communautaire (clinique, CLSC, cabinet privé) «au moins aussi avantageux» que ceux du système hospitalier.
«Le Québec aurait un nombre plus que suffisant de médecins de famille si seulement ceux-ci s'éloignaient des établissements (hôpitaux) pour se concentrer davantage sur les soins primaires en milieu communautaire», a-t-il soutenu.
Nombre d'heures consacrées par les médecins de soins primaires (moyenne hebdomadaire, provinciale et nationale, 2012)
Québec: 34,9
Ontario: 43
Alberta: 46,7
Colombie-Britannique: 47,6
Manitoba/Saskatchewan: 49,5
Atlantique: 45,2
Canada: 42,1
Source: Commissaire à la santé et au bien-être
Nombre moyen de patients par médecin par province
Québec: 1081
Ontario: 1539
Alberta: 1672
Colombie-Britannique: 1466
Manitoba/Saskatchewan: 1750
Atlantique: 1731
Canada: 1468
Source: Commissaire à la santé et au bien-être

Le médecin de famille de tous les Québécois

Philippe Couillard... (Photo PC)
Philippe Couillard
Photo PC

Philippe Bourke
L'auteur est directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec (RNCREQ).
Les Québécois et Québécoises
forment en quelque sorte une grande famille. Et pour une des rares fois
de leur histoire, c'est un médecin qui occupe le poste de premier
ministre du Québec. À quoi devons-nous nous attendre ?
Si l'on se fie aux qualités requises pour étudier en médecine,
telles que présentées sur le site web de l'Université de Sherbrooke, on
doit attendre de notre nouveau premier ministre qu'il ait une grande
capacité d'apprentissage, l'aptitude de travailler en collaboration, le
sens de l'organisation et des responsabilités, et une très bonne gestion
du temps et du stress. Ça promet ! Mais ce qui m'interpelle le plus
dans cette description, c'est qu'on évoque aussi l'altruisme,
l'humanisme et l'engagement social.

Sur le plan des centres d'intérêt, on peut penser qu'enfin nous avons un
premier ministre qui s'occupera vraiment de ce qui nous préoccupe le
plus : la santé - comme en témoignent régulièrement les sondages
d'opinion.
S'occuper de la santé, ce n'est pas seulement se charger de
l'amélioration des soins. Et si les Québécois sont tant préoccupés par
la santé, c'est parce qu'ils veulent d'abord et avant tout éviter d'être
malades. Ils veulent surtout être en bonne santé. Or, que peut faire
concrètement un premier ministre médecin pour nous aider à y arriver ?
Voici quelques suggestions :
- Le premier ministre médecin doit non seulement nous informer sur
l'importance d'une saine alimentation, mais il doit aussi légiférer
contre la malbouffe et veiller à ce que nous ayons tous, et
particulièrement les plus démunis, facilement accès à des aliments de
qualité.
- Sachant que les personnes défavorisées sont plus à risque d'être en
mauvaise santé, il doit prendre les mesures nécessaires pour lutter
contre la pauvreté et favoriser un bon niveau de scolarisation pour
tous.
- Il voudra que nous soyons plus actifs et créera les conditions pour
nous le permettre. Le premier ministre médecin investira donc dans le
transport collectif et actif. Il favorisera aussi un aménagement du
territoire qui limitera l'étalement urbain et l'auto solo - deux
problématiques qui favorisent la sédentarité et qui sont des facteurs
déterminants de l'obésité.

- Il nous mettra en garde contre les produits toxiques et dangereux tout
en continuant la lutte contre le tabagisme. Il veillera en outre à
réglementer plus sévèrement l'usage des pesticides et à modifier les
comportements qui nuisent à la qualité de l'air et de l'eau.
- Enfin, notre premier ministre médecin sait que les changements
climatiques ont un impact sur notre santé, il cherchera donc à nous
mobiliser et à mettre en oeuvre un plan ambitieux de réduction des
émissions de GES.



