Une rémission durable du diabète de type 2, c’est possible
Le diabète de type 2, maladie potentiellement réversible, est
en constante augmentation. L’Ensemble hospitalier de La Côte a lancé un
programme innovant visant la rémission de cette pathologie, voire à
terme sa guérison, en s’appuyant sur des changements de style de vie
Surpoids, sédentarité, alimentation déséquilibrée ou excessive:
combinés, ces trois facteurs peuvent conduire à l’apparition d’un
diabète de type 2, une pathologie en constante progression, y compris
chez les personnes de moins de 50 ans, et dont on estime qu’elle
pourrait toucher jusqu’à 783 millions de personnes dans le monde en
2045. En Suisse, ce sont près de 460 000 patients qui, aujourd’hui, sont
concernés par cette maladie.
Baptisé R2D2,
un programme pilote unique en Suisse visant le recul et la rémission du
diabète de type 2 a été lancé début mai par l’Ensemble hospitalier de
La Côte (EHC), avec un message fort: certains patients peuvent bel et
bien guérir du diabète. La guérison étant définie comme une rémission
complète et prolongée, soit cinq années de glycémies normalisées sans
traitement.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit rappel: le
diabète de type 2 se caractérise par une concentration trop élevée et
durable de glucose dans le sang, ce que l’on appelle l’hyperglycémie.
Celle-ci provient d’une baisse de la sensibilité des cellules (plus
particulièrement celles du foie, des muscles et du tissu adipeux) à
l’insuline, une hormone libérée par le pancréas permettant de faciliter
la pénétration du glucose dans les cellules. Pour répondre à la demande
accrue en insuline résultant de cette insensibilité, le pancréas va
augmenter sa production d’hormone, jusqu’à l’épuisement. La production
d’insuline devenant insuffisante, le glucose s’accumule dans le sang et
le diabète fait alors son apparition.
Prise en charge précoce du diabète
«Classiquement, on nous apprend, lors de nos études de médecine, que
le diabète est une maladie qui ne cesse de progresser, nécessitant une
augmentation constante des traitements médicamenteux, explique Sophie
Comte-Perret, médecin-cheffe au Centre d’endocrinologie et diabétologie
de l’EHC. Mais si on prend en charge la situation suffisamment
précocement, il est souvent possible de supprimer ou de ralentir la
progression du diabète de type 2, même sans médicament.»
Pour
envisager un possible retour en arrière, il faut agir avant que le
pancréas ne soit trop profondément atteint, idéalement dans les dix
premières années après le diagnostic et avant que des complications
graves n’apparaissent. «Des travaux
réalisés il y a plus de 20 ans avaient déjà montré qu’une rémission du
diabète de type 2 était possible chez 50 à 90% des patients ayant
bénéficié d’une chirurgie bariatrique [que l’on réalise en cas de
surpoids excessif, ndlr], explique Grégoire Lagger, enseignant-chercheur
spécialisé en éducation thérapeutique du patient aux Hôpitaux
universitaires de Genève et initiateur du projet R2D2. D’autres,
conduits il y a une dizaine d’années, ont montré que des mesures liées
au style de vie pouvaient conduire aux mêmes effets, sans by-pass
gastrique. Ces différentes études nous ont permis de mieux appréhender
différentes pistes pouvant favoriser la rémission du diabète.»
Les
résultats obtenus lors de la première phase du projet R2D2 entre 2020
et 2022 sont encourageants. Sur une trentaine de patients ayant reçu un
diagnostic de diabète de type 2 datant de moins de six ans, deux tiers
ont vu leur diabète reculer. Certains sont même entrés en rémission –
c’est-à-dire que leur glycémie s’est normalisée sans traitement.
«Si
le diabète baisse, nous diminuons les traitements, détaille Sophie
Comte-Perret. La priorité est de ne pas arrêter les médicaments sans
être sûrs d’avoir un diabète équilibré. Nous ne faisons courir aucun
risque au patient, car il peut alors être plus difficile de revenir en
arrière le cas échéant.»
Changements de style de vie
Concrètement, le projet repose sur trois piliers principaux
personnalisés: un reconditionnement à l’effort physique, l’amélioration
de la nutrition par le biais d’une alimentation moins sucrée et/ou moins
grasse, et le soutien psychosocial, tout cela dans une optique
d’éducation thérapeutique du patient. Ces mesures, reposant sur une
collaboration interdisciplinaire, ont notamment pour objectif de
travailler sur la sensibilité à l’insuline.
«Les
deux premiers axes sont généralement séparés dans une approche médicale
traditionnelle, analyse Grégoire Lagger. Les diabétologues travaillent
sur le pancréas, le taux de sucre ou la nutrition, mais connaissent
souvent peu la médecine du sport, et inversement. Or, nous nous sommes
rendu compte, il y a environ 10 ans, que le premier organe endocrinien
était le muscle, qui produit 600 à 800 hormones différentes découvertes
jusqu’ici.»
Selon le chercheur, auteur de plusieurs études sur le sujet et notamment d’un article paru en 2015 dans la Revue médicale suisse
sur la guérison du diabète de type 2, un reconditionnement musculaire
sur le long terme représente «la pierre angulaire du traitement du
diabète de type 2», en permettant de mieux métaboliser les sucres et les
graisses, «au lieu d’en saturer les cellules musculaires jusqu’à
entraîner une résistance à l’insuline».
L’activité
physique proposée repose sur l’endurance fondamentale, avec une
fréquence cardiaque qui reste basse, sans essoufflement. «Contrairement à
l’endurance haute, qui renforce l’inflammation et peut engendrer des
blessures, pratiquer ce type d’endurance permet de brûler les graisses,
de régulariser le cholestérol, de diminuer la pression artérielle et
aussi d’accroître la sensibilité des muscles à l’insuline, détaille
Grégoire Lagger. Cela peut être réalisé avec n’importe quelle activité
permettant de bouger suffisamment de muscles à la fois, comme l’aviron,
la marche, le vélo, les sports collectifs ou les activités de loisirs.»
Le pouvoir d’agir
Quant à la dimension liée à l’éducation thérapeutique, elle vise –
notamment par l’organisation de cours, d’ateliers ou de consultations – à
aider le patient à prendre en charge sa pathologie sur le long terme, à
mieux comprendre, suivre et adapter ses traitements médicamenteux, à
travailler sur tous les facteurs favorisant le recul du diabète de type 2
(y compris le stress, la consommation de tabac et/ou d’alcool), en
valorisant ses ressources et réussites.