Voir son médecin le jour même, sur rendez-vous

Mise à jour le dimanche 11 mai 2014 à 21 h 28 HAE
Le reportage de Josée Thibault
Une gestion différente des rendez-vous montre qu'il est possible de voir rapidement son médecin de famille et, à terme, de contribuer à désengorger les urgences.

Un texte de Josée ThibeaultTwitterCourriel
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) tente depuis deux ans d'implanter une nouvelle manière de gérer les rendez-vous dans les cliniques médicales. L'« Advanced Access », qu'on a traduit par Accès adapté, semble donner de très bons résultats pour les patients des médecins qui l'ont adopté. Il s'agit essentiellement de garder des plages horaires disponibles pour des besoins de dernière minute.
Ainsi, quand un patient téléphone à la clinique, comme seulement 30 % des rendez-vous ont été comblés à l'avance par des patients qui ont des suivis médicaux importants dus à des pathologies, il y a de la place pour voir son médecin.
« Le principe, c'est répondre aux besoins de la clientèle, explique le Dr Serge Dulude, directeur à la FMOQ. C'est d'avoir une vision complètement différente de l'organisation de son bureau, avec le secrétariat, avec les autres médecins, avec les infirmières. Plutôt que l'offre de service dicte l'accès à la demande, c'est la demande qui dicte l'offre de service. Le slogan de l'accès adapté, le modus operandi, c'est de faire le travail d'aujourd'hui, aujourd'hui. »
Pour l'instant, entre 200 et 250 omnipraticiens sur les 6000 qui suivent une clientèle fonctionnent selon ce principe. Ils travaillent dans 58 cliniques et groupes de médecine familiale. C'est le cas de la Dre Sylvie Chateauvert de la clinique Duberger à Québec. Elle suit 2400 patients. En 2011, son carnet de rendez-vous était rempli pour les 15 mois suivants. Elle a mis près d'un an à modifier la pratique de prise de rendez-vous en rassurant ses patients et en leur promettant qu'ils auraient un accès plus rapide à une consultation, soit entre le jour même et le surlendemain, avec l'accès adapté. « Ça fonctionne très bien », mentionne-t-elle.
Plusieurs patients avaient peur de ne pas pouvoir avoir l'accès rapide promis. C'était le cas de Nathalie Cauchon, mais, selon elle, force est de constater que ça fonctionne et qu'il est possible d'appeler une semaine à l'avance pour obtenir un rendez-vous. « C'est vraiment très efficace », souligne-t-elle, ajoutant qu'elle n'a plus à se rendre dans une clinique sans rendez-vous. 
Plus vous êtes en santé, plus l'attente est longue : 8 mois en moyenne si vous avez besoin d'un suivi rapidement, et 1 an et demi si vous êtes en bonne santé, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Cela dit, certains médecins restent sceptiques et préfèrent conserver la méthode traditionnelle qui consiste à donner au patient le premier rendez-vous disponible - qui peut n'être que dans quatre ou six mois. « Je pense qu'on devrait avoir un modèle qui est mieux structuré et qui prévoit l'ajout de ressources de support », indique le Dr Michel Lafrenière de la Cité médicale de Sainte-Foy.
La FMOQ croit que la multiplication des médecins qui adopteront l'accès adapté pour les rendez-vous permettra de réduire l'engorgement des urgences puisque les gens pourront plus facilement voir rapidement leur médecin de famille. Pourvu, bien sûr, qu'ils en aient un.
En chiffres

  • Un Québécois sur cinq est sans médecin de famille (environ 1,5 million de patients)
  • 900 000 personnes se sont inscrites aux guichets d'accès pour clients orphelins
  • en cinq ans, ces guichets ont permis de trouver un médecin à 637 000 Québécois
  • quelque 300 000 patients sont toujours sur la liste d'attente attente



Prix d'humanisme 2014 - Le Collège des médecins du Québec honore le Dr Robert Patenaude pour son engagement dans la recherche contre le cancer

MONTRÉAL, le 9 mai 2014 /CNW Telbec/ - Aujourd'hui, dans le cadre de son colloque annuel, le Collège des médecins a décerné son prix d'humanisme 2014 au Dr Robert Patenaude, médecin de famille exerçant la médecine d'urgence à l'Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe, afin de souligner son apport exceptionnel dans la recherche contre le cancer depuis 25 ans.
En 1981, lorsqu'il était étudiant en médecine, le Dr Robert Patenaude a appris qu'il souffrait de leucémie myéloïde chronique, un cancer du sang considéré comme incurable à cette époque. Cependant, grâce à une greffe de moelle osseuse, un nouveau traitement alors expérimental, il a vaincu cette maladie. Cette expérience personnelle l'a motivé à s'investir dans la lutte contre le cancer et à promouvoir, tout au long de sa carrière, l'importance de la recherche scientifique. Depuis 2007, il est le porte-parole de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal. Pour recueillir des dons, il a notamment organisé un événement sportif annuel de grande envergure intitulé le « Défi persévérance » qui a permis d'amasser jusqu'à ce jour plus de 1,25 million de dollars.
Outre son engagement auprès de l'IRIC, le Dr Patenaude a créé, en 1987, la Fondation de la greffe de moelle osseuse qui a conduit à l'établissement du Registre canadien de donneurs de moelle osseuse. Depuis, il s'investit aussi dans la promotion du Registre de donneurs de cellules souches d'Héma-Québec. Au fil des ans, il s'est engagé auprès de la Fondation Terry-Fox et de la Société canadienne du cancer, et a publié plusieurs livres sur le cancer et sur la santé en général.
« L'engagement du Dr Robert Patenaude pour le progrès de la recherche scientifique est remarquable. Il s'est investi sur plusieurs plans, que ce soit pour faire connaître l'IRIC, soutenir les patients et leurs familles dans la maladie ou recueillir des dons pour faire progresser la recherche. Son dévouement m'impressionne et je salue l'ensemble de son travail humanitaire », a déclaré le Dr Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins.
Au cours des dix dernières années, le travail exemplaire du Dr Patenaude a été souligné au sein de la communauté médicale à plusieurs reprises par différentes organisations. Parmi les distinctions honorifiques qui lui ont été décernées figure, en 2003, le prix « Médecin de coeur et d'action » de l'Association des médecins de langue française du Canada et de L'actualité médicale. En 2006, l'Association des diplômés de médecine de l'Université de Montréal lui a décerné le prix d'excellence dans la catégorie « oeuvre humanitaire ». Il a également reçu, en 2011, le prix « Gens de coeur » de Radio-Canada qui est remis à une personnalité du Canada qui s'est le plus démarquée pour des oeuvres humanitaires.
Le Prix d'humanisme est remis par le Collège à un membre qui, par son engagement social, incarne les valeurs d'humanisme prônées par le Collège et dont les actions contribuent au bien-être et à l'épanouissement de ses patients, de sa communauté ou d'organismes philanthropiques.
Le Collège des médecins du Québec est l'ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission : une médecine de qualité au service du public.
SOURCE Collège des médecins du Québechttp://www.lelezard.com/communique-3739042.html