«Je prends toujours des
antidiabétiques mais ma glycémie est contrôlée, témoigne Stefan Arlt,
participant au projet de 55 ans. Ce programme m’a aidé à mieux maîtriser
mon alimentation, à me rendre compte que je pouvais avoir du plaisir à
bouger et m’a permis d’être un acteur à part entière dans la gestion de
ma propre santé.»
L’ancien libraire, désormais assistant technique
en salle d’opération à l’Hôpital de Morges, insiste sur l’importance
d’activités réalisées en groupe, «où l’on peut être écouté, sans
jugements»: «Il peut nous arriver d’avoir des passages à plat, mais il
faut pouvoir tenir la rampe, ne pas laisser tomber face à cette
pathologie sournoise et insidieuse. Ce courage, on peut le puiser tous
les jours grâce, entre autres, aux rencontres avec d’autres patients.»
«Pour
des personnes, a fortiori jeunes, découvrir que l’on a un diabète
signifie très souvent voir son monde s’écrouler, déplore Sophie
Comte-Perret. Lorsqu’on leur dit que l’on peut faire quelque chose,
qu’ils ont le pouvoir d’agir, quelque chose se rallume dans leurs yeux.»
Prochaine
étape: la phase 2 du projet proposera un suivi à 300 patients dans la
région de La Côte, en partenariat avec les médecins et thérapeutes de
ville. En cas de résultats probants, ce programme, déjà soutenu par
Promotion Santé Suisse, pourrait être étendu à l’échelle nationale.
La méthode Sakuma est en train de
devenir rapidement la préférée des célébrités et des accros des régimes !
Le livre de Kenichi Sakuma a atteint des millions de personnes dans le
monde entier. Ses méthodes originaires de l’Est sont vraiment uniques en
leur genre et curieuses à essayer pour les Occidentaux. Il n’y a pas
d’exercices compliqués et pénibles à faire. Tout est tellement simple et
faisable ! Dites adieu aux régimes difficiles tels que le régime citron pour maigrir en une semaine ! Restez avec nous pour découvrir ce qu’il faut faire !
La méthode Sakuma : brûler les graisses en quelques minutes par jour !
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Cette méthode particulière est en train de conquérir le monde ! Si vous voulez brûler la graisse du ventre et corriger votre posture
en même temps, vous avez trouvé ce que vous cherchiez ! Il n’y a pas de
famine ici, pas d’heures passées à la salle de musculation pour essayer
de se mettre en forme ! Vous pouvez faire tous ces exercices dans le
confort de votre maison. Et tout ce dont vous avez besoin, c’est de
passer 5 à 10 minutes par jour à les faire ! Oui, cela semble trop bon
pour être vrai. Cependant, on se demande si ce n’est pas une fraude !
Mais Sakuma promet que vous verrez des résultats en seulement deux
semaines ! Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Restez avec nous pour
savoir ce que vous aurez à faire si vous êtes toujours intéressé.
La méthode Sakuma : 5 exercices faciles pour perdre du poids !
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Il y a beaucoup de façons de perdre la graisse du ventre naturellement.
Mais avec la méthode Sakuma, ce n’est pas le seul bon résultat ! Cela
semble trop bon pour être vrai, non ? Voici le principe : tout est dans
les exercices d’étirement
et la répétition ! Les exercices de la méthode Sakuma sont des
entraînements négatifs, ce qui permet de renforcer les muscles et de les
réparer plus rapidement. Les exercices négatifs s’effectuent en
contrôlant le rythme des répétitions et en ralentissant la phase
d’abaissement du soulèvement à un nombre de répétitions d’environ 5 à 7
secondes. Ce type d’entraînement permet de réduire le volume de graisse
dans des parties spécifiques de notre corps, car en étirant les muscles,
nous augmentons notre souplesse.
Premier exercice
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Pour commencer, couchez-vous sur le dos
avec une serviette pliée sous votre taille. Fléchissez vos genoux et
écartez-les au niveau des hanches. Ensuite, tournez votre corps vers la
gauche jusqu’à ce que les reins perdent le contact avec la serviette.
Puis, restez dans cette position pendant 20 secondes, pendant lesquelles
vous devez inspirer (10 secondes) et expirer (10 secondes). Revenez à
la position de départ, puis faites de même à droite. En fait, il devrait
y avoir au moins trois cycles de ce type dans une même approche.
Respirez en rentrant le ventre. Les bras ne doivent pas être décollés du
sol. Dans ce cas, vous devriez sentir vos bras et les muscles du dos
s’étirer.
Deuxième exercice
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Crédit photo : HuffPost
Ensuite, allongez-vous sur le dos et
gardez le regard sur le plafond. Essayez de vous concentrer sur la
respiration avant de commencer. D’ailleurs, vous pouvez même prendre 1-2
minutes si vous en avez besoin. Placez vos mains sous votre tête de
façon à ce que l’extérieur de vos coudes soit appuyé sur le sol. Pliez
votre jambe droite à un angle de 90º au niveau du genou et essayez
d’atteindre le côté gauche du sol avec votre pied. N’enlevez pas vos
mains du sol. Après cela, revenez à la position de départ. Effectuez ce
cycle cinq-six fois. Puis, faites la même chose avec l’autre jambe.
Troisième exercice
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Crédit photo : HuffPost
Asseyez-vous sur une chaise et redressez
votre dos. Ainsi, vos hanches et votre dos doivent former un angle
droit. Mettez votre main droite autour de votre coude gauche et votre
main gauche autour de votre coude droit. Puis, levez les bras de façon à
ce que vos avant-bras, qui sont parallèles au sol, soient derrière
l’arrière de votre tête. Penchez votre corps vers la gauche, maintenez
la position pendant de trois à cinq secondes et revenez à la position de
départ. Enfin à droite, de la même manière. Répétez le cycle complet
dix fois. Essayez de ne pas vous pencher en avant !
Quatrième exercice
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Crédit photo : HuffPost
Allongez-vous sur le côté droit. Placez
votre tête sur votre bras, plié au niveau du coude. Vos genoux doivent
être fléchis à 90º et légèrement tendus vers le torse, de sorte que
l’angle entre votre corps et vos hanches est d’environ 140º. Les genoux
sont bloqués ensemble. Après, soulevez votre genou gauche autant que
possible. Abaissez et, en pressant le genou gauche contre le genou
droit, relevez le tibia gauche en le faisant tourner. Le pied gauche
doit être le plus haut possible. Répétez cette « ouverture et
fermeture » 10 à 15 fois. Puis faites de même avec votre jambe droite,
en vous retournant sur le côté gauche.
Cinquième exercice
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Crédit photo : Ana Gema Quesada
Finalement, le moment pour terminer
cette série d’exercices, en travaillant tout le corps, est venu. Ce
dernier mouvement est plus global et permet d’équilibrer le corps dans
son ensemble. Accroupissez-vous en posant vos mains sur le sol.
L’exercice consiste à se lever brusquement, à se hisser sur la pointe
des pieds et à tendre les bras vers le plafond. Ne vous découragez pas
si ce n’est pas assez facile pour vous dès le premier jour. Vous y
arriverez assez facilement si vous suivez les conseils et faites les
exercices de manière régulière. Donc, répétez ce mouvement environ dix
ou douze fois !
Pour que la méthode Sakuma ait un effet sur le poids, faites attention à l’alimentation !
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En ce qui concerne les habitudes
alimentaires, la méthode Sakuma est assez simple. Bien que certains
occidentaux aient du mal à s’adapter à ce régime, n’ayez crainte ! Vous
n’êtes pas obligé de trouver exactement les mêmes aliments que Kenichi
Sakuma cite dans son livre. Par conséquent, vous pouvez facilement
suivre ses conseils. Voici quelques exemples utiles :
Ne mangez pas de glucides après 17 h.
Prenez votre petit-déjeuner dans les 30 minutes qui suivent votre réveil le matin.
Mangez plus que 3 fois par jour (mais en plus petites portions).
Cette méthode fait l’objet d’un nombre
impressionnant de critiques positives. DeaVita a le plaisir de vous en
présenter un récapitulatif. La plupart des gens qui l’ont essayée,
disent :
Les exercices sont vraiment efficaces et renforcent les muscles en peu de temps.
C’est un bon plan d’exercice pour tous ceux qui travaillent assis et ont une mauvaise posture.
Le régime alimentaire de Sakuma est simple et peut être adapté à votre goût.
Si vous êtes cohérent, les changements peuvent être très rapides !
En conclusion, la méthode n’exige pas beaucoup d’effort. C’est un véritable plaisir !
C’est maintenant à vous de décider. Même
si cette méthode n’est pas un miracle et ne vous fera pas perdre du
poids rapidement en une seconde, elle semble tout de même excellente
pour vos muscles et votre posture générale. Alors, essayez-la et voyez
par vous-même !
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N’oubliez pas de boire de l’eau ! Bonus : pour améliorer votre digestion, buvez de l’eau citronnée !
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Visitez votre marché local ce week-end et achetez des légumes frais…
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… pour faire une merveilleuse salade…
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… qui éliminera les ballonnements et vous gardera rassasié !
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Partez en randonnée dans la nature avec votre famille ou vos amis. Faites de cette sortie un moment agréable et sain !
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Les sorties régulières vous aideront également à améliorer votre posture.
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Ne sous-estimez pas une autre partie importante de la perte du poids et de votre bien-être : le sommeil.
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L’étirement est essentiel !
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Qu’est-ce qu’on vient de dire ? Allez donc boire de l’eau !
Succès d’un traitement révolutionnaire contre la migraine
Quelque 1600 personnes en Suisse se soignent avec l’Erenumab, un nouveau médicament qui réduit de moitié la fréquence de ces violents maux de tête. Son coût est très élevé, mais sa prescription est d’ores et déjà remboursée
12 499 boîtes ont été remboursées en Suisse en un an
Depuis l’arrivée des triptans sur le marché, dans les années 1990, aucun nouveau traitement n’était venu soulager les personnes souffrant de migraines chroniques, qui représentent entre 10 et 15% de la population en Suisse. Jusqu’à l’arrivée de l’Erenumab, autorisé à l’été 2018 et administré actuellement à quelque 1600 personnes dans notre pays, selon des chiffres inédits communiqués au Temps par la faîtière des assureurs maladie Curafutura et les entreprises SASIS et COGE.
L’Erenumab, vendu en Suisse sous le nom d’Aimovig, a été développé par Novartis en partenariat avec la firme américaine Amgen. Il se présente sous la forme d’un petit stylo dont on s’auto-injecte le contenu une fois par mois dans l’abdomen ou la cuisse. Son principe est prophylactique: il diminue et prévient la venue des crises de migraine grâce à un anticorps de synthèse qui bloque l’action d’une protéine, le «peptide associé au gène calcitonine» (CGRP selon l’acronyme anglais), présent en plus grande quantité chez les migraineux. L’origine de la maladie, liée à la dilatation des vaisseaux sanguins au niveau des méninges, reste méconnue. Celle-ci induit des céphalées très douloureuses, parfois des nausées, des vomissements, des auras visuelles ainsi qu’une intolérance à la lumière. Pour environ 200 000 personnes en Suisse, selon l’étude Eurolight, ce cauchemar se produit plus de quinze jours par mois, réduisant leur énergie et leurs envies à néant, pesant sur leur travail, leurs loisirs et leur vie sociale.
Genève
Deux fois moins de migraines
Chez ces patients, les essais cliniques de l’Erenumab étaient déjà très encourageants: le médicament avait fortement diminué la fréquence des crises dès le premier mois, avec cinq à six jours de migraine en moins au bout de huit semaines. Un petit miracle, qui se confirme maintenant que le traitement est sur le marché. «Pour nous, c’est un véritable tournant, explique Colette Andrée, présidente de l’association suisse Migraine Action. Cela change la vie des gens.»
«C’est la première fois qu’un traitement est spécialement conçu pour la migraine. Cette maladie est enfin reconnue et prise au sérieux»
Pour elle, «c’est la première fois qu’un traitement est spécifiquement conçu pour la migraine», les autres médicaments ayant initialement été développés dans d’autres buts et leurs effets antimigraineux découverts de manière fortuite. Des pis-aller s’accompagnant d’effets secondaires tels que la somnolence pour les antiépileptiques. Quant aux triptans, ils sont déconseillés aux personnes cardiaques ou aux plus de 65 ans.
616 francs par injection
L’efficacité de l’Erenumab a un coût: 616 francs par injection. En Suisse, comme en Allemagne, en Espagne ou en Autriche – mais pas encore en France – ce montant est remboursé par l’assurance de base. Mais pour pouvoir en bénéficier, les patients doivent répondre à de nombreux critères: souffrir de céphalées presque un jour sur deux, et surtout ne pas répondre aux triptans, qui ont pour effet de contracter les vaisseaux sanguins. Et enfin, ne pas être réactifs non plus aux traitements de fond, soit une prise quotidienne de bêtabloquants ou d’antiépileptiques. C’est un neurologue, exclusivement, qui peut prescrire l’Erenumab.