Publié le 09 mai 2014 à 05h00 | Mis à jour le 09 mai 2014 à 07h43

Une «logique de compétition» nuisible dans le milieu de la santé

«Tout le monde veut être la solution. Les... (Photothèque Le Soleil)
«Tout le monde veut être la solution. Les médecins de famille, les infirmières, les pharmaciens veulent être la solution. Ils font tous partie de la solution, mais ils n'ont pas encore compris qu'ils pouvaient le faire ensemble», a soutenu Roger Paquet, qui a été sous-ministre pendant quelques années du temps où Philippe Couillard a été ministre de la Santé.
Photothèque Le Soleil
Pierre Pelchat
Le Soleil
(Québec) Un ex-grand mandarin de la Santé au Québec explique bien des ratés dans le système par l'esprit de compétition et non de collaboration entre les médecins, infirmières, pharmaciens et autres professionnels.
«Tout le monde veut être la solution. Les médecins de famille, les infirmières, les pharmaciens veulent être la solution. Ils font tous partie de la solution, mais ils n'ont pas encore compris qu'ils pouvaient le faire ensemble. Il faut sortir de cette logique de compétition pour entrer dans une logique de collaboration», a soutenu, jeudi, Roger Paquet, qui a été sous-ministre pendant quelques années du temps où Philippe Couillard a été ministre de la Santé. Il a tenu ces propos lors d'une activité au congrès de l'Association des établissements de santé et de services sociaux du Québec qui a lieu à Québec cette semaine.
À son avis, les budgets sont suffisants dans la santé pour assurer un accès adéquat aux médecins et aux services alors que bien des gens n'ont toujours pas un médecin de famille. «On a développé un discours de complaisance sur les services de première ligne (cliniques médicales, CLSC). Et on n'est pas au rendez-vous. On tourne en rond. Il faut arrêter d'en parler et il faut agir», a-t-il affirmé.
Un «projet collectif»
Il a déploré l'incapacité du réseau de la santé à répondre aux demandes de la population pour un meilleur accès à un médecin de famille. M. Paquet croit que la solution passe avant tout par une volonté gouvernementale clairement affirmée. «Il faut que ça devienne une priorité gouvernementale, un projet collectif, une obligation pour le système. Il y a de la place pour ceux qui veulent y contribuer, sur la façon de le faire. Il n'y a pas d'espace pour remettre en question la priorité», a-t-il avancé.
M. Paquet n'a toutefois pas voulu en dire davantage sur les mesures à prendre pour permettre un meilleur accès à des soins rapidement. «Il y a des endroits où ça va très bien. On est capable de mettre ensemble une équipe médicale et plusieurs professionnels, de rendre disponibles tous les outils diagnostiques pour que le patient soit vu par son médecin de famille ou par une infirmière», a-t-il dit.
Par ailleurs, le président du conseil d'administration du CHU de Québec, Gaston Bédard, a dit comprendre la volonté du nouveau gouvernement de revoir les projets en cours, dont celui du nouvel hôpital universitaire de 2 milliards $ à l'emplacement de l'Enfant-Jésus dans le contexte serré des finances publiques. Il n'en demeure pas moins convaincu de la nécessité du projet.http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201405/08/01-4764982-une-logique-de-competition-nuisible-dans-le-milieu-de-la-sante.php


GMF : Sherbrooke, un modèle à suivre

Les médecins Philippe Lamontagne et André Munger défendent... (IMACOM, René Marquis)
Les médecins Philippe Lamontagne et André Munger défendent les groupes de médecine de famille de la région estrienne, qui rencontrent leurs objectifs. Et si tout n'est par parfait, les médecins assurent que les GMF de la région «continuent d'y travailler».
IMACOM, René Marquis
(Sherbrooke) Les Groupes de médecine de famille (GMF) doivent résister au temps et aux assauts politiques; voici ce qu'affirment les Drs Philippe Lamontagne et André Munger, tous deux médecins de famille et coordonnateurs du guichet d'accès aux médecins de famille en Estrie.
Les deux médecins de famille ont fait partie des premiers à croire à la formule des GMF, qui a permis une plus grande accessibilité à un médecin de famille aux patients de l'Estrie et de Sherbrooke particulièrement. En effet, sur quelque 160 000 Sherbrookois, près de 120 000 sont suivis actuellement par un médecin de famille, et il faut rajouter à cela que les médecins des GMF sherbrookois suivent aussi 10 000 patients de l'extérieur.
«Le guichet d'accès a permis de trouver un médecin à environ 15 500 personnes en cinq ans», se réjouit le Dr Munger.
Des irritants à corriger
Non, la situation n'est pas parfaite. Les deux médecins le reconnaissent. Par exemple, il est difficile d'avoir un rendez-vous en GMF une fois l'heure de la prise de rendez-vous passée lors de chaque journée. «Mais on y travaille», assure le Dr Lamontagne.
D'ailleurs, une étude réalisée récemment par le ministère de la Santé et des Services sociaux démontre que, dans certaines cliniques, il y a encore du chemin à parcourir. «Même si davantage de médecins travaillent dans les GMF que dans les autres cliniques médicales, ils s'occupent moins des patients vulnérables qui se retrouvent plus souvent aux urgences», a indiqué l'étude. Près de 85% des GMF respectent les heures d'ouverture et 56% atteignent leur cible d'inscriptions. Mais les deux critères mis ensemble, à peine 45% des GMF respectent leurs engagements, cite la même étude.
L'actuel ministre de la Santé du Québec, le Dr Gaétan Barrette, a promis de s'occuper du dossier. Vendredi lors de son passage au congrès de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux, il a déclaré : «Les contrats des GMF qui ne sont pas honorés... il y aura des conséquences.»
Selon les données fournies par l'Agence de santé et des services sociaux de l'Estrie, les sept GMF de Sherbrooke respectent à 100% le nombre d'heures d'ouverture en semaine. Par contre, deux d'entre eux ne parviennent pas à ouvrir les fins de semaine. Ailleurs en région, cinq GMF sur sept sont en mesure de satisfaire la norme à 80% en semaine.
D'ailleurs, attention, «il faut nuancer» la mauvaise presse qui a été faite envers les GMF, disent les médecins sherbrookois. La situation n'est pas du tout ainsi à Sherbrooke. «On peut même dire que l'Estrie, et Sherbrooke en particulier, est un modèle pour la façon dont ses GMF travaillent. On a fait nos devoirs et on a développé des choses très intéressantes dans chacun des sept GMF de la ville de Sherbrooke», précise le Dr André Munger. «Même si on sait que tout n'est pas parfait encore, on continue d'y travailler.»
Faut-il tout restructurer, remettre en question l'existence même des GMF? Les irritants sont-ils assez nombreux pour changer complètement le modèle?
Que non, explique le Dr Munger. «Hors des GMF, point de salut, ajoute-t-il même. Ce système est attrayant pour les professionnels de la santé, qui ont du plaisir à venir travailler en équipe, qui font du travail efficace dans un milieu de travail qui les supporte.»
Dossier complet dans La Tribune de samedi.
http://www.lapresse.ca/la-tribune/sherbrooke/201405/10/01-4765481-gmf-sherbrooke-un-modele-a-suivre.php




















































































Exode des médecins de famille

Médecins de famille: plus de 200 ont quitté le régime public























































































Héloïse Archambault



Héloïse Archambault

@

Journal de Montréal,

Publié le:


























| Mise à jour:






























































































































































































omnipraticiens
























































Le nombre d’omnipraticiens qui ont tourné le dos au public a
franchi la barre des 200 cette année, une augmentation de 200 % depuis
2007.




«C’est préoccupant, avoue le Dr Louis Godin, président de la
Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Mais les
conditions de pratique ne se sont pas améliorées depuis plusieurs
années.»



En date du 17 avril dernier, 201 omnipraticiens étaient désaffiliés du
Régime de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Il s’agit d’une hausse
de 8 % par rapport à l’an dernier, alors qu’ils étaient 186 à avoir fait
ce choix.



« Mauvaise nouvelle »



«C’est clairement une mauvaise nouvelle pour l’accès universel aux
soins de santé, réagit Joseph Dahine, président de la Fédération des
médecins résidents du Québec. Le pouvoir du nombre est important. Plus
il y a de médecins au public, mieux on peut livrer la marchandise.»