Depuis plus d’un an maintenant qu’il est disponible, l’Erenumab est déjà entré dans les mœurs. Selon les chiffres fournis par Curafutura, 12 499 boîtes ont été remboursées en Suisse entre novembre 2018 et octobre 2019, pour un chiffre d’affaires total de plus de 7 millions de francs. Ce montant est supérieur à celui des remboursements liés au Relpax, le plus consommé des triptans. Et représente 18% du marché national des antimigraineux, pour lesquels l’assurance de base a déboursé 38 millions de francs sur cette période.
Souffrant depuis neuf ans d’un cancer du sein, Christine Bienvenu, une Vaudoise de 44 ans, raconte son combat contre la maladie qui l’a conduite à créer une plateforme d’échange et à prôner un véritable partenariat entre médecins et patients
En ce mercredi d’avant l’Ascension en mai 2010, le radiologue ne se montre guère empathique lors d’une biopsie. «Il y a 50% de risques que ce soit un cancer», lance-t-il, les yeux rivés sur son écran. Quelques jours plus tard, sa gynécologue confirme le diagnostic. Tout bascule pour Christine Bienvenu, une jeune maman de 35 ans domiciliée à Morges. Alors qu’elle avait toute la vie devant elle – une famille, un mari et deux enfants de 4 et 8 ans, une profession gratifiante d’animatrice socioculturelle en EMS –, soudain l’horizon s’assombrit. On lui dit qu’elle a «32% de chances d’être encore vivante dans les cinq ans.»
Neuf ans ont passé. Aujourd’hui, Christine Bienvenu ne vit plus dans l’urgence. Depuis qu’elle bénéficie d’un traitement combiné très efficace de deux médicaments anticancéreux qui coûte environ 100 000 francs par an, elle va mieux. Elle a pu créer une plateforme d’échanges «Seinplement Romand(e) s», travaille à 20% et donne des cours sur l’autonomisation du patient. Mais elle sent toujours une épée de Damoclès planer au-dessus de sa tête. Comme elle doit se soumettre à des contrôles trois fois par an, elle dit qu’elle planifie «de quatre mois en quatre mois».
«Je ne voyais les choses qu’en noir ou blanc»
C’est le récit d’une combattante dans un système suisse de santé qui menace d’exploser à l’heure où l’industrie pharmaceutique développe de nouveaux traitements très coûteux que les assureurs refusent de rembourser lorsqu’ils jugent les bénéfices thérapeutiques insuffisants. Christine Bienvenu n’a pas ce problème, mais elle culpabilise tout de même. Alors elle a décidé de témoigner et de faire entendre la voix de ceux et celles qui sont souvent absents de ce débat dans les médias: les patients. Ou plutôt les «e-patients».
En neuf ans, Christine Bienvenu a traversé 1000 épreuves: d’abord le choc et la peur panique, «comme celle d’un animal qui traverse la rue la nuit et qui se retrouve prisonnier du faisceau aveuglant des phares d’une voiture» lors de l’annonce de la nouvelle. Puis un diagnostic impossible à décrypter, aussi mystérieux qu’inquiétant: «Cancer du sein triple négatif.» Elle apprend que pour certains types de cancer parmi les plus fréquents, des thérapies très ciblées et efficaces existent. Mais son cancer à elle ne touche que 15% des patientes, souvent plus jeunes que la moyenne. On le nomme «triple négatif» parce qu’il n’y a aucun marqueur connu à la surface des cellules cancéreuses, susceptible de répondre à une thérapie connue. De plus, le taux de récidive est également assez élevé dans les deux ans qui suivent la fin des traitements. «N’ayant aucune connaissance de cette maladie, j’ai eu peur de mourir. A cette époque, je ne voyais les choses qu’en noir ou blanc.»
La thérapie est lourde: en juin 2010, tumorectomie et curage axillaire car les ganglions sont atteints, puis début des chimiothérapies toutes les trois semaines; en décembre de la même année, double mastectomie (amputation des seins). Heureusement, son couple tient le coup. Son mari Alain, chef-cuisinier de profession, reprend les tâches domestiques tandis que des proches l’aident à s’occuper des enfants. «Durant plusieurs semaines, j’ai été complètement désemparé. Je me suis raccroché à mon travail. C’était une échappatoire, mais aussi une obligation», témoigne-t-il. Il faut bien payer les factures qui s’amoncellent.
Un dialogue impossible
Très vieille école, son médecin est très professionnel, peut-être même trop. «Il a fait preuve d’une empathie paternaliste.» Il est celui qui détient le savoir, sa patiente est poliment priée de suivre ses conseils. Entre les deux, le dialogue s’avère impossible.
Je prône la collaboration entre le savoir académique du soignant et le savoir expérientiel du patient
Mais Christine Bienvenu n’est pas femme à laisser son destin se jouer sans elle. «Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas», assène-t-elle. Or, elle veut comprendre, quitte à poser des questions qui dérangent. Avant que ne commence sa maladie, elle était déjà devenue une geek écumant les réseaux sociaux en matière de santé après avoir été confrontée à une recherche de diagnostic pour son fils. N’étant pas satisfaite des réponses des professionnels, elle en avait cherché ailleurs, soit sur la Toile. Concernant son cancer, elle reprend la même démarche, même si son médecin la décourage. «Arrêtez d’aller sur le Net, ce n’est pas votre rôle.»
Christine Bienvenu balaie cette injonction. Durant sa maladie, elle cherche du soutien et des informations sur les médias sociaux romands. Elle ne trouve rien, ou presque, pouvant combler son besoin d’échanger. Il existe certes des groupes de parole, mais la plupart des femmes sont plus âgées, alors qu’elle, avec ses deux enfants en bas âge, a d’autres soucis. Dans le cadre d’une reconversion professionnelle pour devenir spécialiste en médias sociaux et communautés en ligne, elle crée une plateforme sur le Net pour les femmes souffrant d’un cancer du sein et leurs proches, «Seinplement Romand(e) s»: une place de village virtuelle qu’ont rejointe 300 personnes qui partagent leurs expériences et s’entraident: «Je crois beaucoup à l’intelligence collective», souligne-t-elle.
Peu à peu, Christine Bienvenu s’affirme en Suisse romande comme un chantre de «l’empowerment» du patient, soit de son «autonomisation», de sa participation à ses soins et de son implication dans son projet de vie. Elle donne des cours non seulement dans les deux hôpitaux universitaires du CHUV et des HUG, mais aussi quelques conférences en Europe. Elle croit à ce changement radical de paradigme qu’implique un vrai partenariat entre le corps médical et les patients.
De la reconnaissance au sentiment de culpabilité
Il s’agit bien d’un partenariat et non d’une confrontation avec les blouses blanches, dont elle reconnaît tout à fait le savoir. «Je prône la collaboration entre le savoir académique du soignant et le savoir expérientiel du patient», insiste-t-elle. Pas facile comme combat: certains médecins sont à l’écoute, d’autres se braquent. Elle préfère les médecins qui cultivent une certaine humilité. «J’ai davantage confiance en un médecin qui me dit «je ne sais pas, mais cherchons des solutions ensemble» qu’en un médecin qui prétend tout savoir.»
Après une deuxième récidive de son cancer, elle tient à quérir un autre avis que celui de son médecin et sollicite le CHUV, «mieux au fait des traitements innovants». Une analyse de la biopsie révèle que le cancer est «HER2 +». Nouvelle phase d’inquiétude: est-ce là un nouveau cancer alors que le «triple négatif» est en hibernation, mais pourrait s’activer à tout moment? Impossible de le savoir…
Sa nouvelle oncologue lui prescrit un traitement combiné des deux anticancéreux Herceptin et Perjeta, qu’elle reçoit toutes les trois semaines. Généralement, il s’agit là d’un traitement limité à une seule année. Mais dans le cas de Christine Bienvenu, il a été recommandé tant qu’il fonctionne. Jusqu’à présent, c’est le cas. En jargon médical, elle est NED («No evidence of disease»), ce qui signifie que la maladie n’est pas active. Même si elle vient de passer quatre ans sans trace de maladie ni trop d’effets secondaires, sa vie n’est pas redevenue «normale» pour autant. «Etre patient est un travail à plein temps, tant l’agenda, même en vacances, est affecté par des examens et par des démarches administratives, notamment auprès de l’Assurance Invalidité (AI). Actuellement, elle travaille pour le centre universitaire de médecine générale et santé publique à Lausanne dans le secteur de la pharmacie où elle fait de la recherche et de l’enseignement depuis 2014.
Dans un premier temps, elle a éprouvé beaucoup de reconnaissance d’avoir accès au traitement de l’Herceptin et du Perjeta dans le cadre de l’assurance de base. «Je suis consciente que ce n’est pas le cas partout dans le monde, par exemple aux Etats-Unis.» Mais ces derniers temps, ce sentiment s’est effacé pour faire place à de la culpabilité, notamment après deux émissions – Mise au Point et Infrarouge – que la RTS a consacrées aux médicaments chers. J’ai eu l’impression d’être montrée du doigt, d’être celle qui coûte cher à la collectivité.»
Face à l’industrie pharmaceutique, elle s’avoue complètement déchirée. «D’un côté, je ne peux pas être critique envers elle, car c’est grâce à elle que je suis en vie. De l’autre, je souhaite que ces entreprises deviennent plus transparentes: qu’elles quittent leur tour d’ivoire, qu’elles expliquent leur fonctionnement et dévoilent leurs marges. Car leurs prix doivent baisser», dit-elle.
Dans l’immédiat, elle a décidé de renoncer à la chirurgie reconstructive. Elle en avait fait durant deux ans dès 2010, mais dit n’en avoir pas été satisfaite. Elle a récemment fait enlever ses prothèses mammaires en novembre 2018. Elle veut recouvrir sa poitrine d’un grand tatouage pour masquer les cicatrices. Ce sera un grand arbre de vie avec des mots en anglais qui lui tiennent à cœur: l’amour, le courage, la famille, le mari, les enfants. Ah oui: il y a aussi «warrior»! La combattante n’est pas près de déposer les armes, car elle compte bien se sentir utile à la collectivité le plus longtemps possible.
Forum Santé
La santé est l’un des principaux sujets de préoccupation des Suisses. A l’heure de l’annonce des primes maladie, «Le Temps» et «l’Illustré» organisent un grand forum pour en débattre.
Le 26 septembre, de 16h à 19h30, à l'Amphimax, Université de Lausanne.
RÉALISÉ POUR SAP Michael Wade, professeur à l’IMD de Lausanne, estime superflues les stratégies à long terme pour la transformation numérique
Quels sont actuellement les principaux moteurs des innovations?
Michael Wade: Les clients en veulent toujours plus. Ils ont des possibilités de comparaison tout à fait différentes. Et les attentes émises par l’univers des consommateurs commencent à se transposer dans celui des entreprises. On ne peut pas du tout appréhender la dimension des conséquences d’une telle mutation.
Avez-vous un exemple à ce sujet?
Prenons celui des voitures autonomes. Les chauffeurs de taxi seront les premiers à devenir superflus. Mais le secteur des taxis ne sera pas le seul à changer, les conditions de plusieurs autres secteurs apparentés aussi. Pensez notamment aux transports publics ou à la mobilité en général. Se posent ensuite les questions liées à l’habitat, à la construction de routes, aux places de stationnement ou à l’assurance.
Comment cela impacte-t-il les dirigeants?
La fonction nouvellement créée de Chief Digital Officer (CDO) existe depuis seulement quelques années. Son importance est la plus croissante en ce moment. Mais il existe encore de nombreuses directions d’entreprise qui doivent d’abord définir les contours de cette fonction et les modalités de travail entre le CDO et les autres cadres dirigeants.
Connaissez-vous un CDO qui excelle particulièrement dans son travail?
Guido Jouret, CDO chez ABB. Il est, à mon avis, excellent dans ce qu’il fait. En tant que CDO, on se trouve souvent à la croisée de différents intérêts : l’informatique, les opérations, le marketing et les hauts dirigeants. Parvenir à harmoniser et à regrouper tous ces intérêts est une fonction essentielle. Jouret a réussi à le faire en lançant des projets importants avec son département, dont l’envergure est modeste. Il a dû même passer outre certains autres services. Il a ratissé large pour obtenir le soutien à l’interne ainsi que le financement dont il avait besoin. Il est également important qu’un CDO rapporte directement au CEO.
Avec leur nouvelle fonction, les CDO sont tout en bas de l’échelle hiérarchique.
Ce n’est pas le seul problème. Leur rôle est certes important, mais il n’est pas clairement défini. De nombreux CDO produisent de très belles présentations Powerpoint, mais ces myriades de diapos n’intéressent pas grand monde au sein de l’entreprise. L’efficacité est donc nulle dans ce cas. Personne ne s’intéresse à ce que fait le CDO. Si celui-ci veut avoir un impact, il doit pouvoir travailler main dans la main avec les dirigeants en place que sont le Chief Information Officer, le Chief Operations Officer et le Chief Technology Officer.