De façon générale, entre 15 et 20 médecins de famille québécois prennent annuellement le chemin du privé (voir tableau).



On peut désormais parler d’une tendance puisqu’ils n’étaient que 65 à
avoir délaissé le public en 2007. C’est donc une hausse de 209 % en sept
ans.



Les patients les suivent



«On impute presque tous les problèmes du réseau aux médecins de
famille, ajoute le Dr Godin. Donc, on voit des médecins qui, du jour au
lendemain, quittent le système. Et leurs patients les suivent.»



Selon le Collège des médecins (CMQ), environ 300 nouveaux médecins de famille arrivent sur le marché du travail chaque année.



Un simple calcul permet de voir que les 15 omnipraticiens qui partent
chaque année représentent 5 % du nouvel effectif médical.



Lorsqu’ils quittent le public, les médecins cessent de facturer à la RAMQ; c’est le patient qui paie les frais à 100 %.



Selon le Dr Dahine, ce ne sont toutefois pas les jeunes qui quittent le public.



«On a beaucoup valorisé la médecine familiale depuis quelques années,
et on voit un engouement dans les inscriptions. C’est peut-être plus
tard qu’arrive une désillusion face à un système qui ne leur permet pas
de s’accomplir.»



Problème du système



De son côté, le Dr Godin ne croit pas qu’il y ait de profil type du médecin de famille qui choisit le privé.



«Ça veut dire qu’on n’est pas capable de donner un environnement de
travail satisfaisant, conclut-il. Mais, si on veut garder un système
public, il va falloir se donner des moyens de le faire fonctionner.»



Ce dernier note toutefois qu’au moins, ces docteurs continuent de travailler au Québec.



Par ailleurs, le virage au privé n’est pas aussi important chez les
spécialistes. Cette année, 77 médecins avaient fait ce choix, le même
nombre qu’en 2013.



Hier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pas rappelé le Journal.























Les médecins non
participants au régime public
Aucune obligation de travailler dans le public avant de se désaffilier
Le patient défraie 100 % de la facture des frais médicaux
Le médecin fixe lui-même les tarifs pour les services
Aucun remboursement de la RAMQ n’est possible

Le Collège des médecins en discutera à son congrès


La tendance vers le privé depuis plusieurs années préoccupe le Collège
des médecins, qui en fera le thème de son prochain congrès.



«On a un système public majoritaire, mais le privé s’est développé et
s’implante de plus en plus», constate le Dr Charles Bernard, président
du Collège des médecins du Québec (CMQ).



Privé de médecin ?



D’ailleurs, le thème du congrès annuel du CMQ cette année portera sur cette question: «Médecine privée ou privé de médecin?»



«C’est un sujet très d’actualité et on veut prendre le pouls des
professionnels, ajoute le Dr Bernard. Mais, jusqu’où ça ira, et jusqu’où
peut-on intervenir? On va se pencher sur la question.»



«Il y a un débat, c’est clair, il faut qu’on ait la réflexion, croit
aussi le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins
omnipraticiens du Québec. C’est un symptôme important, il faut
s’attaquer aux causes du problème.»



Frais illégaux



Puisque le Collège a la mission de faire respecter le Code de
déontologie, la question des frais accessoires facturés aux patients
fera aussi partie des discussions.



Depuis quelques années, la RAMQ a mené plusieurs enquêtes sur des
cliniques privées qui facturent des frais illégaux aux patients.



«On ne se met pas la tête dans le sable. Quand on a un problème, il
faut y voir, assure le Dr Bernard. Il faut que les tarifs soient
raisonnables. Les médecins ne sont pas des industries à imprimer de
l’argent.»