La rapidité des mutations est également un enjeu pour vous en tant que scientifique.
Effectivement, les prévisions concrètes sont devenues difficiles. Exerçant dans des instituts, plusieurs scientifiques souffrent du fait qu’ils sont trop éloignés de la réalité, où se déroulent effectivement ces changements. Ici, à l’IMD Lausanne, nous sommes privilégiés, dans la mesure où nous entraînons les cadres dirigeants par le biais de perfectionnements interactifs. Nous sommes ainsi toujours au diapason des développements réels dans le monde des entreprises.
Pouvez-vous décrire concrètement ce que cela change dans votre rôle professionnel?
Autrefois, il fallait transmettre des connaissances qui étaient essentielles. Aujourd’hui, il est impossible de tout savoir. En outre, on trouve tout sur Internet. C’est pourquoi il convient davantage de transmettre les outils et les pratiques adaptés. Nous sommes donc en mesure de faire progresser les dirigeants au sens d’une aide à l’auto-assistance.
Cela s’applique-t-il aussi au rôle de CEO?
Oui, ce rôle évolue aussi. Autrefois, les personnes à la tête de l’entreprise savaient tout. La hiérarchie, le pouvoir et le savoir étaient calqués sur une même structure, qui était au sommet de la pyramide. Au 20e siècle, le savoir faisait la différence. De nos jours, en revanche, il est essentiel de savoir comment utiliser ces connaissances. Un CEO devrait moins piloter. Il devrait plutôt faciliter les processus et les mettre en route. Ce n’est que comme ça que les problèmes peuvent être résolus au sein de l’entreprise.
Quelles régions observez-vous lorsque vous voulez savoir comment évoluent les choses?
Lorsqu’il s’agit de création d’entreprises, j’observe ce qui se passe aux USA, et pas seulement à Silicon Valley, mais sur toute la côte Ouest. Il existe des instituts de recherche qui publient d’excellentes vues d’ensemble sur l’orientation de l’évolution. En termes d’agilité, même pour les multinationales, je regarde vers la Chine. C’est impressionnant de voir la vitesse à laquelle les choses évoluent là-bas. Quant aux innovations dans le secteur B2B, j’observe ce qui se passe en Europe. De grandes sociétés comme SAP, ABB, Siemens ou Bosch font d’immenses progrès à vive allure.
Nous avons vu le secteur B2B. Mais qu’en est-il du B2C en Europe?
Le secteur B2C est dominé par les plateformes numériques et l’Europe est à la traîne dans ce domaine. Spotify, la plateforme suédoise d’envergure globale, est la seule exception. Or, l’Europe dispose d’excellentes conditions avec : des talents, des connaissances et un capital-risque disponible. Mais les règles du jeu du B2B sont différentes. Rappelez-vous de General Electric, dont le grand projet « d’Internet industriel » s’est soldé par un échec.
Osons un pronostic: qui parmi les géants de l’Internet américains sera encore là dans cinq ans?
Je vois des chances considérables pour Amazon et Microsoft. Leur assise est large et ils ont de multiples flux de recettes. Le seul problème d’Amazon sera de conserver une cadence élevée de croissance. En revanche, Facebook est confronté à des problèmes. Apple est tributaire d’un seul produit : l’iPhone, avec lequel le groupe réalise deux tiers de son chiffre d’affaires. Google et Facebook vivent à 90% de la publicité. Or, ils seront tous deux menacés lorsqu’à l’avenir, les interactions vocales remplaceront les écrans, du moins en partie. Une bannière publicitaire fonctionne sur un écran mais dans une interaction pilotée par la voix, personne n’a envie d’écouter de la publicité pendant dix secondes.
SAP est le plus grand groupe technologique en Europe. Quelle chance donneriez-vous à cette entreprise?
SAP se trouve à la croisée des chemins. Le modèle actuel, qui consiste à vendre des licences logicielles aux clients et à exploiter le logiciel dans leurs propres centres de données, évolue rapidement. Il est en train d'être remplacé par le modèle du cloud et de la location des services. De plus, l’entreprise subit la pression des utilisateurs, qui attendent d’un programme le même confort d’utilisation et la convivialité que ceux d’une application. SAP doit y répondre rapidement. S’ils y parviennent correctement et dans un délai raisonnable, alors ils pourront dominer également la prochaine génération de logiciels d’entreprise.
Quels sont les trois conseils essentiels que vous donneriez aux chefs d’entreprise?
Premièrement, soyez toujours à l’affût de qui se passe à l’extérieur : quelles sont les innovations ou quels sont nouveaux concurrents potentiels ? La plupart des entreprises et leurs dirigeants ne savent pas reconnaître rapidement l’évolution du monde qui les entoure. Deuxièmement, les décisions doivent désormais reposer sur des faits et des chiffres solides et non plus sur l’instinct. Les dirigeants doivent travailler leur aptitude à déchiffrer des données. Et troisièmement, après une décision, le processus a souvent du mal à évoluer dans la bonne direction. Les sociétés et leurs employés devraient appliquer les décisions prises et agir concrètement. Il est plus important de prioriser la cadence plutôt que le perfectionnisme dans le développement d’un produit. Dans un tel contexte, un échec rapide est aussi un avantage.
Cela est-il suffisant d’être bon dans un ou deux de ces domaines?
Pas du tout ! Il faut être bon dans les trois. Sinon on tombe dans un cercle vicieux. Ces trois comportements prévalent toute stratégie. Dès l’instant où seules quelques conditions cadres changent, la stratégie est vouée à l’échec. Ces trois principes permettent de continuer à diriger une entreprise.
Nouveaux espoirs dans la lutte contre la paralysie
Pour la première fois, trois patients paraplégiques sont parvenus à retrouver une forme de marche grâce à une technique de stimulation électrique de la moelle épinière, suivie d’un entraînement physique intensif
Rétablir une forme de marche chez des personnes paralysées: cet espoir se voit doublement conforté. Le 24 septembre, deux études ont été publiées dans deux journaux médicaux de prestige. Toutes deux relatent les résultats encourageants obtenus chez des patients paraplégiques, touchés à la moelle épinière à la suite d’un accident. Elles font appel à la même stratégie: une stimulation électrique continue de la moelle épinière, suivie d’un entraînement physique prolongé – les experts parlent de «réhabilitation».
La première, dans la revue Nature Medicine, a concerné un patient. La seconde, dans le New England Journal of Medicine, a porté sur quatre patients. Au total, trois de ces cinq personnes sont parvenues à se mouvoir sur un tapis roulant ou au sol, avec l’aide d’un déambulateur. Pour autant, il serait abusif de parler de «marche autonome».