Médecins de famille à Montréal

Médecins de famille à Montréal: trois ans d'attente au public, 24 heures au privé










Patrick Georges / Agence QMI

Publié le:


























| Mise à jour:
























































































































































































Médecins

















Photo Archives / Agence QMI











































«Les médecins ici n'acceptent pas les nouveaux patients
depuis longtemps, c'est comme ça dans la plupart des cliniques à
Montréal», a lancé la réceptionniste d'une clinique médicale, résumant
en une phrase les résultats d'une enquête menée par le journal 24 Heures.






Il est extrêmement difficile de se trouver un médecin de famille dans
les établissements publics de l'île de Montréal, a-t-on constaté.


Se faisant passer pour un patient en bonne condition physique, notre
journaliste a contacté près d'une cinquantaine de cliniques ou centres
de santé à la recherche d'un omnipraticien.


Il a été impossible d'obtenir un rendez-vous avec un médecin dans les
cliniques publiques de la métropole. Il a finalement fallu se tourner
vers le privé pour obtenir une consultation sans attendre.


Pas de nouveaux patients


La quasi-totalité des réceptionnistes dans les cliniques ont indiqué
que les médecins de famille n'acceptaient plus de nouveaux patients et
qu'elles ne savaient pas quand ce serait le cas. Certains d'entre eux
n'étaient pas même en mesure de proposer une solution de rechange à
notre journaliste.


«Ça fait longtemps que les médecins ne prennent plus de nouveaux
patients. Je ne sais pas comment vous aider, monsieur, les médecins sont
vraiment débordés», a laissé savoir un employé d'une clinique du centre
de l'île.


Les groupes de médecine familiale (GMF) ont plutôt proposé de
s'inscrire sur les listes d'attente des guichets d'accès pour les
clientèles orphelines pour tenter d'obtenir un rendez-vous dans les
CLSC.


«Ça peut prendre entre six mois et trois ans avant d'obtenir un rendez-vous», a expliqué un employé d'un CLSC du nord de l'île.


Selon les derniers chiffres de l'Agence de la santé, plus de 55 000 citoyens étaient en attente pour un médecin à Montréal.


Consultation rapide


Ceux qui désirent voir un médecin de famille dans un délai
raisonnable ont peu d'options. Ils peuvent consulter une clinique sans
rendez-vous, où ils devront probablement patienter plusieurs heures
avant de rencontrer le médecin, ou ils peuvent se tourner vers le
secteur privé.


Il a été extrêmement facile d'obtenir un rendez-vous avec un médecin
oeuvrant dans une clinique privée. Pour un montant de 205 $, notre
journaliste a été en mesure d'avoir un rendez-vous médical pour le
lendemain.



Liste d'attente: «Inadmissible», selon le CPM


Alors que l'Agence de la santé de Montréal estime avoir fait ses
devoirs pour assurer l'accessibilité aux médecins de famille, le
président du Conseil pour la protection des malades (CPM) Paul G. Brunet
considère les délais d'attente comme étant inacceptables.


«C'est inadmissible, on en convient tous. J'ose présumer que le
nouveau ministre de la Santé Gaétan Barrette va s'attaquer aux priorités
d'accès aux soins», a déclaré M. Brunet, en entrevue.


Selon lui, un «changement majeur» est nécessaire pour améliorer
l'accessibilité des soins pour les citoyens. Il estime d'ailleurs que
cela devrait être le «seul objectif» de M. Barrette, qui n'était pas
disponible lundi pour réagir sur le sujet.


De son côté, l'Agence de la santé Montréal estime avoir mis sur pied
des mesures pour corriger les problèmes d'accessibilité aux médecins de
famille à Montréal grâce à la création des guichets d'accès pour les
clientèles orphelines (GACO), en 2009.


Plusieurs patients en bonne condition de santé se plaignent toutefois
des délais d'attente qui peuvent durer jusqu'à trois ans dans certains
cas.


«Il est possible d'obtenir d'une consultation médicale assez
rapidement. L'attente est plus longue pour obtenir un médecin de
famille», a affirmé la responsable des communications de l'Agence de
santé.