Sur ce terrain, de nombreuses équipes s’affrontent à travers le monde. Qui fera remarcher, le premier, le mieux ces patients lourdement handicapés? La course s’accélère. Ainsi la publication de l’article du New England Journal of Medicine, initialement prévue le 27 septembre, a-t-elle été avancée au 24, pour coïncider avec celle de Nature Medicine.
Cette dernière étude relate le parcours d’un homme victime, à l’âge de 23 ans, d’une fracture traumatique avec dislocation de la huitième vertèbre thoracique, provoquant une paralysie complète des membres inférieurs. Après les soins d’urgence, ce patient a bénéficié d’une réhabilitation pour améliorer son autonomie au quotidien, en fauteuil roulant.
Contrôle des muscles des jambes
Trois ans plus tard, cet homme est entré dans le protocole de la Mayo Clinic, un établissement réputé du Minnesota (Etats-Unis). Après avoir suivi un entraînement locomoteur (61 séances sur vingt-deux semaines), il a bénéficié de la pose d’un implant électronique de la société Medtronic (un stimulateur à 16 électrodes, conçu pour traiter la douleur), sur la surface dorsale de la moelle épinière, dans la région lombo-sacrée. Là où aboutissent les fibres des neurones qui contrôlent les muscles des jambes.
Chez ce patient, la stimulation électrique continue de ces neurones, via cet implant, a d’abord restauré la capacité à se mettre debout et à contrôler les mouvements mimant la marche, quand il était couché ou suspendu à un harnais. Un premier résultat publié en 2017. Ce travail reproduisait des avancées déjà obtenues en 2011, 2012 et 2014, chez d’autres patients paralysés.
A notre connaissance, c’est la première fois qu’un patient ayant subi une perte complète des fonctions sensorimotrices des membres inférieurs a retrouvé une forme de marche indépendante
Les auteurs de l’étude
Les auteurs sont allés plus loin. Le patient a bénéficié, après la pose de l’implant, de 43 semaines d’un réentraînement ciblé (113 séances). Cette «réhabilitation multimodale» a consisté à l’entraîner à des tâches spécifiques: équilibre du tronc en position assise ou durant la marche, mouvements précis sollicités lors de la marche… Durant ces séances, les paramètres de la stimulation électrique étaient ajustés pour optimiser les performances.
Avec l'aide d'un déambulateur
Résultats: après dix mois, le patient est parvenu à déambuler sur un tapis roulant, sans l’aide d’un harnais. Il parvenait aussi à une forme de marche au sol, avec un déambulateur et un assistant qui lui tenait la hanche, pour garantir son équilibre. De plus, les auteurs montrent que cette stimulation de la moelle épinière mobilise les circuits sensorimoteurs engagés dans la marche et l’équilibre debout. «A notre connaissance, c’est la première fois qu’un patient ayant subi une perte complète des fonctions sensorimotrices des membres inférieurs, à la suite d’une blessure médullaire, a retrouvé une forme de marche indépendante, grâce à une stimulation électrique médullaire couplée à un entraînement ciblé», concluent les auteurs.
On reste ici dans un modèle de laboratoire, non utilisable au quotidien
Grégoire Courtine, chef d’unité au Centre de neuroprothèses de l’EPFL
L’étude publiée le même jour, dans le New England Journal of Medicine, par des équipes de l’Université de Louisville (Kentucky), a eu recours à une approche similaire chez quatre patients paraplégiques. Deux ont récupéré une forme de marche. Mais un autre, notent les auteurs, a subi une fracture de la hanche durant l’entraînement.
Stimulation modulée au fil du temps
«Pour améliorer la condition des paraplégiques, plusieurs groupes s’intéressent à la stimulation de la moelle épinière et à l’entraînement locomoteur. C’est une bonne nouvelle», se réjouit le professeur Grégoire Courtine, chef d’unité au Centre de neuroprothèses de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Mais pour ce spécialiste reconnu de la neuro-réhabilitation, «la technique utilisée ici reste assez rudimentaire. Les auteurs ont eu recours à une stimulation continue de la moelle épinière. Or nous avons montré qu’une telle stimulation active tous les muscles de la jambe en même temps, ce qui conduit à un blocage.» Blocage que ces équipes surmontent sans doute grâce au réentraînement intensif des patients. «On reste ici dans un modèle de laboratoire, non utilisable au quotidien.» Les patients sont loin de pouvoir remarcher seuls dans la rue, par exemple.
Grégoire Courtine développe un système de stimulation électrique discontinue, dynamique, modulée au fil du temps. Une stratégie plus proche de la physiologie des circuits de la marche, et qui s’inspire d’une longue observation des rongeurs puis des primates. Il se réjouit de partager bientôt les résultats d’un essai qu’il a coordonné chez l’homme.
Amylose héréditaire : l’espoir d‘un nouveau traitement grâce à un découverte marseillaise
Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille - jeudi 10 mars 2016.
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Consultation
du Dr Noémie Jourde-Chiche - Le suivi d’une famille sur plusieurs
générations a permis de caractériser une nouvelle amylose - AP-HM
Une nouvelle mutation responsable d'amylose a été identifiée par une équipe marseillaise suite aux investigations à long terme menées
chez un patient et plusieurs membres de sa famille. Cette découverte
ouvre la voie à un nouveau traitement. Les résultats de l’étude
internationale coordonnée par le Dr Noémie Jourde-Chiche et le Pr Sophie Valleix ont fait l'objet d'une publication dans la revue scientifique Nature Communications*.
L'amylose
est une maladie rare caractérisée par la déposition de petits filaments
protéiques dans les organes (rein, cœur, foie, tube digestif…), qui
altère leur fonctionnement. Plusieurs types de protéines peuvent former
des fibrilles amyloïdes, dont des protéines mutées responsables
d’amylose héréditaire.
Dans le Centre de Néphrologie et Transplantation Rénale du Pr Berland,
à la Conception, une famille atteinte d'amylose héréditaire a été
suivie sur plusieurs générations. Les membres de la famille atteints
souffraient dès l'âge de 25-30 ans d'une sécheresse oculaire et buccale,
d'une hypertension artérielle, d'une insuffisance rénale chronique
progressive pour laquelle certains ont été greffés, et d'une atteinte
cardiaque. Ces patients ne présentaient aucune des mutations connues
jusqu'alors pour être responsables d'amylose, et leur profil lipidique
révélait des particularités avec un taux bas de triglycérides et une
élévation du HDL-cholestérol).
L’étude conduite entre 2000 et 2015
a permis d’identifier la mutation du gène codant pour une protéine
synthétisée par le foie et impliquée dans le métabolisme des lipides :
l’apolipoprotéine C3. Les membres de la famille atteints d’amylose
étaient porteurs de la mutation, et la protéine mutée a été retrouvée
dans tous les prélèvements tissulaires de ces patients.
L'intérêt
majeur de l’identification de cette protéine mutée est qu'il existe un
médicament connu pour diminuer sa synthèse hépatique : le fénofibrate.
Un traitement par fénofibrate a donc été proposé aux patients atteints,
dans le but de diminuer la production hépatique d’apolipoprotéine C3 et
de ralentir voire arrêter la formation des dépôts amyloïdes dans les
organes. La surveillance rénale, cardiaque, et la quantification des
dépôts amyloïdes par scintigraphie au cours des années à venir permettra
d'évaluer l'efficacité de cette stratégie.
La
mutation de l'apolipoprotéine C3 va également pouvoir être recherchée
dans les familles de patients atteints d'amylose héréditaire pour
lesquelles aucune mutation génétique n'a été identifiée jusqu'ici.
Ces résultats ont pu être obtenus grâce à une collaboration internationale
dans laquelle sont intervenus le Dr Noémie Jourde-Chiche qui exerce en
Néphrologie à la Conception et au « Vascular Research Center of
Marseille » et se spécialise sur les atteintes rénales des maladies de
système et sur les anomalies cardio-vasculaires et endothéliales au
cours des maladies rénales chroniques. Elle a coordonné avec le Pr
Valleix (généticienne à Cochin, AP-HP) un travail collaboratif entre
médecins spécialistes de l'AP-HM (Pr Habib et Dr Renard en Cardiologie à
la Timone, Dr Gayet en Médecine Interne à la Timone, Pr Daniel en
Anatomie Pathologique à la Timone), et de nombreux chercheurs français,
européens et américains, pour caractériser cette nouvelle amylose.
*«
D25V apolipoprotein C-III variant causes dominant hereditary systemic
amyloidosis and confers cardiovascular protective lipoprotein profile ».
Auteurs : Valleix S, Verona G, Jourde-Chiche N, Nédelec B,
Mangione PP, Bridoux F, Mangé A, Dogan A, Goujon JM, Lhomme M,
Dauteuille C, Chabert M, Porcari R, Waudby CA, Relini A, Talmud PJ,
Kovrov O, Olivecrona G, Stoppini M, Christodoulou J, Hawkins PN, Grateau
G, Delpech M, Kontush A, Gillmore JD, Kalopissis AD, Bellotti V. Nat
Commun. 2016 Jan 21;7:10353. doi: 10.1038/ncomms10353).
11 378 candidats présents à l’admissibilité, 1 725 admis. Ce taux de 15,16 % de réussite au concours externe de l’agrégation en 2015 a de quoi faire frémir les étudiants qui se rêveraient professeurs de lycée ou dans l’enseignement supérieur.
Pourtant, de nombreux obstacles rencontrés pendant la préparation pourraient être
surmontés facilement avec quelques astuces. C’est le credo de la
Société des agrégés de l’université, une association qui regroupe 5 000
adhérents titulaires du fameux diplôme sur les 45 000 environ que compte
l’éducation nationale. Elle lance une nouvelle palette d’outils sur son
site à destination des futurs « agrégatifs », comme on appelle les
candidats.
Les renseignements pratiques faciles d’accès
« L’agrégation est un concours difficile, soit, mais beaucoup des difficultés rencontrées par les candidats n’ont rien à voir avec le concours, déplore Blanche Lochmann, la présidente de la Société des agrégés. Souvent, les étudiants hésitent à se lancer par manque de confiance en eux ou simplement d’informations. » Le site internet « l’atelier de l’agrégation » regroupe toutes les informations, les ressources documentaires et les statistiques utiles pour passer le concours, déjà présentes sur le Net mais de façon éparse. À titre d’exemple, les programmes de la préparation sont à retrouver sur cette page du site de l’éducation nationale et le calendrier des épreuves, qui doivent se tenir du 1er au 18 mars 2016, sur cet autre document.
Le site proposera prochainement d’autres services :
le nombre de postes offerts à la session 2016 (il n’est pas encore
connu), une section « conseils des adhérents » ainsi qu’une liste de
toutes les préparations accessibles en France, un travail de fourmi puisqu’il faudra procéder université par université.
La Société des agrégés a expérimenté cette année des stages d’été gratuits de latin pour permettre aux étudiants qui hésitent à se lancer de retrouver confiance en eux, de faire un bilan de leurs compétences et d’estimer le chemin à parcourir pour parvenir au niveau de l’examen. Cette expérience devrait s’étendre dans les années à venir à d’autres régions en France et à d’autres matières. « Le but n’est pas de se substituer aux préparations mais de les compléter, précise Blanche Lochmann. D’autre
part, l’agrégation n’est pas un concours qui se prépare seul,
contrairement à ce que l’on entend souvent. C’est une année d’échange et
même si l’évaluation est individuelle, ceux qui travaillent en groupe
obtiennent souvent leur diplôme en même temps. »
L’association met à disposition gratuitement une salle pour recevoir les groupes d’agrégatifs qui souhaiteraient travailler ensemble et peut faire venir ponctuellement un agrégé adhérent pour intervenir sur une question précise. Elle espère pouvoir bientôt proposer des préparations aux examens oraux.
Trouver du soutien moral et administratif
L’association
assure une permanence téléphonique du lundi au jeudi de 10 heures à
12 heures et les bureaux sont ouverts toute la semaine. De quoi trouver une oreille attentive et compétente pour répondre à toutes vos questions.
Autre point compliqué : le financement. Comme l’inscription à l’université coûte entre 400 et 700 €, sans compter qu’il faut assurer
le quotidien, beaucoup d’agrégatifs peinent matériellement à tenir
toute l’année. Mieux vaut ne pas compter sur les petits boulots, trop
difficiles à concilier avec une préparation aussi intense. À moins d’avoir mis de l’argent de côté pendant l’été, beaucoup comptent sur une bourse pour boucler leur budget.
Et là, la course de fond peut rapidement se transformer en parcours du combattant quand il faut en plus se repérer dans les méandres des services administratifs. « Nous aidons les étudiants dans leurs démarches, ajoute Blanche Lochmann. Nous pensons que le succès au concours ne doit pas dépendre de mauvaises conditions financières ou de tracasseries administratives. »